Sommes-nous vraiment coupables du réchauffement climatique?
Profitant d’une des rares journées ensoleillées de l’été, j’ai pris mon iPod touch et je suis sorti en direction des Plaines d’Abraham. Je ne savais pas que j’allais écouter une émission qui allait ébranler mes convictions. Dans cette émission, David Cayley -Ideas (CBC radio) — recevait Lawrence Solomon. Au fil de la conversation, je devais apprendre qu’un nombre croissant de scientifiques remettent en question les idées reçues sur le changement climatique.
Solomon, s’appuyant sur ces remises en question, fait la démonstration que plusieurs failles scientifiques existent dans la théorie de l’effet de serre. Malgré ces failles mises en évidence par des scientifiques de renom, sous l’impulsion notamment d’Al Gore, le fait que la température augmente [ce qui n’est pas faux mais pourrait bien être d’origine externe à la Terre (les cycles solaires), selon une autre thèse] et que cette augmentation est due au CO2 que nous émettons dans l’atmosphère, est devenu pratiquement irréfutable.
Prétendre que les scientifiques du groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pourraient s’être trompé équivaut à commettre une hérésie.
Aucune théorie scientifique ne devrait bénéficier d’un tel traitement de faveur. Or, les médias ont emboîté le pas et font très peu écho aux critiques, ce qui aurait pourtant le mérite de forcer la communauté scientifique qui la soutient à s’expliquer à propos des sérieuses failles dans cette théorie.
Mais ce n’est même pas le plus troublant de ce que j’ai entendu. À la quarantième minute, Solomon explique en effet à Cayley comment la lutte au réchauffement climatique est devenue l’une des pires causes de pollution mondiale. Des forêts entières d’eucalyptus — un arbre qui a la propriété de capter de grande quantité de CO2 — remplacent en ce moment les forêts naturelles à cause de cette lutte. De nombreux paysans des pays pauvres perdent aussi leurs lopins de terre qui sont remplacés encore là par des forêts d’eucalyptus. D’immenses barrages hydro-électriques sont aussi planifiés qui vont détruire de vastes régions.
Salomon finit par mettre le doigt sur le bobo: les intérêts financiers. Le marché du carbone est une véritable poule aux oeufs d’or pour les marchés financiers.
Dire qu’on avait déjà le greenwashing pour s’inquiéter.
En complément:
Lawrence Solomon: A primer for global warming deniers.

Il est grandement temps de remettre les choses à leur place en ce qui concerne les problèmes complexes du climat et de ses variations.
D’abord en distinguant ce qui ressort des discussions scientifiques d’avec les idéologies écologistes tenus par des gens qui n’ont aucun respect pour les exigences des sciences et ne se servent de ces dernières que comme support à des croyances irrationnelles: grattez l’écologiste et vous trouverez l’anticapitaliste primaire avec le refus de la modernité et tout le bataclan…
Historiquement il y a eu des changements climatiques majeurs, les plus connus étant les ères glacières. Il est assez curieux qu’on n’ait pas encore saisit que cela implique qu’entre les ères glacières, des périodes de réchauffement climatiques ont eu lieu ET en l’absence de sociétés industrielles ou même de sociétés humaines tout court.
Toute théorie explicative des variations climatiques doit tenir compte de cette histoire du climat ce qui ne semble pas du tout le cas avec les hypothèses à la mode.
Que les sociétés humaines et en particulier la société industrielle moderne ait un impact sur le climat est indéniable de la même façon que ces sociétés ont un impact géographique mais pas géologique! Les populations humaines peuvent bien, par exemple, modifier de façon considérable la flore d’une région mais il serait ridicule d’affirmer qu’elles ont aussi un impact sur les mouvement des plaques tectoniques ou les tremblements de terre. L’hypothèse selon laquelle la société moderne est le facteur principal du changement climatique doit être prouvé et non tenu pour une prémisse indiscutable.
Et par analogie, n’en va-t-il pas de même avec la météo (les micro-climats) et le climat global de la planète. C’est une hypothèse qui n’est pas à rejeter du revers de la main uniquement parce qu’elle déplaît…
Lorsque des problèmes complexes se présentent, il est rare que des théories toutes faites et définitives se trouvent sur le champs: le cas de l’épidémie de sida en est un exemple… Pourquoi alors, en ce qui concerne les changements climatiques y a-t-il (apparemment) une “théorie” qui prétend expliquer et en si peu de temps les tenants et aboutissants de cette affaire? Assez étrange: tellement qu’on est en droit de se demander s’il n’y aurait pas quelque fumisterie dans le paysage…
Tout à fait. Solomon souligne d’ailleurs dans l’entrevue que les GIEC a comme mandat de n’analyser que les effets du comportement humain sur le climat. Pourquoi ne pas avoir introduit dans leur modèle les causes externes à la planète tels l’activité solaire et le rayonnement cosmique? Par ailleurs, comme je le signalais sur Twitter, un géologiste renommé conteste la thèse du réchauffement planétaire causé par les humains http://bit.ly/qvgaJ Je ne crois pas que le GIEC soit au coeur d’une fumisterie mais par ailleurs pour comprendre comment un discours devient dominant, il faut en premier lieu savoir qui a intérêt à ce qu’il le soit.
Essaie de Disqus
Disqus désactivé. Ralentissait énormément mon blogue.
Essai de Disqus sur mon blogue. Pratique pour poster sur Twitter en même temps que commenter.
À propos de Disqus… Il existe une alternative qui marche partout et est accessible “nativement” sur les blogs WordPress: CoComment de Sun Microsystem. Pour l’utilisateur il suffit d’ouvrir un compte (gratos) chez CoComment et d’utiliser l’extension Firefox…
http://picasaweb.google.com/lh/photo/V3nQ0crE00M5RUOS3_3KxA?feat=directlink
Ref.: http://www.cocomment.com/
@climenole Alternative installée, merci
J’ai écouté cette excellente entrevue avec Solomon. Merci de l’avoir signalé.
Cependant, je n’y ai entendu strictement rien de ce que laisse entendre le billet de Michel Monette. En fait, ce billet tombe exactement dans le même piège que dénonce Salomon, à savoir l’incapacité des médias de rendre correctement compte des avancées et débat d’une science embryonnaire portant sur un phémonène qui sera prévisible, mais ne peut actuellement l’être du fait de sa complexité actuellement mal comprise.
Contrairement à ce que laisse entendre le billet, la personne qui suit, ne serait-ce que de loin, le développement de la climatologie n’y apprendra strictement rien. Le double effet de la combustion du charbon, l’effet du soleil, le désastre de la monoculture de l’Eucalyptus, le fait que le CO2 est loin d’être le plus important des gaz à effet de serre, les débats entre scientifiques, la connerie de la courbe en forme de bâton de hockey : tout cela a été abordé — et plus d’une fois — dans des émissions comme Les années-lumière ou Quirks and Quarks ou dans les dépêches publiés dans les quotidiens comme La Presse ou Le Devoir. Les rapports même du GIEC (que j’ai lu) abordent ces questions, comme le souligne Solomon lui-même.
Deuxièmement — et c’est la question centrale soulevé par Solomon -, s’il y a un nombre croissant de scientifiques qui remettent en question en question les idées reçues sur le changement climatique, il faut préciser qu’il s’agit des simplifications dans le récit des grands médias et politiques sur le changement climatique. Or, ce n’est pas en échangeant un récit simplificateur pour un autre qu’on fait avancer le débat. Au contraire !
Plus j’écoutais l’entrevue, plus ce billet me mettait en colère car je dois moi-même me battre quotidiennement de manière similaire avec les journalistes et certains de mes collègues contre la simplification. Le cas le plus récent est celui du rédacteur de la revue Relations qui est revenu à la charge plusieurs fois parce qu’il ne pouvait admettre que l’article qu’il m’avait commandé sur la biométrie puisse avancer la possibilité et la réalité d’applications autant émancipatrices que liberticides.
Mais il semble que les récits publics ont des problèmes avec la réalité. Il faut simplifier et classer les arguments comme servant un camp ou l’autre. Or, c’est la nature même d’une théorie scientifique que d’énoncer comment elle peut être réfutée. Ce n’est pas parce que Kepler avance que les orbites des planètes sont elliptiques plutôt que circulaires qu’il devient opposant à la théorie de Copernic, bien au contraire ! Sauf que nos médias titreraient volontiers : l’éminent Kepler remet en cause la théorie de ce Copernic qui affirme que la Terre tourne autour du Soleil.
La réalité en matière de recherche sur le changement climatique est que, par exemple, oui, le GIEC ne pouvait financer des recherches sur le rôle du soleil, mais que, parallèlement, le financement de ces recherches n’a jamais été aussi grand précisément à cause de la priorité donné à la compréhension du changement climatique. La réalité est qu’il y a consensus sur le fait que le soleil a un rôle, mais que personne ne peut démontrer clairement lequel exactement et que cela prendra probablement des décennies pour avoir des réponses.
Solomon ne conteste pas la réalité des changements climatiques, ni la quasi totalité des scientifiques qu’il a interviewé. S’il ne s’agissait que d’un débat scientifique ne concernant les orbes célestes, il « n’y aurai rien là ». Tout le problème tient au fait que l’Humanité vient tout juste de prendre conscience de
a) l’existence d’un réchauffement en cours dont nous ignorons encore l’essentiel ainsi que de
b) l’existence de seuils critiques de bascule dans des systèmes complexes comme le climat dont nous ignorons où ils se trouve, alors que
d) nous n’avons jamais été si nombreux sur cette planète, tout particulièrement à vivre dans des zones potentiellement à risque au moment précis où les frontières n’ont jamais été si rigides, et que
e) nous disposons déjà des moyens matériels pour influer sur le climat d’une manière ou d’une autre.
Dans le cas de l’arme atomique, nous avions toutes les données en main, et nous avons heureusement su comment survivre.
Ici, nous en savons juste assez sur l’existence du risque et ses conséquences potentielles, mais pas encore assez sur la réalisation du risque, sur ses conséquences et les moyens à prendre pour y échapper.
La dernière chose dont on a besoin, c’est de nous laisser aller dans la simplification sur l’existence du problème, sa nature, ses conséquences et les moyens à notre dispositions.
@ Pierrot Péladeau : mon erreur aura sans doute été de ne pas suffisamment préciser que je rapportais en gros les propos de Solomon quand j’écrivais «prétendre que les scientifiques du groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pourraient s’être trompé équivaut à commettre une hérésie.» Il me semble avoir compris de ses propos qu’il est très hasardeux de contester les idées émises par le GIEC au point de risquer de perdre des subventions à la recherche. Comme citoyen, ça m’inquiète. Il me semble aussi avoir compris des propos de Solomon que nous accordons trop d’importance au CO2 dans le réchauffement planétaire. Quand l’animateur lui a demandé grosso modo pourquoi la lutte au CO2 a pris une telle importance, il a fait le lien avec les intérêts financiers.
Je comprends votre colère mais mon problème, c’est que les intérêts idéologiques et financiers prennent le dessus en ce moment. Il va y avoir un formidable ressac si les gens prennent conscience qu’au bout du compte la lutte au réchauffement climatique aura été un formidable Eldorado. Il s’en trouvera toujours pour souffler sur les braises. Comment empêcher cela?
Il me faut m’excuser pour le terme « colère ». J’exprimais ce que j’avais ressenti, mais le terme n’était pas nécessaire.
Ce qui me choque, et ce qui doit inquiéter les citoyens est l’inculture scientifique des journalistes et politiques en particulier, et de la population en général. Elle explique tout ce que décrit Solomon.
Prenons un rituel mensuel et saisonnier. Les médias demandent à un journaliste recru un article sur les prévisions saisonnières. Au lieu de faire un travail journalistique, la recrue va plutôt voir l’oracle. Il téléphone à un météorologue puis rapporte servilement ses propos en affirmant « les météorologues prévoient ». Le résultat est :
a) un mensonge : si la recrue avait cherché confirmation journalistique, elle se serait rendu compte que, régulièrement, les prévisions pour le Sud du Québec d’Environnement Canada, de Météo Média, du Service de prévisions climatiques de la Société de géographie de la Mauricie (UQTR), de l’International Research Institute for Climate and Society (UColumbia) et du National Weather Service des É.U. se contredisent les unes les autres.
b) ingnorante des dépêches récemment publiées dans son propre média : ces deux dernières semaines, les médias ont publié des dépêches d’agences sur le retour d’El Nino et sur une accalmie plus longue et forte qu’habituellement de l’activité solaire (quasi absence de taches) qui, généralement, s’accompagne d’un refroidissement notable de la température sur Terre (à tel point qu’elle pourrait contrebalancer temporairement la tendance au réchauffement).
Il me semble qu’il y aurait là matière à un article très intéressant, et même plusieurs, non? Mais les journalistes ne font généralement pas leur travail lorsqu’il s’agit d’interviewer les scientifiques. Laissant la population dans son inculture.
D’où l’enfermement du débat public dénoncé par Salomon.
Soyons clair, dans toutes les sciences et sur tous les sujets, il y a des jeux de pouvoir, d’argent et de réputation. Ceux en climatologie ne sont pas exceptionnels, au contraire. Il faut les mettre au jour sur tout sujet ayant un impact social.
J’ai peu de crainte pour la recherche sur les changements climatiques comme telle : cette recherche se fait dans toutes les directions imaginables et les données, souvent contradictoires, sortent régulièrement.
Ce qui m’inquiète, c’est effectivement que le crachoir sur les questions de politiques publiques n’est laissé qu’à ceux qui confortent un récit pré-écrit. Solomon dénonce des bonzes qui vont d’affirmations graves sans jamais avancer les données sur lesquelles elles sont fondées. Mais pour mettre au jour ce jeu, il faut, notamment, que les journalistes, les citoyens et le politiques sortent de leurs ignorance scientifique et de leur complaisance envers les scientifiques.
Le problème est que les médias ont une nette préférence à camper les intervenants en opposant, ce qui fait que beaucoup de scientifiques qui refusent de jouer ce jeu préfèrent se taire. Ce qui laissent toute la place aux grandes gueules de part et d’autres, et la science dans l’ombre…
Il m’arrive aussi souvent de refuser des entrevues pour de semblables raisons. Pour reprendre l’exemple de la biométrie que je donnais dans le commentaire précédent, je me souviens d’une journaliste qui souhaitais me camper dans les « contre la biométrie » dans une sorte de match pour ou contre. Je lui ai répondu que dans un tel jeu, je souhaite être compté parmi les « pour » puisqu’il y a plein d’applications positives, et que ce sont ces dernières qu’il faut favoriser. Mais comme cela ne cadrait pas dans le récit d’une opposition entre tenants et opposants, elle est aller chercher ailleurs une autre grande gueule qui pouvait jouer le rôle à combler. Je ne crois pas que le public et les décideurs s’en sont retrouvés mieux informés.
Imaginer alors une scientifique face à un journaliste qui voudrait camper ses données comme preuve contre l’existence du réchauffement climatique ou elle-même comme « deniers » pour reprendre le titre ironique de Solomon. Elle préférera se taire et ne s’exprimer que dans des publications et colloques ultraspécialisés.
Bref, il n’y a pas de véritable conspiration contre des critiques du réchauffement climatique anthropique, il y a seulement pas suffisamment d’espaces publics pour accueillir toute les nuances.
Il faut être à la fois exigeant envers les journalistes et indulgent envers la population. Dans les deux cas, la solution passe par l’éducation. Comment apprendre à faire des choix éclairés tout en acceptant que ces choix ne reposeront pas sur des certitudes absolues. Serons-nous capables d’adopter une telle posture un jour?
Par ailleurs, Solomon dénonce aussi ceux qui s’emploient à contrer systématiquement toute remise en question, si minime soit-elle, de la vision d’une catastrophe menaçant l’humanité. Or, il se trouve qu’effectivement les journalistes sont devenus paresseux et s’en remettent souvent aux informations transmises par les relationnistes (l’adjectif «paresseux» n’est pas de moi mais de Laurent Laplante). Les tenants de la ligne dessinée par Al Gore sont particulièrement actifs auprès des médias et même des nouvelles sources auxquelle s’abreuvent les citoyens, tel Wikipedia (Wikipropaganda Spinning green. By Lawrence Solomon http://bit.ly/QvaUW ). Pourquoi un tel zèle?
[…] 28 juillet dernier, Michel Monette demandait : « Sommes-nous vraiment coupables du réchauffement climatique? » Pour ma part, comme je le dis toujours, différemment, je m’en fous un peu, là […]
[…] 28 juillet dernier, Michel Monette demandait : « Sommes-nous vraiment coupables du réchauffement climatique? » Pour ma part, comme je le dis toujours, différemment, je m’en fous un peu, là […]
On nous traitait de fou et accusait les autres experts et scientifiques d’être de mèche avec les compagnies pétrolières si on osait dire que les changements climatiques ne sont pas causés par l’homme. Mais on voit maintenant avec la température mondiale qui se refroidie depuis quelques années que toutes les prédictions et assomptions obtenues par des modèles ordinateurs incomplets qu’ils se sont trouvés être faux; que des failles irréconciliables sont présents au coeur de la théorie du RC.
C’est un tour de force pour nous taxer davantage, contrôler nos vie et nous dicter de consommer certains produits et pas d’autres, on nous passe des fausses solutions qui sont souvent pires que ce que nous avons déjà (http://les7duquebec.wordpress.com/2009/02/26/les-lampes-fluorescentes-compactes-lfc-toxiques/) et toutes une passe de cash pour ceux qui contrôlent les marchés du carbone, comme Al Gore et Maurice Strong!!!
Et cela nous détourne des vrais problèmes environnementaux et de ses solutions.
Au lieu de gaspiller notre argent à penser qu’on peut affecter le climat sur Terre, mieux vaut l’investir dans de vraies avenues du futur en terme d’énergie et de matériaux de consommation.
- Maurice, Al & le Chicago Climate Exchange
http://les7duquebec.wordpress.com/2009/02/10/maurice-al-le-chicago-climate-exchange/
- Ça donne froid…
http://les7duquebec.wordpress.com/2008/11/25/ca-donne-froid/
- The Green Agenda
http://www.green-agenda.com/
[…] tiens à remercier Pierrot Péladeau d’avoir pris le temps de commenter longuement Sommes-nous vraiment coupables du réchauffement climatique?. Je demeure sceptique face discours dominant, tout en acceptant avec humilité le reproche […]
Pour compléter les commentaires de M Péladeau, il faut souligner que l’affirmation voulant que “un nombre croissant de scientifiques nient le réchauffement climatique”, est un mythe. Pour en savoir plus sur ce mythe, on peut commencer par ici:
http://www.newscientist.com/article/dn11654-climate-myths-many-leading-scientists-question-climate-change.html
ou ici:
http://www.realclimate.org/index.php/archives/2004/12/just-what-is-this-consensus-anyway/
@ Pascal Lapointe : je ne sais pas que répondre. Au temps de Galilée, 2,6% des savants devaient croire que la Terre n’est pas au centre de l’Univers. À écouter Solomon, j’ai tout de même l’impression que plusieurs dans la communauté scientifique mondiale remettent en question certaines des «certitudes» sur les causes du réchauffement climatique, ce qui est une bonne chose. la science a horreur des dogmes
Petite précision pour Pascal : j’ai écrit «un nombre croissant de scientifiques remettent en question les idées reçues sur le changement climatique» ce qui est une nuance par rapport à “un nombre croissant de scientifiques nient le réchauffement climatique”. Souvent en communication, le problème vient de ce qu’on lit ce qu’on croit et non ce qu’on voit
Michel: avez-vous lu les articles que j’ai mis en lien? Ils citent des sources, eux. Solomon n’en cite aucune lorsqu’il prétend qu’un nombre croissant de scientifiques nient ou remettent en question, whatever.
Par ailleurs, il ne faut pas utiliser le mot dogme à toute les sauces. La “croyance” en la gravitation est-elle un dogme? Le fait que l’eau gèle à zéro degré est-il un dogme? Et avez-vous vérifié ce qu’il en est du réchauffement climatique? Comment se valide une information scientifique, au 21e siècle, à votre avis? Par une simple accumulation d’opinions?
J’ai lu les articles oui. Solomon a cité plusieurs noms dans l’entrevue mais il a surtout voulu dénoncer le fait que des scientifiques se font accuser de “deniers” parce qu’ils remettent en question non pas le réchauffement climatique, mais certaines hypothèses scientifiques émises pour l’expliquer. Il me semble que c’est là une approche dogmatique, utilisée par ceux “qui confortent un récit pré-écrit” comme le dit Pierrot Péladeau. Je comprends et j’accepte tout à fait la critique sur le danger de tomber dans le piège de la simplification, donc de faire comme eux, mais je crois aussi que la complexité ne justifie pas l’approche mercantile actuelle du problème. Moi ce que je crois comprendre, c’est qu’il y a des gaz à effet de serre beaucoup plus dangereux que le CO2 et que d’autres causes non liées aux gaz à effets de serre pourraient même jouer un rôle plus important qu’on ne l’estime en ce moment. Par ailleurs, quand je vois s’étendre la marchandisation du CO2, ça m’inquiète. Les implications de cette marchandisation pour le développement futur des pays pauvres sont considérables. Eux sont vraiment piégés parce que d’une part ils risquent de subir les pires conséquences du réchauffement et que d’autre part la technologie pour produire moins de gaz à effet de serre (que ce soit du carbonne ou d’autres gaz) coûte un bras qu’ils n’ont pas justement. Ce n’est vraiment pas simple comme problématique.
Vous dites: je crois aussi que la complexité ne justifie pas l’approche mercantile actuelle du problème. Tout le monde est d’accord là-dessus, mais désolé, cela n’a rien à voir avec l’affirmation suivant laquelle “de plus en plus de scientifiques nient ou remettent en question le réchauffement climatique”. Cette affirmation est tout simplement fausse.
Par ailleurs, le réchauffement climatique pourrait fort bien être une menace grave à laquelle nous sommes confrontés, que cela n’empêcherait pas des gens d’en tirer un avantage mercantile. Ne mélangeons pas les débats.
Le mot «nient» n’est pas dans ce que j’ai écrit. Je ne suis évidemment pas d’accord avec le fait qu’il ne faut pas mélanger les débats. D’ailleurs, la dimension économique du réchauffement climatique est au cœur de toutes les rencontres internationales pour en arriver à un accord. C’est impossible de ne pas y échapper. Prenons un exemple dans un autre domaine, celui de l’éducation. Les écoles privées sont excellentes pour une partie des jeunes mais posent de sérieux problèmes au système public. Faut-il discuter des problèmes dans les écoles publiques en mettant complètement de côté la dimension mercantile du débat? On ne va s’en sortir que si on a une vision systémique du problème.
Michel, on ne parle pas de la même chose. “Ne pas mélanger les débats” ne signifie pas qu’il ne faille pas parler d’économie quand on parle de science. Ca signifie qu’il y a deux débats, de deux natures différentes. 1) La Terre se réchauffe-t-elle et l’humain en est-il le principal responsable? 2) Des gens utilisent-ils ce débat à des fins mercantiles (et politiques). A ces deux questions, la réponse est oui.
Maintenant, voici le problème. Depuis 10 ans, des gens veulent faire croire que la réponse affirmative à la 2e question rendrait impossible de répondre à la première, puisque le débat serait corrompu par des questions politiques et économiques. Il y a une façon très simple de voir si ces gens ont raison: le processus de validation de l’info scientifique. Si un seul scientifique écrit que la Terre se réchauffe de tant de degrés, ça a peu de valeur. Mais s’ils sont des milliers, qu’ils proviennent de domaines en compétition entre eux (glaces, océans, biologie, chimie, etc.), de pays aux intérêts politiques divergents, d’institutions multiples et variées, que leurs études ont pu être lues, relues et commentées, s’ils ont épluché les arguments des opposants (l’influence du soleil, etc.) et que dans l’autre camp, on n’a produit AUCUNE donnée solide… On est rendu loin de la vision simpliste du dogme.
Autour de ça vont certes se greffer des politiciens, des ex-politiciens et des investisseurs en mal de renommée ou d’argent, qui détournent le débat à leur avantage. Et la plupart des gens vont confondre débats politiques et débats scientifiques, parce qu’ils n’ont aucune idée de la façon dont l’information scientifique se construit.
Je crois bien que nous allons finir par nous comprendre
Je sais depuis plusieurs années que vous faites un travail de vulgarisation indispensable. Justement l’information scientifique ne doit-elle pas tenir compte des dimensions sociales, économique, culturelles et politiques pour pouvoir atteindre sa ou ses cibles? Malheureusement je trouve, on n’entend pas assez souvent les scientifiques se prononcer sur les autres dimensions de phénomènes tel le réchauffement climatique qui relève d’abord et avant tout de nos choix de société. J’ai déjà écrit, par exemple, que cesser de manger de la viande pourrait à la fois contribuer à réduire la production de gaz à effets de serre et à faire en sorte qu’il y ait suffisamment à manger pour tous les humains. En quoi et selon quelles conditions les actions pour prévenir le réchauffement planétaire pourraient-elles permettre un monde meilleur? Voilà à mon sens la question centrale. Nous sommes condamnés à changer le monde mais les résistances à ces changements fondamentaux sont beaucoup plus fortes que les résistances à apporter notre sac à la SAQ.
Justement l’information scientifique ne doit-elle pas tenir compte des dimensions sociales, économique, culturelles et politiques pour pouvoir atteindre sa ou ses cibles?
C’est ce que j’ai l’impression que nous, journalistes scientifiques, faisons régulièrement, depuis très longtemps. Juste deux exemples tirés de la semaine dernière (pas liés au climat):
http://www.sciencepresse.qc.ca/node/24602
http://www.sciencepresse.qc.ca/node/24603
Mais c’est sûr que l’information généraliste, dans les journaux, est davantage, elle, centrée sur “la découverte” du jour, “la percée” de la semaine, etc.
En quoi et selon quelles conditions les actions pour prévenir le réchauffement planétaire pourraient-elles permettre un monde meilleur?
Vous en avez mentionné une, réduire la consommation de viande.
Plus largement, toute action conduisant à une réduction des gaz à effet de serre réduira conséquemment la croissance du nombre de particules par million (PPM) de CO2 dans l’atmosphère, ralentissant de là dans le prochain siècle la hausse des températures. Personne ne peut dire avec une absolue précision à partir de combien de PPM et à partir de combien de degrés les systèmes climatiques vont s’emballer, mais il est absolument certain que de prévenir une hausse accrue du niveau des eaux (dû à la fonte des glaces, dû à la hausse des températures dû à la croissance des PPM) fera un monde moins pire que si on ne fait rien pour les Bangladeshis, pour des millions d’autres personnes et pour des milliers d’écosystèmes.
Ça ne rèpond pas directement à votre question “quoi faire pour un monde meilleur”, mais la question est trop largement posée pour obtenir une réponse qui vous satisferait.
J’ai mal posé ma question mais je suis la question du développement depuis quelques années et je sais que la science peut régler les problèmes de maladies et de malnutrition. Or, malgré cela ces problèmes ne se règlent pas parce que ce ne sont pas d’abord des problèmes scientifiques. C’est la même chose pour le réchauffement planétaire. Ce n’est pas d’abord un problème scientifique.
(En ce qui concerne la pénurie mondiale d’isotopes, elle ne résulte pas d’une mauvaise gestion de la crise, mais d’une gestion conséquente avec des choix idéologiques. Nuance.)
Vous avez raison et tort à la fois. Vous avez tort quand vous dites que la science peut régler les problèmes de maladies et de malnutrition. Elle peut tout au plus trouver un remède contre la malaria, mais si la lutte contre la malaria est sous-financée, le remède va tout au plus servir au riches voyageurs du Nord. Donc, la science ne peut pas régler les problèmes de maladie.
C’est ce que vous impliquez dans la phrase suivante, et vous avez donc raison de sous-entendre que ce sont des problèmes qui ne peuvent se régler que par la voie politique, mais l’erreur est de croire que ace ne sont pas D’ABORD des problèmes scientifiques. Le réchauffement planétaire est, à la base, une longue série de problèmes scientifiques: combien de PPM dans l’atmosphère occasionneront une hausse moyenne de combien de degrés, à quelle vitesse une banquise fond-elle, comment fonctionnent les courants sous-marins, etc. Ou bien, dans un tout autre spectre, combien d’énergie pourrait produire une éolienne produite de telle et telle façon… Ce sont des problèmes à l’origine scientifiques, et ENSUITE intervient le politique (ou l’économie): moi, premier ministre / Président / électeur/ dois-je utiliser des fonds pour adapter ma société aux changements que ces données m’annoncent, ou bien est-ce que je choisis de croire que les scientifiques sont alarmistes?
«Il y a quelque chose dans la temporalité d’un problème et dans la proximité des solutions qui distingue dans notre esprit le travail humanitaire de la quête scientifique de solutions à long terme.»
Dr. Frank A. Plummer
La dimension humanitaire, grande oublié de la science.
Oui, nous sommes coupables et il serait temps que nous nous soucions réellement du réchauffement climatique sinon notre planète court à sa perte… Et nous avec bien entendu !