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cause toujours !

Nous sommes profondément paresseux

Date: 2009/08/06

Je ne sais pas si vous serez d’accord ou non avec cette affir­ma­tion, mais je crois depuis un bon bout de temps que les blogues [et les réseaux sociaux qui s’y sont ajouté] sont de for­mi­dables outils d’apprentissage. Pre­nez, par exemple, mon der­nier billet à pro­pos du dis­cours domi­nant sur les causes du chan­ge­ment cli­ma­tique. Et si ce dis­cours ser­vait des inté­rêts poli­tiques et finan­ciers qui n’ont rien à voir avec la réa­lité, écrivais-je en sub­stance. Or, les com­men­taires à mon billet auront été pour le citoyen Michel une belle occa­sion d’apprendre.

Je tiens à remer­cier Pier­rot Péla­deau d’avoir pris le temps de com­men­ter lon­gue­ment Sommes-nous vrai­ment cou­pables du réchauf­fe­ment cli­ma­tique?. Je demeure scep­tique face dis­cours domi­nant, tout en accep­tant avec humi­lité le reproche d’avoir contri­bué au contre-discours, mais j’aurai appris à mieux expri­mer mon scepticisme.

Trop sou­vent, la grande majo­rité des citoyens que nous sommes recherchent la vérité abso­lue là où elle n’existe pas. C’est notre capa­cité d’apprendre des autres qui en souffre.

La pre­mière pos­ture que nous devrions adop­ter en toute cir­cons­tance, c’est l’ouverture aux idées contraires aux nôtres. Hélas, cette ouver­ture est régu­liè­re­ment sacri­fiée sur l’autel de nos certitudes.

Pour­tant, comme vient de le rap­pe­ler un billet de Mitch Joel, la tech­no­lo­gie nous offre désor­mais de nom­breuses occa­sions d’apprentissage grâce aux échanges (non seule­ment dans les blogues, mais aussi dans les réseaux sociaux tels Face­book, Twit­ter, etc.) pour peu que nous ayons l’esprit ouvert.

Joel a pro­vo­qué tout un débat autour de cette ques­tion dans le domaine du mar­ke­ting, mais le même débat devrait avoir lieu en lien avec notre rôle de citoyen. Pour prendre le cas du réchauf­fe­ment cli­ma­tique, alors même que nous dis­po­sons plus que jamais d’informations per­ti­nentes ainsi que de moyens pour en débattre, nous conti­nuons à adhé­rer à des géné­ra­li­tés et à prendre posi­tion pour un camp ou l’autre.

J’aurais pu écrire ces lignes qui sont de Pier­rot Péla­deau:

Ce qui m’inquiète, c’est effec­ti­ve­ment que le cra­choir sur les ques­tions de poli­tiques publiques n’est laissé qu’à ceux qui confortent un récit pré-écrit. Solo­mon dénonce des bonzes qui vont d’affirmations graves sans jamais avan­cer les don­nées sur les­quelles elles sont fon­dées. Mais pour mettre au jour ce jeu, il faut, notam­ment, que les jour­na­listes, les citoyens et le poli­tique sortent de leur igno­rance scien­ti­fique et de leur com­plai­sance envers les scientifiques.

J’y ajou­te­rai pour ma part que le pro­blème n’est pas seule­ment l’ignorance et la com­plai­sance, mais aussi la pro­fonde paresse d’une grande majo­rité d’entre nous quand vient le temps de jouer le rôle de citoyen.

Je suis chaque fois cho­qué d’entendre ou de lire des pro­pos repro­chant aux autres (les poli­ti­ciens, les capi­ta­listes, alouette) nos malheurs.

Ayons au moins de cou­rage de nous regar­der dans le miroir.

Mitch Joel, Time To Learn.


Filed under: Démocratie, Environnement, Médias
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