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cause toujours !

Showtime: Louise et Diane

Date: 2009/08/29

Michèle Oui­met a rédigé un clas­sique pour La Presse jeudi: deux femmes qui ont lutté côte à côte sur la scène pro­vin­ciale sont désor­mais des enne­mies jurées sur la scène poli­tique muni­ci­pale. Tous les ingré­dients d’une bonne his­toire sont là: d’un côté une poli­ti­cienne fou­gueuse, «une bagar­reuse, une femme de tête, une stra­tège», de l’autre une femme en appa­rence plus douce mais qui vous ava­le­rait un canari tout rond avec le sou­rire de l’innocence accro­ché aux lèvres. Même la petite confi­dence d’un député péquiste épice le récit: «Deux coqs qui se sont sou­vent crêpé le chignon».

Une toute petite phrase, insé­rée au tiers de l’article envi­ron, vient accen­tuer sa dra­ma­ti­sa­tion de la confé­rence de presse Tremblay/Lemieux: «Elle [Diane Lemieux] a oublié d’ajouter: «Et j’aime le pouvoir.»»

Michèle Oui­met rend un hom­mage senti aux deux femmes dont elle salue le pas­sage de la scène poli­tique pro­vin­ciale à la scène poli­tique muni­ci­pale mont­réa­laise, au point de bana­li­ser les hommes et les femmes plus humbles qui s’y engagent: «Ça nous change du gérant de caisse popu­laire qui se réveille un bon matin en déci­dant de se lan­cer en poli­tique municipale.»

Dans mon der­nier billet, je vous disais à quel point nous aimons que l’on nous raconte ce que font les riches et les puis­sants de ce monde. Dans le récit de Oui­met, deux femmes poli­tiques pré­sen­tées comme puis­santes viennent éclip­ser le fameux gérant de caisse popu­laire tant chéri de Pierre Élliot Tru­deau.

Ima­gi­nez si elles n’étaient pas là! Demain, [l’élu muni­ci­pal] aurait été un gérant de caisse popu­laire, un fer­mier, un enfant, pour paro­dier le dis­cours de Tru­deau.

Passé d’intrigantes, ambi­tion quasi déme­su­rée et puis­sance des oppo­santes, rap­pel de leur gran­deur en com­pa­rai­son des gueux que nous sommes, bataille ran­gée en vue; au risque de me répé­ter, c’est vrai­ment un clas­sique du genre cet article!

Je sou­ligne au pas­sage que la confi­dence sur le crê­page de chi­gnon auquel se seraient adonné les deux femmes est plu­tôt iro­nique. Ne vient-t-on pas jus­te­ment d’assister à une belle bataille de coqs entre Labeaume et Tremblay.

Gal­li­na­cés ou félins

«Une lionne dans l’arène» coiffe, le même jour, le titre d’un autre article par Natha­lie Col­lard, tou­jours dans La Presse, laquelle se réjouit de voir Diane Lemieux la baga­reuse faire son appa­ri­tion dans une cam­pagne muni­ci­pale s’annonçant jusque là fade. Son Old Boys club du maire Trem­blay pris d’assaut par la Jeanne D’Arc du mou­ve­ment sou­ve­rai­niste est savou­reux. Déci­dé­ment, Natha­lie Col­lard a elle-aussi le sens du dramatique.

Le genre a de l’avenir au jour­nal La Presse.

Ce n’est pas un hasard si je vous parle de ces articles de Oui­met et Col­lard. Ils m’auront servi à illus­trer une ques­tion qui me trotte dans la tête: pour­quoi même des femmes jour­na­listes écri­vant sur la poli­tique — ici la poli­tique muni­ci­pale — reprennent-elles la vision très mas­cu­line de la poli­tique comme d’un gros show où c’est le plus fort en gueule qui l’emporte?

Curieux, non?

Les femmes fortes de Mont­réal. Michèle Oui­met
Une lionne dans l’arène. Natha­lie Collard


Filed under: Politique
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