Élections municipales: faut-il réserver des postes électifs aux femmes?
Le dernier bulletin électronique NetFemmes (19 juin 2009) nous apprend que l’Union des municipalités du Québec vient de faire une tournée du Québec pour convaincre le plus de femmes possible de faire le saut en politique. Le saut, pas le sot; ça les hommes s’en chargent plutôt bien.
Les chiffres sont assez désolants: «le quart des élus municipaux et seulement 13 % des municipalités sont dirigées par une mairesse». Pendant ce temps, au Parlement de Québec, la parité hommes/femmes dans le cabinet ministériel n’aura duré que le temps d’une partielle. Et que dire du nombre d’élues à l’Assemblée nationale. Il y avait à peine trois femmes pour dix candidatures lors de la dernière élection qui a accouchée d’une Assemblée formée à 29% de femmes. À Ottawa? 22% seulement de la Chambre des communes. La question se pose: faut-il revoir le système électoral pour y inclure la représentation paritaire des femmes et des hommes à tous les niveaux?
Outre celle de l’Union des municipalités du Québec, ce ne sont pas les initiatives qui manquent pour susciter des candidatures féminines lors des élections municipales. Ici même à Québec, un Réseau Femmes et politique municipale de la Capitale-Nationale vient tout juste d’être mis sur pied. De tels réseaux existent ailleurs dans le Québec (essayez femmes politique municipale dans Google et vous verrez). D’autres initiatives, telle PEPINES en Estrie, tentent même de changer globalement les mœurs électorales.
Pourquoi, malgré toutes ces initiatives, est-ce si difficile d’atteindre la représentation paritaire? Pouvons-nous compter sur la seule évolution des mentalités? J’en doute. Peut-être est-il temps de forcer la parité. Par exemple, aucun parti politique à quelques niveaux que ce soit ne devrait pouvoir participer aux élections s’il ne présente pas une équipe paritaire (disons dans une fourchette de parité qui pourrait varier entre 45 et 55%). Dans un second temps, si cette initiative ne donne pas les résultats escomptés, il faudrait modifier les modes de scrutin pour garantir des résultats électoraux paritaires.
Farfelues comme propositions? Il y a à peine un siècle pour la vaste majorité des démocraties, c’est le suffrage universel qui était jugé farfelu. Non seulement les femmes ne votaient pas, mais même ce ne sont pas tous les hommes qui avaient la qualité d’électeurs.
L’idée que les femmes puissent être égales aux hommes dans tous les aspects de la vie en société a fait son chemin depuis, mais hélas la route est encore longue.
En complément: Les femmes, le pouvoir et la politique.
