Le qualificatif « électronique » n’est pas neutre
Lors de la récente e-voting conference 06, Laurence Monnoyer-Smith a soutenu que les interrogations sur le vote électronique ne doivent pas n’être que techniques. La technologie joue sur des rituels politiques solidement ancrés et il faut en tenir compte.
On a tendance à l’oublier, mais l’isoloir, l’urne et tout le parcours que doit faire l’électeur pour voter sont très chargés symboliquement. Il en est de même pour tout ce qui concourt à donner un sens à l’exercice de la démocratie. La prudence s’impose.
Il ne s’agit pas de figer des pratiques, mais plutôt de faire attention à ne pas leur enlever tout leur sens.
Après une période de «technicisation» de la question du passage au vote électronique (tournant pour l’essentioe autour des questions de sécurité et de coûts, un débat plus fondamental s’ouvre désormais sur la question de l’adaptation de nos modèles théoriques de citoyenneté à l’apparition des formes nouvelles de participation en ligne.
Derrière l’urne, le citoyen: les rituels de vote sont-ils intangibles?
Il est impératif, comme le souligne si bien Laurence Monnoyer-Smith dans ce même article, «de prendre parti pour un modèle de citoyenneté avant d’être trop contraints par des choix techniques sans débats publics».
Soyons terre à terre : à trop vouloir mettre la charrue électronique avant les boeufs, on risque de faire reculer la démocratie que l’on prétend améliorer, à coup de sophisme (la technologie, c’est bon pour la communication, la communication c’est bon pour la démocratie, donc la technologie, c’est bon pour la démocratie).
C’est un peu comme si l’on soutenait que l’ordinateur est supérieur à l’enseignant, en oubliant que la pédagogie est d’abord dans la relation humaine.
Voir la conférence de Laurence Monnoyer-Smith (en vidéo).
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