Nos chiens de garde sont morts?
Ce matin je discutais avec une recherchiste qui prépare un tournage sur le journalisme citoyen. Ce midi je discutais avec un ami qui a une bonne vue de ce qui se passe dans nos appareils politiques. Le lien entre les deux? Ma réponse à la recherchiste lui expliquant que je n’oserai jamais ajouter le qualificatif de journalisme à ce que je fais comme blogueur, parce que je n’ai pas comme eux le temps d’enquêter, d’aller aux sources, de contre-vérifier les faits. Mais au fait, l’ont-ils ou le prennent-ils vraiment, le temps de faire ce pourquoi ils sont formés?
Beaucoup trop d’articles ne vont pas au fond des faits relatés. Prenons, par exemple, la question des effets nocifs ou non des feux d’artifice: Grands Feux: des effets environnementaux «non significatifs» titrait Le Soleil le 28 juillet dernier sous la plume d’Anne Drolet. La suite est essentiellement basée sur les propos du président-directeur général des Grands Feux Loto-Québec, Marcel Dallaire.
L’article m’a rappelé un petit test que suggérait Laurent Laplante, lequel fut un grand journaliste et éditorialiste comme il ne s’en fait plus. En substance, posez-vous deux questions quand vous entendez les propos d’un personnage public, disait-il: quel autorité a-t-il en la matière et quel intérêt a-t-il a me mentir. Marcel Dallaire, comme trop d’autres cités dans les médias, certains ad nauseam, ne passent pas ce test.
Ce qui m’amène à poser une troisième question, troublante celle-là: comment se fait-il que les médias laissent passer comme une lettre à la poste des propos tels ceux tenus par Marcel Dallaire. N’y aurait-il pas eu moyen d’aller chercher au moins un expert complètement indépendant qui aurait pu infirmer ou confirmer les faits avancés? Je ne dis pas que Dallaire a forcément tort, je dis qu’il est en sérieux conflit d’intérêt dans cette histoire et que le journal lui a, malgré cela, donné tout le crachoir.
Si je vous affirme que des bombes à retardement lancées dans une zone civile n’ont pas d’effet sur la population puisque celle-ci se sauve au moment où elles arrivent au sol, vous allez me dire que je suis soit un cynique tordu, soit un demeuré. Or, on peut lire ce qui suit dans l’article sur les Grands feux: «Les résultats montrent des effets «non significatifs» puisque les poissons, lorsque la bombe tombe dans l’eau, se sauvent. Au moment de l’explosion, quatre à six secondes plus tard, ils sont donc hors d’atteinte.» J’imagine que l’eau aussi se sauve pour éviter la contamination.
Peut-être suis-je complètement dans le champ, mais j’aurais aimé qu’un biologiste commente cette affirmation.
Quand à ce qui se passe dans nos appareils politiques, ni vous ni moi ne le savons vraiment parce que les médias ne les couvrent à peu près pas.
Le dernier exemple de leur démission est fourni par le même journal Le Soleil qui vient d’affecter à autre chose le seul journaliste qui couvrait la fonction publique. À la toute veille de l’ouverture des négociations dans les secteurs public et parapublic, il faut le faire!
Et je ne parle pas de la scène municipale. Il s’y dépense des millions de dollars sans que les médias ne se soucient de vérifier si c’est toujours dans l’intérêt public.
Le freak show Labeaume-Tremblay attire plus les foules.
