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Deux demi-vérités sur l’école québécoise

Date: 2009/07/26

En lisant l’article Le Qué­bec tou­jours aussi mau­vais élève d’Ariane Lacour­sière (La Presse), j’ai été étonné à la fois du titre trom­peur et du choix de pla­cer un fait pour­tant essen­tiel à la toute fin: «Alors que le taux de réus­site aux épreuves minis­té­rielles a été de 82% au public, 95% des élèves du privé ont réussi leurs exa­mens.» Mais encore?

La sélec­tion est un pro­ces­sus par lequel on obtient des sujets de meilleure qua­lité. Les résul­tats sco­laires des écoles pri­vées résultent essen­tiel­le­ment de ce pro­ces­sus. En contre­par­tie, les élèves des écoles publiques ont for­cé­ment une moins bonne moyenne que ceux du privé. La sti­mu­la­tion par les pairs (les meilleurs ser­vant d’exemples aux autres) y est aussi, disons, plus déficiente.

Les écoles pri­vées ne sont pas les seules à faire de la sélec­tion d’élèves. Les pro­grammes publics sélec­tifs drainent eux aussi les meilleurs élèves. Il n’y a pra­ti­que­ment pas de décro­cheurs dans les écoles pri­vées et dans les pro­grammes du public sélec­tion­nant les élèves dans le but de concur­ren­cer le privé.

La ques­tion se pose: est-ce que les ensei­gnants du privé et du public sélec­tif sont meilleurs que ceux du public non sélec­tif? Est-ce que ce ne serait pas plu­tôt l’écrémage au détri­ment du public «ordi­naire» qui explique la plus grande dif­fi­culté à y faire pro­gres­ser les élèves?

Les per­for­mances des élèves qué­bé­cois pour­raient être meilleures et il y a tout à parier qu’elles le seraient dans un sys­tème sco­laire moins sélec­tif. Mais est-ce que les résul­tats dont fait part l’article d’Ariane Lacour­sière jus­ti­fient de titrer que le Qué­bec est tou­jours aussi mau­vais élève?

Le pro­fes­seur Pierre Lapointe sou­li­gnait en novembre der­nier que «dans les exa­mens inter­na­tio­naux, le Qué­bec se situe dans le pelo­ton de tête des 10 meilleurs» (A-t-on atteint un pla­fond dans la diplo­ma­tion au secon­daire?). Il rap­pe­lait aussi que notre taux de diplo­ma­tion a fait un bond for­mi­dable en 40 ans et qu’il se com­pare avan­ta­geu­se­ment au taux moyen de pays com­pa­rables (les pays de l’OCDE).

On peut certes faire mieux, mais est-il néces­saire pour cela de s’autoflageller?


Filed under: Société
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