Cartes de crédit: une gigantesque fraude mise à jour
Chaque jour des millions de personnes donnent aux entreprises émettrices de cartes de crédit, à leur insu, une partie du montant qu’elles paient lors de leurs achats avec ou sans carte de crédit. Le système qui permet aux institutions impliquées de s’enrichir au dépend des consommateurs est simple: le marchand qui veut offrir à ses clients la possibilité d’utiliser l’une ou l’autre des cartes de crédit disponibles doit remettre une partie du montant des achats faits par tous ses clients avec leurs cartes de crédit et le marchand ne peut pas imposer une surcharge pour ces frais. Le résultat est que peu importe que vous utilisiez ou non une carte de crédit lors de votre achat, vous devez contribuer au remboursement de ces frais cachés. Le plus beau de cette histoire est que ce système «frauduleux» fonctionne au vu et au su de nos gouvernements.
Même le Mouvement Desjardins enaisse sans mot dire ces frais cachés. Tout cela est parfaitement légal, hélas, mais profondément immoral.
Or, le Sénat canadien a émis au beau milieu de l’été une série de recommandations pour justement mettre fin à cette «fraude» (le Sénat n’a évidemment pas qualifié ce système de fraude) :
Dans son rapport, le Sénat recommande, entre autres :
- que le gouvernement fédéral crée un « conseil de surveillance » dans le but d’établir un code de conduite pour les systèmes de paiement et d’instaurer des mesures législatives ou réglementaires d’ici le 31 décembre 2009
– que les marchands puisse négocier collectivement les termes et frais imposés par les compagnies de crédit
– que les marchands soient autorisés à imposer à leurs clients une surcharge pour l’utilisation de cartes de crédit, qu’ils puissent aviser les consommateurs sur les méthodes de paiement relativement moins coûteuses et refuser les cartes de — - — crédit privilèges assorties de frais plus élevés
– que les frais des cartes de crédit soient calculés sur la base d’un montant fixe par transaction, et non au pourcentage, et que les frais d’interchange pour toutes les transactions effectuées par carte de débit soient maintenus à zéro pendant une période de trois ans
– que les banques se voient interdire d’offrir un traitement prioritaire pour les transactions par débit effectuées à partir d’un réseau de leur choix afin que les titulaires de cartes puissent choisir, au point de vente, le mode de paiement qu’ils préfèrent
Avouez que l’Association canadienne des restaurateurs et des services alimentaires (la CARFA) a bien raison de s’insurger contre les pratiques des entreprises émettrices de cartes de crédit. Non?
