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Une paix des braves entre journaux et médias citoyens aux États-Unis

Date: 2009/08/19

Signe des temps, cinq jour­naux amé­ri­cains — The Seat­tle Times, The Miami Herald, The Char­lotte Obser­ver, The Ashe­ville Citizen-Times et TucsonCitizen.com (un jour­nal papier devenu entiè­re­ment Web) — viennent de conclure une entente de par­te­na­riat avec autant de médias citoyens qui œuvrent dans le cré­neau des nou­velles dites hyper­lo­cales et The Ins­ti­tute for Inter­ac­tive Jour­na­lism. D’une durée d’un an, cette entente sera finan­cée par la Fon­da­tion John S. and James L. Knight. Les frères Knight sou­tiennent depuis plu­sieurs années des ini­tia­tives visant à l’excellence jour­na­lis­tique (400 mil­lions de dol­lars depuis 1950). Leur fon­da­tion est très enga­gée dans la réflexion sur les nou­velles formes de journalisme.

Pour­quoi ce par­te­na­riat entre deux approches jour­na­lis­tiques aussi dif­fé­rentes, l’approche «cor­po­ra­tive» des médias de masse qui embauchent des jour­na­listes de for­ma­tion, enca­drés par une direc­tion demeu­rant maître du contenu édito­rial, selon un modèle d’affaires de moins en moins ren­table, et l’approche «com­mu­nau­taire» des médias Web citoyens, beau­coup plus consen­suelle, avec des conte­nus ama­teurs (au sens noble et moins noble du terme), dans un modèle d’affaires non ren­table et qui a peu de chance de le devenir?

En ces temps où tout le monde peut faire de l’information, nous espé­rons qu’un par­te­na­riat entre les jour­naux et des blo­gueurs ou des jour­na­listes citoyens contri­buera à aug­men­ter la quan­tité et la qua­lité de l’information locale dis­po­nible au béné­fice de la com­mu­nauté. Il s’agit d’une situa­tion gagnant/gagnant pour la toute la col­lec­ti­vité », répond Gary Keb­bel, direc­teur du pro­gramme de jour­na­lisme de la Fon­da­tion Knight (notre tra­duc­tion libre).

En somme, les jour­naux signa­taires de l’entente vont aider les citoyens de leur com­mu­nauté res­pec­tive à deve­nir de meilleurs pro­duc­teurs d’information. En échange, ils vont obte­nir davan­tage de conte­nus locaux.

On verra bien, dans un an, si cette col­la­bo­ra­tion se sera avé­rée posi­tive, mais elle aura eu au moins le mérite de vou­loir abattre le mur entre les direc­tions et les jour­na­listes des jour­naux concer­nés et le nombre crois­sant de citoyens qui ont la pos­si­bi­lité grâce au Web de racon­ter ce qu’ils savent.

Cer­tains répon­dront que tout n’est pas bon à savoir? Peut-être, mais la crise de l’information locale passe peut-être par ce type d’alliance dans laquelle les jour­na­listes peuvent sépa­rer le bon grain de l’ivraie tout en enri­chis­sant leur connais­sance de leur milieu, au pro­fit d’une infor­ma­tion locale plus com­plète et plus pertinente.

Autre avan­tage non négli­geable: des citoyens mieux armés pour poser les bonnes ques­tions, à qui on pourra beau­coup moins pas­ser de sapins.

Si seule­ment de telles ini­tia­tives étaient pos­sibles au Québec.

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2 Comments

  1. […] récem­ment d’un mariage de rai­son entre des médias cor­po­ra­tifs et des médias dits citoyens (Une paix des braves entre jour­naux et médias citoyens aux États-Unis). Voilà un der­nier exemple de ces for­mules qui cherchent à inté­grer le désir de nombreux […]

  2. […] Quel média deman­dera à une équipe de jour­na­listes de tra­vailler avec des citoyens pour déve­lop­per des conte­nus sur des sujets locaux d’intérêt public, comme cela se pra­tique en ce moment aux États-Unis dans des expé­riences de co-journalisme (Une paix des braves entre jour­naux et médias citoyens aux États-Unis)? […]

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