À qui appartiennent les propos de nos députés?
Le professeur de droit Michael Geist soulève sur son blogue un sérieux paradoxe dans un récent billet (House of Commons Lawyers Sent Takedown Notices Over Committee Video): les députés de la Chambre des communes se sont montrés pour le moins réticents à ce que des extraits de leurs interventions soient publiés sur YouTube et autres sites du genre. La question des droits d’auteurs a même été sérieusement évoquée par les représentants des divers partis siégeant au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre (PROC) pour interdire toute diffusion d’extraits. Le Comité a finalement fait preuve d’une certaine ouverture.
«Il est permis de reproduire les délibérations de la Chambre et de ses comités, en tout ou en partie, sur n’importe quel support, pourvu que la reproduction soit exacte et qu’elle ne soit pas présentée comme version officielle», peut-on lire dans un rapport du comtié qui se hâte d’ajouter que «toute reproduction ou utilisation non permise ou non formellement autorisée peut être considérée comme une violation du droit d’auteur aux termes de la Loi sur le droit d’auteur.» [Rapport du comité] Moi qui croyais que les propos de mon député prononcés en Chambre appartenaient au domaine public. Je me demande ce qu’il en est à l’Assemblée nationale du Québec? Pouvons-nous mettre des extraits des débats sur YouTube? À quand d’ailleurs une refonte en profondeur du site de l’Assemblée nationale pour l’ouvrir à la démocratie électronique? On me disait il y a quelques mois que le site serait revu de fond en comble et qu’on utiliserait entre autres un mode de diffusion calqué sur celui des vidéos YouTube. Il me semble que cela s’impose.

