Le Journal de Québec fera-t-il ou non du surplace?
Décidément, ça bouge dans le monde médiatique. Et je ne parle pas des changements au Journal de Québec. De quoi alors? Avant que je vous le dise, il faut d’abord que vous sachiez que je me suis lancé dans l’aventure d’organiser, avec Nicolas Roberge, un premier Twestival à Québec. C’est quoi cette bibitte-là? En gros, c’est la combinaison des médias sociaux et des bonnes vieilles campagnes de financement de causes sociales. Pour en savoir plus, allez sur ce blogue. Toujours est-il que j’ai reçu une demande pour couvrir l’événement. Rien de bien anormal, me direz-vous. Rien, si ce n’est que la demande est venue d’une journaliste-blogueuse de Sympatico, Sandra Bellefoy (@etolane). Vous devez bien vous demander quel est le lien avec le Journal de Québec?
C’est au même moment, ou presque, où je recevais cette demande de Sandra Bellefoy, à laquelle j’ai dit oui avec plaisir, que j’ai appris via @PatWhite70 que «deux cadres d’expérience du Journal de Québec «ont accepté de relever de nouveaux défis au sein de l’organisation». Rien de bien anormal, me direz-vous. Attendez la suite.
En lisant le communiqué farci de la langue de bois habituelle, j’apprends qu’un des nominés a comme mandat d’«adapter la salle de nouvelles du Journal de Québec à la nouvelle réalité des médias.» Va-t-on enfin assister à un virage majeur au Journal de Québec, me suis-je dit?
Pas du côté de Donald Charette semble-t-il. Pour lui, c’est plutôt le serpent que l’échelle. Sa «nomination» à un poste de moindre envergure a été enrobée, comme il se doit, de propos dithyrambique. Mais on comprend vite, en lisant le communiqué, que c’est un bon vieux bureau des correspondants sur la colline parlementaire tout ce qu’il y a de plus traditionnel qu’il va diriger. Quoique Michel Hébert tient un blogue…
Pour celui qui vient d’être promu en revanche, Éric Cliche, c’est toute une aventure qui semble s’amorcer. Sun Media qui chapeaute le Journal de Québec, dit en effet vouloir «se positionner dans les nombreux nouveaux canaux de distribution.»
Le hic, c’est que le communiqué nous laisse sur notre faim.
En fait, nous ne voulons pas savoir quels nouveaux canaux de distribution va privilégier tel ou tel média dans les prochaines années. À la limite, je dirais même qu’on s’en fout. Ce qu’il serait par contre vraiment intéressant de savoir, c’est s’il y a une volonté de renouveler l’information. Allons-nous tout apprendre ad nauseam sur la grossesse de Céline dans tous les nouveaux canaux de distribution du Journal de Québec, ou allons-nous au contraire pouvoir assister à une révolution en profondeur dans la façon de communiquer la nouvelle.
Si c’est la première alternative qui l’emporte, le lavage de cerveau collectif que nous subissons depuis des années va se poursuivre. Si c’est la seconde, nous aurons peut-être enfin l’amorce d’un dialogue avec les citoyens que nous sommes dans le but d’établir une relation qui va au-delà de la transmission d’informations (communiquer plutôt qu’informer).
Je ne me fais pas trop d’illusions.
Le paradoxe du métier de journaliste, c’est qu’une nouvelle meurt pour eux au moment où elle est nait pour nous.
Plus j’y pense, plus j’aime le terme journaliste-blogueur.

Je ne demande s’ils ont rencontré du sang neuf et si oui pourquoi ils ont choisi le Iznogoud de la place!
Vous savez des choses que je ne sais pas
Intéressante analyse Michel. Ce changement ressemble à une volonté de moderniser la salle de rédaction. Je vois ça positivement. Toutefois, je suis très inquiet de la survie du Journal de Québec et du Soleil dans cette nouvelle ère électronique. Je trouve que leurs efforts web sont trop peu et trop tard. L’adoption de la culture web collaborative et interactive semble un emmerdement pour la majorité des acteurs de cette industrie. Ce genre de réaction est l’ingrédient d’une mort certaine.
Transformer un journal papier en média électronique s’apparente davantage au lancement d’une nouvelle entreprise. Une entreprise en démarrage a normalement des patrons et des employés très fougueux et prêts à affronter des défis colossaux. Je ne vois malheureusement pas ce genre d’attitude de la part de la plupart des journalistes de l’écrit.
C’est peut-être impossible de réinventer une entreprise existante. Une entreprise est créée sous un modèle d’affaires donné dans le temps. Elle est viable à sa création. Elle existe possiblement pour combler un besoin défini dans le temps et elle disparait dès que le besoin n’y est plus.
Je serais vraiment curieux de savoir ce que les journalistes pensent du virage actuel où nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir plus que de recevoir la parole venue d’En Haut. Je ne voudrais pas qu’on interprète mon propos comme un blâme à leur égard, puisque cela dépend beaucoup de ce qu’on leur demande. Une même personne placée dans un contexte organisationnel différent va fournir une prestation différente. Peut-être as-tu raison quand tu dis qu’une entreprise ne peut pas se réinventer, mais ce qu’il y a de certain, c’est que les médias n’ont pas le choix de le faire. À défaut, la faillite les attend.
Intéressante analyse RT @mimonette: Le Journal de Québec fera-t-il ou non du surplace? http://blogueurcitoyen.com/archives/2036
Je vais me garder une petite gêne et éviter de commenter ce billet de @mimonette qui parle du JDeQ http://blogueurcitoyen.com/archives/2036
RT @moalla: ..me garde petite gêne et évite de commenter ce billet de @mimonette qui parle du JDeQ http://blogueurcitoyen.com/archives/2036