La Bataille des médias: Péladeau le Québécois vs Desmarais le Canadien
Canoë aura réussi un bon coup en diffusant en direct sur sur le Web le Moulin à paroles (Vox TV étant le diffuseur télé). En contraste, Cyberpresse a été plus réservé dans sa couverture de l’événement. Or, derrière Canoë et Cyberpresse, il y a deux empereurs de notre monde des affaires: Pierre-Karl Péladeau et Paul Desmarais. Pierre Péladeau, le père, était un souverainiste. L’ironie de l’Histoire veut qu’il ait lancé le Journal de Montréal pendant un conflit au journal La Presse. Aujourd’hui, son fils Pierre Karl réussit à damer le pion à Cyberpresse pendant que les employés du Journal de Montréal sont en lockout.
La photo de droite a été prise par Claude Mongrain. Elle témoigne de la joie des organisateurs du Moulin à paroles devant la belle réussite de leur pari. Quelques-uns des plus beaux textes écrits tout au long des 250 ans qui ont suivi la défaite des Plaines d’Abraham ont été lus et ont reçu un accueil chaleureux de la part de la foule rassemblée sur les Plaines.
Mais le succès, c’est aussi la diffusion en direct du Moulin à paroles depuis la première jusqu’à la dernière seconde des 24 heures qu’il aura duré.
Animosité
Pierre Karl Péladeau et Paul Desmarais ne s’aiment pas. La dernière escarmouche entre ces deux magnats du nouveau monde médiatique québécois remonte en juin dernier. Péladeau, président et chef de direction de Québécor qui possède entre autres Canoë et le Journal de Québec, avait eu des mots durs envers Paul Rousseau, le protégé de Desmarais: «C’est trop facile de briller comme gestionnaire fort en communication PowerPoint alors qu’on est incapable de livrer la marchandise.» (Le Devoir)
Évidemment, il n’y a aucun lien entre cette animosité et le fait que Vox TV et Canoë ont retransmis l’intégralité du Moulin à paroles et qu’en plus le journaliste Taïeb Moalla du Journal de Québec a fait sur les lieux – sauf erreur une première au Québec – du journalisme en direct.
Ce sont des choix éditoriaux qui transcendent la guerre que se livrent les deux hommes.
L’un a boudé, l’autre pas
Avouons toutefois qu’il est curieux qu’un événement boudé par Québec et Ottawa, parce que jugé beaucoup trop indépendantiste, ait reçu une si belle couverture de la part d’entreprises contrôlées par Québécor.
Lorsque Bernard Landry devint chroniqueur au Journal de Montréal en septembre 2008, il en fit l’annonce dans une lettre ouverte au président du conseil de Power Corporation, Paul Desmarais. à qui il reprocha «d’avoir imposé «une ligne éditoriale fédéraliste» à La Presse, et d’avoir prédit, dans une entrevue à un magazine français, que «si le Québec se sépare ce sera sa fin»» (Lettre à Paul Desmarais)
Pierre Karl Péladeau sera-t-il traité de cryptoséparatiste par le ministre Sam Hamad?

Sauf erreur????
“Évidemment, il n’y a aucun lien entre cette animosité et le fait que Vox TV et Canoë ont retransmis l’intégralité du Moulin à paroles et qu’en plus le journaliste Taïeb Moalla du Journal de Québec a fait sur les lieux, sauf erreur une première au Québec, du journalisme en direct.”
“Le blogueur citoyen” n’a visiblement pas suivi la couverture médiatique qu’a fait RueFrontenac (les journalistes du JDM en lock-out…) du gala des Jutra, Artis ou des Olivier??? Ou encore les élections l’automne dernier bloguées en direct sur Cyberpresse par Patrick Lagacé?
Une première…pfff. Quebecor ne fait qu’emprunter les idées aux autres depuis le début de ce lock-out. Et avant de féliciter l’entreprise d’avoir “appuyé“le Moulin à paroles, demandez vous s’il n’y a pas un intérêt économique ou marketing derrière. PKP a simplement des intérêts différents de Paul Desmarais.
Une compagnie qui met dans la rue 253 employés ne peut pas avoir des valeurs en commun avec le principe même de la souveraineté.
Merci d’avoir corrigé mon «sauf erreur». Je n’ai pas l’habitude de dire du bien de Québécor, même que c’est plutôt le contraire. Le lockout au Journal de Montréal est une erreur et la «convergence» un risque pour la qualité de l’information. Mais la couverture du Moulin à images démontre qu’il est possible de l’utiliser à bon escient.
J’ai écrit que Pierre Péladeau était souverainiste mais je n’ai rien dit à propos de Pierre Karl le fils. Il est évident que l’intérêt de Québécor n’est pas le même que celui des organisateurs du Moulin à paroles.
Les lockoutés du Journal de Montréal sont victimes d’un style rétrograde de relations du travail de la part de ses dirigeants, fort probablement guidés par Québécor. Point. Il serait triste, par contre, de devoir constamment écrire au couteau tranché. Si c’est ce que vous recherchez, je regrette mais je vais continuer de vous décevoir.
Si vous avez à coeur la langue de Molière, pouvez-vous faire circuler dans votre milieu!
Merci à l’avance!
CENTRE-VILLE DE MONTREAL
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Une anglicisation fulgurante en photos et vidéos
Déjà un millier d’infractions possibles à la loi 101!
Et ce ne sont ni des rumeurs, ni des ouï-dire, ni des peurs mal-fondées, ni des épouvantails à moineaux, ce ne sont que des faits réels.
Allez constater sur ce site:
http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/articl...
Votre commentaire n’est pas en lien avec le billet, mais je le laisse tout de même. C’est inquiétant ce que vous nous montrez. Je l’ai relayé sur Twitter et sur Facebook.
Si la CSN ne refusait pas de reconnaître la nouvelle réalité de la presse écrite, tant au Journal de Montréal qu’à La Presse, un début de discussion serait possible.
Qui est rétrograde ici?
J’ai l’impression que les ses syndicats ne peuvent concevoir la négociation que comme un ajout sans fin aux acquis. Quand vient le temps de redéfinir un modèle d’affaires viable, capable de traverser les prochaines années, ils se font porter pâles et blâment l’employeur systématiquement. Ce n’est pas très responsable.
Péladeau a raison, tout le monde le comprend facilement, mais on dirait que les syndicats CSN l’ont pris en grippe et veulent le casser même si ça veut dire nier l’évidence. Vite vite de même,ça ressemble à une mission impossible. Le gars sait de quoi il parle et il a l’habitude de négocier (Vidéotron a renégocié ses conventions le printemps dernier sans problème…).
Ça pourrait se régler si la direction du Journal de Montréal acceptait de retourner à la table de négociation SANS conditions. Je ne crois pas que ce que visent les lockoutés soit «un ajour sans fin aux acquis». Du reste, la très vaste majorité des conventions collectives se règlent sans conflit.
Bonjour,
je n’arrive pas à trouver cette fameuse vidéo du moulin à parole. Savez-vous comment y accéder maintenant? Sinon merci pour ces billets toujours intéressants!
Je croyais que la vidéo était sur le site http://www.moulinaparoles.com/ mais je réalise qu’elle n’y est pas. Hélas je ne sais pas à quel endroit on peut revoir le Moulin à paroles.
Bonjour Michel, vous avez réussi à retrouver la vidéo du Moulin à paroles ?
Non. Peut-être devriez-vous écrire à Vox TV, le diffuseur original http://voxtv.ca/quebec/accueil
merci pour ces info, je n’y pensais même pas.