Un épisode d’un conflit de travail en direct sur Twitter
Peut-être est-ce une première au Québec, mais un épisode du conflit qui oppose le Syndicat des employés du Journal de Montréal et leur employeur s’est déroulé en direct sur Twitter ce soir. Chef des bureaux politiques et adjoint au directeur de l’information du Journal de Montréal, Mathieu Turbide est aussi @MechantBlogue sur Twitter. Or il a dû constater, comme plusieurs, que des photos du feu rue Saint-André dans le Plateau Mont-Royal à Montréal avait été prises puisque certaines circulaient via Twitter. Vers 22h 50, il publiait le message suivant : «Qui a des photos à vendre du feu (incendie) sur le plateau? RUSH mturbide@journalmtl.com», auquel @ruefrontenac a répliqué «@MechantBlogue … (le bruit de fond, c’est notre langue qui tourne dans notre bouche).»
Les plus malins d’entre vous auront compris que @ruefrontenac est le compte Twitter du site des employés en lockout du Journal de Montréal. J’en ai pour ma part vu passer deux de @PhilippeMartin et il a même publié une courte vidéo ici. Souhaitons que le Journal de Montréal soit demeuré Gros-Jean comme devant et que sa Direction finisse par comprendre qu’il vaudrait mieux qu’elle cesse d’agir en patrons du 19e siècle.
MAJ: Mathieu Turbide a obtenu ce qu’i voulait de la part de @daidix. La mention «© PHOTO COURTOISIE Olivier Hoffschir» est-elle indiquée en vue d’éviter d’être accusé d’avoir utilisé un scab?
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Gros Jean comme devant
Merci. C’est corrigé.
RT @mimonette: Mon billet: Un épisode d’un conflit de travail en direct sur Twitter http://tinyurl.com/ots8xa
Je ne vous suis pas.
Les journaux ont toujours acheté des photos de faits divers (comme un feu ou un accident) de gens qui en sont des témoins proches.
Les syndicats de journalistes ne se sont jamais opposés à cette pratique. Je pense que vous montez en épingle une situation qui n’a rien à voir avec le conflit qui est en cours au JdeM.
Votre attitude envers le M.Hoffshir en question est déplorable car il n’a rien fait de mal à mes yeux. Cette pratique est usuelle et permise, je pense, par les conventions collectives de la plupart des médias.
RT @moalla RT @mimonette: Mon billet: Un épisode d’un conflit de travail en direct sur Twitter http://tinyurl.com/ots8xa
Avouez que la situation n’est pas tout à fait normale. D’ailleurs des chroniqueurs qui ne sont pas syndiqués ont renoncé à publier dans le Journal de Montréal le temps que le conflit se règle. Chacun vit avec sa conscience.
Je vois et comprend votre point de vue. Mais vous êtes dans le domaine de la moralité, ou de la conscience. Je commentais plutôt de l’angle de la légalité, de la légitimité et des pratiques courantes reconnues comme normales par les deux parties.
Les chroniqueurs peuvent peut-être être perçus comme faisant un travail s’apparentant à celui des syndiqués lockoutés, mais le simple citoyen dont la maison brûle à côté de chez-lui et qui prend des photos ne fait pas le travail d’un syndiqué. Il n’est qu’un témoin d’un incident, à mon sens.
Certes, le citoyen n’est qu’un simple témoin, mais il est aussi justement un citoyen dans une société qui repose autant sur la morale que sur le droit. Je ne sais pas ce qu’il en est du droit et c’est bien pourquoi je posais la question, mais sur l’aspect moral des choses je vous répondrais que ce ne sont ni les médias autres que le Journal de Montréal, ni les plateformes citoyennes qui manquent. Personnellement, je n’aurais pas accepté de dépanner la Direction du Journal de Montréal, mal prise parce qu’elle a décrété un lockout.