Nous sommes profondément paresseux
Je ne sais pas si vous serez d’accord ou non avec cette affirmation, mais je crois depuis un bon bout de temps que les blogues [et les réseaux sociaux qui s’y sont ajouté] sont de formidables outils d’apprentissage. Prenez, par exemple, mon dernier billet à propos du discours dominant sur les causes du changement climatique. Et si ce discours servait des intérêts politiques et financiers qui n’ont rien à voir avec la réalité, écrivais-je en substance. Or, les commentaires à mon billet auront été pour le citoyen Michel une belle occasion d’apprendre.
Je tiens à remercier Pierrot Péladeau d’avoir pris le temps de commenter longuement Sommes-nous vraiment coupables du réchauffement climatique?. Je demeure sceptique face discours dominant, tout en acceptant avec humilité le reproche d’avoir contribué au contre-discours, mais j’aurai appris à mieux exprimer mon scepticisme.
Trop souvent, la grande majorité des citoyens que nous sommes recherchent la vérité absolue là où elle n’existe pas. C’est notre capacité d’apprendre des autres qui en souffre.
La première posture que nous devrions adopter en toute circonstance, c’est l’ouverture aux idées contraires aux nôtres. Hélas, cette ouverture est régulièrement sacrifiée sur l’autel de nos certitudes.
Pourtant, comme vient de le rappeler un billet de Mitch Joel, la technologie nous offre désormais de nombreuses occasions d’apprentissage grâce aux échanges (non seulement dans les blogues, mais aussi dans les réseaux sociaux tels Facebook, Twitter, etc.) pour peu que nous ayons l’esprit ouvert.
Joel a provoqué tout un débat autour de cette question dans le domaine du marketing, mais le même débat devrait avoir lieu en lien avec notre rôle de citoyen. Pour prendre le cas du réchauffement climatique, alors même que nous disposons plus que jamais d’informations pertinentes ainsi que de moyens pour en débattre, nous continuons à adhérer à des généralités et à prendre position pour un camp ou l’autre.
J’aurais pu écrire ces lignes qui sont de Pierrot Péladeau:
Ce qui m’inquiète, c’est effectivement que le crachoir sur les questions de politiques publiques n’est laissé qu’à ceux qui confortent un récit pré-écrit. Solomon dénonce des bonzes qui vont d’affirmations graves sans jamais avancer les données sur lesquelles elles sont fondées. Mais pour mettre au jour ce jeu, il faut, notamment, que les journalistes, les citoyens et le politique sortent de leur ignorance scientifique et de leur complaisance envers les scientifiques.
J’y ajouterai pour ma part que le problème n’est pas seulement l’ignorance et la complaisance, mais aussi la profonde paresse d’une grande majorité d’entre nous quand vient le temps de jouer le rôle de citoyen.
Je suis chaque fois choqué d’entendre ou de lire des propos reprochant aux autres (les politiciens, les capitalistes, alouette) nos malheurs.
Ayons au moins de courage de nous regarder dans le miroir.
Mitch Joel, Time To Learn.
