Une paix des braves entre journaux et médias citoyens aux États-Unis
Signe des temps, cinq journaux américains — The Seattle Times, The Miami Herald, The Charlotte Observer, The Asheville Citizen-Times et TucsonCitizen.com (un journal papier devenu entièrement Web) — viennent de conclure une entente de partenariat avec autant de médias citoyens qui œuvrent dans le créneau des nouvelles dites hyperlocales et The Institute for Interactive Journalism. D’une durée d’un an, cette entente sera financée par la Fondation John S. and James L. Knight. Les frères Knight soutiennent depuis plusieurs années des initiatives visant à l’excellence journalistique (400 millions de dollars depuis 1950). Leur fondation est très engagée dans la réflexion sur les nouvelles formes de journalisme.
Pourquoi ce partenariat entre deux approches journalistiques aussi différentes, l’approche «corporative» des médias de masse qui embauchent des journalistes de formation, encadrés par une direction demeurant maître du contenu éditorial, selon un modèle d’affaires de moins en moins rentable, et l’approche «communautaire» des médias Web citoyens, beaucoup plus consensuelle, avec des contenus amateurs (au sens noble et moins noble du terme), dans un modèle d’affaires non rentable et qui a peu de chance de le devenir?
“En ces temps où tout le monde peut faire de l’information, nous espérons qu’un partenariat entre les journaux et des blogueurs ou des journalistes citoyens contribuera à augmenter la quantité et la qualité de l’information locale disponible au bénéfice de la communauté. Il s’agit d’une situation gagnant/gagnant pour la toute la collectivité », répond Gary Kebbel, directeur du programme de journalisme de la Fondation Knight (notre traduction libre).
En somme, les journaux signataires de l’entente vont aider les citoyens de leur communauté respective à devenir de meilleurs producteurs d’information. En échange, ils vont obtenir davantage de contenus locaux.
On verra bien, dans un an, si cette collaboration se sera avérée positive, mais elle aura eu au moins le mérite de vouloir abattre le mur entre les directions et les journalistes des journaux concernés et le nombre croissant de citoyens qui ont la possibilité grâce au Web de raconter ce qu’ils savent.
Certains répondront que tout n’est pas bon à savoir? Peut-être, mais la crise de l’information locale passe peut-être par ce type d’alliance dans laquelle les journalistes peuvent séparer le bon grain de l’ivraie tout en enrichissant leur connaissance de leur milieu, au profit d’une information locale plus complète et plus pertinente.
Autre avantage non négligeable: des citoyens mieux armés pour poser les bonnes questions, à qui on pourra beaucoup moins passer de sapins.
Si seulement de telles initiatives étaient possibles au Québec.
Five News Organizations Join Networked Journalism Project.

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