La linguistique des finances
Radio-Canada a eu la bonne idée de demander à l’économiste Richard Langlois (Centrale des Syndicats du Québec) de redéfinir le mot endettement.
Voici ce que propose le Larousse :
Endettement : n. m. Fait de s’endetter (c’est-à-dire, contracter des dettes).
Et voici les trois redéfinitions que Langlois suggère:
Endettement: n. m.
1. Carburant essentiel au fonctionnement du moteur économique capitaliste, mais qui en excès provoque inévitablement de sérieux ratés mécaniques.
2. Processus par lequel le monde en développement, notamment l’Afrique, est maintenu dans un état d’indigence chronique et de domination perpétuelle par le Nord.
3. Concept économique utilisé à toutes les sauces par les économistes, politiciens, journalistes et commentateurs pour justifier leurs orientations politiques néolibérales.
Les dettes sont aussi essentielles à l’économie capitaliste que le sang l’est à notre organisme. Sans endettement, l’économie s’effondre. L’excès n’est pas mieux, comme le souligne Langlois. Mais à la base, si on laisse aller les choses, le système financier n’a-t-il pas «naturellement» tendance à vouloir trop prêter?
Quoiqu’il en soi, cela m’aura permis de découvrir les CBC Massey Lectures 2008, notamment celle que donnait Margaret Atwood sur son livre Payback: debt and the shadow side of wealth.


Je suis mal à l’aise face à ce genre de discours face à l’endettement. La crise économique actuel nous a effectivement appris que c’est un outil qui est dangeureux lorsqu’il n’est pas contrôlé. Par contre, je suis très heureux que la banque ait accepté de me prêter de l’argent pour acheter ma maison. L’endettement est tout simplement une affirmation de ma part que cette somme d’argent vaut plus pour moi que pour la banque.
«La crise économique actuel nous a effectivement appris que c’est un outil qui est dangeureux lorsqu’il n’est pas contrôlé.» C’est ce que j’ai voulu souligner par le compte rendu de cette émission. Ce n’est pas le crédit en soi qui pose problème, c’est le fait qu’on a laissé sans surveillance la «main invisible». Elle nous a fait les poches. Tout est question d’équilibre ne ce monde et actuellement il y a un déséquilibre énorme dont on risque tous de payer le prix.