Les grands oubliés du débat blogueurs-journalistes
Le billet Émois journalistiques que j’ai publié sur Les 7 du Québec a suscité une quinzaine de commentaires. Ce n’est pas autant que ceux émis à la suite du billet d’Etienne Denis, “Pas de déontologie pour les blogueurs?”, mais l’un de ceux que j’ai suscités a su toucher une corde sensible :
Cette résolution corporatiste de la FPJQ a un effet pervers, qui est bien illustré dans les commentaires ce ce billet: vous en venez à croire que FPJQ = journalistes. Or, des centaines de journalistes ne sont pas représentés par la FPJQ et ne se reconnaissent pas dans ce qu’elle fait [l’accentuation est de nous]. La FPJQ a une fâcheuse tendance, depuis les années 1980, à s’enfarger dans des débats sur des virgules, et à regarder ailleurs pendant que les conditions de travail de la profession se dégradent. Oubliez les conditions béton des grands quotidiens, s.v.p., et pensez que depuis 30 ans, par exemple, les tarifs au feuillet des pigistes n’ont à peu près pas augmenté; qu’à la télé, toutes les émissions d’affaires publiques sont réalisées à l’extérieur des grands réseaux et que les journalistes qui y sont embauchés ne sont plus des permanents depuis deux décennies, mais des gens à contrat pour quelques semaines ou quelques mois.
Il y a tout un pan de la réalité journalistique dont on ne parle jamais, qui ne se sent pas du tout concerné par cette résolution, mais les réactions de ce billet révèlent que ce pan de la réalité, eh bien cette résolution contribue à ce qu’on l’oubliera encore plus!
Nous sommes tous interpellés, journalistes, blogueurs, monsieur-madame-tout-le-monde, actionnaires des corporations qui embauchent à petit prix les pigistes, bref tous autant que nous sommes. Est-il normal que nous en soyons venus à trouver normale la précarité comme condition de travail dans un secteur aussi névralgique?
Décidément, la FPJQ se trompe vraiment de cible.


13 décembre 2008 à 10:48