Une nouvelle est une nouvelle est une nouvelle?
Tout individu peut faire de la nouvelle. Il suffit d’être au bon endroit, au bon moment, avec le bon outil. Mais est-ce que pour autant toutes les façons de rapporter une nouvelle se valent? Est-ce qu’une nouvelle diffusée par un citoyen vaut une nouvelle diffusée par un média traditionnel, papier ou électronique. Maisonneuve en direct posait aujourd’hui la question du journalisme citoyen. «Les moyens [pour publier] sont à portée de tous», dit-il d’entrée de jeu à Bruno Guglielminetti. Les moyens oui, mais est-ce que pour autant ma nouvelle vaut ta nouvelle? Est-ce qu’une nouvelle rapportée par un journaliste vaut plus qu’une nouvelle rapportée par un citoyen sur l’une ou l’autre des plateformes à sa disposition?
Qu’est-ce qui fait la qualité d’une nouvelle?
Hier, par exemple, je tombe sur ceci dans Facebook:

J’ai immédiatement vu que c’était de la matière à nouvelle et je l’ai relayée via Twitter.

Voilà! Comme par magie un très bref échange entre deux politiciens devient une nouvelle, parce que l’imminence de la campagne électorale fédérale en fait une information «à la fois d’actualité et intéressante» (Qu’est-ce qu’une nouvelle?).
Pourtant.
Pourtant, les médias traditionnels embauchent des journalistes et toute un équipe de recherchistes et de spécialistes dont la tâche est de faire de la nouvelle ou d’alimenter ceux qui la traitent. Ce sont des machines à produire de la nouvelle. Aucun d’entre nous ne peut rivaliser avec ces machines.
Oui mais, ces nouvelles sont-elles pour autant de beaucoup supérieures à l’information relayée par des milliers de citoyens?
Dans le métier de journaliste, on utilise la technique de l’angle de traitement, donc on braque l’éclairage dans une direction plutôt qu’une autre. Certains aspects demeurent forcément dans l’ombre.
Ce n’est pas un péché, même que «la déontologie du Conseil de presse indique que, quel que soit l’angle de traitement retenu pour une nouvelle ou un reportage, les médias et les journalistes doivent transmettre une information qui reflète l’ensemble d’une situation et le faire avec honnêteté, exactitude et impartialité» (lu dans une décision rendue par le Conseil de presse du Québec).
Honnêteté, exactitude et impartialité, est-ce toujours le cas?
Trop souvent nous entendons nos amis journalistes défendre leur importance dans la société sous prétexte qu’ils ont appris comment rapporter l’information en toute objectivité, donnant à celle-ci une crédibilité que le simple citoyen ne peut rivaliser. Je ne suis pas loin de leur donner raison, sauf qu’il y a un hic.
Par leur traitement de la nouvelle (ou du reportage qui va un peu plus en profondeur), les journalistes contribuent à façonner l’opinion que vous et moi avons sur de nombreuses questions touchant à la vie en société, des plus simples aux plus complexes.
Le problème, c’est que nous confondons objectivité, censée donner de la crédibilité à une nouvelle, et vérité. Or, l’objectivité est une vertu qui sert à distinguer le journaliste de la même façon que la chasteté est une vertu qui sert à distinguer le prêtre.
C’est justement là où trop souvent le bât blesse. Arrêtez-vous à ce que vous lisez ou écoutez. De plus en plus d’opinion s’insinue dans le discours journalistique.
Peut-être est-ce pour cela, justement, que des citoyens comme moi ont perdu la foi.


J’ai encore tendance à accorder plus de crédit à un journaliste qu’à celui qui a seulement vu quelque chose pour l’objectivité et pour le recul.
En effet, il est facile de se laisser abuser par ce qu’on voit, et notre tendance à l’instantanéité, ainsi que la recherche de “l’exclusivité” facile, peut nous amener à ne pas prendre le temps ni le recul nécessaires à l’analyse objective des faits.
Maintenant, je n’accorde pas ma confiance aveugle à quelque journaliste que ce soit.
Mais c’est là qu’internet devient super intéressant : je peux consulter rapidement plusieurs sources professionnelles. Mieux encore je peux bénéficier d’angles d’analyses différents et de points de vues engagés complémentaires (Google reader est très utile pour cela). Et de fait, j’ai le sentiment que tout ceci m’aide à me forger mon intime conviction et à être un citoyen mieux informé.
C’est pour cela que je souhaite longue vie aux journalistes et que j’ai décidé dernièrement de remplacer mes abonnements papier par des abonnements au format électronique de certains journaux. Car enfin, il faut savoir ce qu’on veut…
Il faut, en effet, cesser de ne se fier aveuglement qu’à une ou deux sources d’information. Nous avons aujourd’hui accès à des spécialistes qui (les sources professionnelles) qui nous permettent de mieux comprendre les faits. Nous pouvons lire plusieurs angles d’analyse comme vous le soulignez si justement. Quant aux journalistes, ils font un travail professionnel essentiel mais il y a une tendance lourde qui s’est installée à parsemer leurs propos d’opinions (Laurent Laplante disait à «éditorialiser»), ce qui nuit à leur crédibilité globale. C’est cette tendance que je voulais souligner et son impact sur l’opinion publique.
D’un autre côté, je suis toujours surpris de voir que les journaux, radios, télés ne s’ouvrent pas à une plus grande diversité d’opinion en embauchant des éditorialistes et chroniqueurs provenant d’horizons plus diversifiés. Avec le Web, il n’y a plus l’excuse du manque d’espace.
Il faut, en effet, cesser de ne se fier aveuglement qu’à une ou deux sources d’information. Nous avons aujourd’hui accès à des spécialistes qui (les sources professionnelles) qui nous permettent de mieux comprendre les faits. Nous pouvons aussi lire plusieurs angles d’analyse comme vous le soulignez si justement. Quant aux journalistes, ils font un travail professionnel essentiel mais il y a une tendance lourde qui s’est installée à parsemer leurs propos d’opinions (Laurent Laplante disait à «éditorialiser»), ce qui nuit à leur crédibilité globale. C’est cette tendance que je voulais souligner et son impact sur l’opinion publique.
D’un autre côté, je suis toujours surpris de voir que les journaux, radios, télés ne s’ouvrent pas à une plus grande diversité d’opinion en embauchant des éditorialistes et chroniqueurs provenant d’horizons plus diversifiés. Avec le Web, il n’y a plus l’excuse du manque d’espace.<div style=“margin: 6px 0pt 0pt; display: block;”><a linkindex=“275” class=“a2a_dd” href=“http://www.addtoany.com/share_save”><img src=“http://static.addtoany.com/buttons/share_save_171_16.png” alt=“Share/Save/Bookmark” border=“0” height=“16” width=“171”>
Il faut, en effet, cesser de ne se fier aveuglement qu’à une ou deux sources d’information. Nous avons aujourd’hui accès à des spécialistes qui (les sources professionnelles) qui nous permettent de mieux comprendre les faits. Nous pouvons aussi lire plusieurs angles d’analyse comme vous le soulignez si justement. Quant aux journalistes, ils font un travail professionnel essentiel mais il y a une tendance lourde qui s’est installée à parsemer leurs propos d’opinions (Laurent Laplante disait à «éditorialiser»), ce qui nuit à leur crédibilité globale. C’est cette tendance que je voulais souligner et son impact sur l’opinion publique.
D’un autre côté, je suis toujours surpris de voir que les journaux, radios, télés ne s’ouvrent pas à une plus grande diversité d’opinion en embauchant des éditorialistes et chroniqueurs provenant d’horizons plus diversifiés. Avec le Web, il n’y a plus l’excuse du manque d’espace.
la lecture de votre article me fait dire que parfois si il n’y avait pas eu un citoyen avec sa camera ou son telephone portable, on aurait jamais rien su… bavure policière par exemple.