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cause toujours !

Nos chiens de garde sont morts?

Date: 2009/08/12

Ce matin je dis­cu­tais avec une recher­chiste qui pré­pare un tour­nage sur le jour­na­lisme citoyen. Ce midi je dis­cu­tais avec un ami qui a une bonne vue de ce qui se passe dans nos appa­reils poli­tiques. Le lien entre les deux? Ma réponse à la recher­chiste lui expli­quant que je n’oserai jamais ajou­ter le qua­li­fi­ca­tif de jour­na­lisme à ce que je fais comme blo­gueur, parce que je n’ai pas comme eux le temps d’enquêter, d’aller aux sources, de contre-vérifier les faits. Mais au fait, l’ont-ils ou le prennent-ils vrai­ment, le temps de faire ce pour­quoi ils sont formés?

Beau­coup trop d’articles ne vont pas au fond des faits rela­tés. Pre­nons, par exemple, la ques­tion des effets nocifs ou non des feux d’artifice: Grands Feux: des effets envi­ron­ne­men­taux «non signi­fi­ca­tifs» titrait Le Soleil le 28 juillet der­nier sous la plume d’Anne Dro­let. La suite est essen­tiel­le­ment basée sur les pro­pos du président-directeur géné­ral des Grands Feux Loto-Québec, Mar­cel Dallaire.

L’article m’a rap­pelé un petit test que sug­gé­rait Laurent Laplante, lequel fut un grand jour­na­liste et édito­ria­liste comme il ne s’en fait plus. En sub­stance, posez-vous deux ques­tions quand vous enten­dez les pro­pos d’un per­son­nage public, disait-il: quel auto­rité a-t-il en la matière et quel inté­rêt a-t-il a me men­tir. Mar­cel Dal­laire, comme trop d’autres cités dans les médias, cer­tains ad nau­seam, ne passent pas ce test.

Ce qui m’amène à poser une troi­sième ques­tion, trou­blante celle-là: com­ment se fait-il que les médias laissent pas­ser comme une lettre à la poste des pro­pos tels ceux tenus par Mar­cel Dal­laire. N’y aurait-il pas eu moyen d’aller cher­cher au moins un expert com­plè­te­ment indé­pen­dant qui aurait pu infir­mer ou confir­mer les faits avan­cés? Je ne dis pas que Dal­laire a for­cé­ment tort, je dis qu’il est en sérieux conflit d’intérêt dans cette his­toire et que le jour­nal lui a, mal­gré cela, donné tout le crachoir.

Si je vous affirme que des bombes à retar­de­ment lan­cées dans une zone civile n’ont pas d’effet sur la popu­la­tion puisque celle-ci se sauve au moment où elles arrivent au sol, vous allez me dire que je suis soit un cynique tordu, soit un demeuré. Or, on peut lire ce qui suit dans l’article sur les Grands feux: «Les résul­tats montrent des effets «non signi­fi­ca­tifs» puisque les pois­sons, lorsque la bombe tombe dans l’eau, se sauvent. Au moment de l’explosion, quatre à six secondes plus tard, ils sont donc hors d’atteinte.» J’imagine que l’eau aussi se sauve pour éviter la contamination.

Peut-être suis-je com­plè­te­ment dans le champ, mais j’aurais aimé qu’un bio­lo­giste com­mente cette affirmation.

Quand à ce qui se passe dans nos appa­reils poli­tiques, ni vous ni moi ne le savons vrai­ment parce que les médias ne les couvrent à peu près pas.

Le der­nier exemple de leur démis­sion est fourni par le même jour­nal Le Soleil qui vient d’affecter à autre chose le seul jour­na­liste qui cou­vrait la fonc­tion publique. À la toute veille de l’ouverture des négo­cia­tions dans les sec­teurs public et para­pu­blic, il faut le faire!

Et je ne parle pas de la scène muni­ci­pale. Il s’y dépense des mil­lions de dol­lars sans que les médias ne se sou­cient de véri­fier si c’est tou­jours dans l’intérêt public.

Le freak show Labeaume-Tremblay attire plus les foules.


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