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Dette du Québec: Bou!

Date: 2009/09/19

Ce n’est pas facile de trou­ver une approche équi­li­brée de la ques­tion de l’endettement public du Qué­bec dans les médias écrits ou élec­tro­niques. La vision catas­tro­phiste et l’angle des len­de­mains qui déchantent dominent outra­geu­se­ment. Il n’est pas éton­nant alors de voir sur­gir sur Twit­ter des mes­sages de ce type: «Dette du Qué­bec : 212 538 903 207,28 $ et ça conti­nue http://bit.ly/FFqvu (haut à droite)» (@StephaneGuerin). Le lien mène vers le site de l’Institut écono­mique de Mont­réal (IEDM) qui a ins­tallé un comp­teur inti­tulé «Dette du sec­teur public». On dirait bien qu’on veut nous refaire le coup du pal­ma­rès des écoles québécoises.

Nous souf­frons col­lec­ti­ve­ment de sous-alimentation média­tique sur un sujet aussi cru­cial que la dette publique. Mal­gré l’abondance des articles, repor­tages et autres type de trai­te­ment du sujet dans les médias, ceux-ci sont rare­ment autre chose que du fast food indi­geste. On remet sans cesse les mêmes ingré­dients dans la recette, sans se poser de ques­tions. Ça en est désespérant.

Même dans le camp de ceux qui luttent contre l’endettement public, on recon­nait la dif­fi­culté pour «mon­sieur et madame tout le monde» de s’y retrouver:

Il n’est pas facile de suivre la dette du Qué­bec. Dette directe, dette totale, dette brute, dette nette, dette du sec­teur public… Et puis il y a les ratios dette/PIB pour cha­cune de ces dettes.

Johanne Mar­cotte. Bud­get (2) : La dette brute ne reflète pas les pertes de la Caisse

Or, l’IEDM joue sur cette dif­fi­culté en pré­sen­tant le plus gros des chiffres sans aucune explication.

Ce n’est pas la pre­mière fois que l’IEDM viole ainsi en public la vérité.

Il y a une autre expli­ca­tion pos­sible de l’état des finances publiques que vous n’apprendrez pas dans les médias.

Dans un docu­ment inti­tulé La crise des finances publique», l’Institut de Recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) démontre que c’est la déci­sion volon­taire des gou­ver­ne­ments de se pri­ver de reve­nus qui explique l’état actuel des finances publiques.

Pour­tant on ne nous pré­sente sys­té­ma­ti­que­ment que le côté sombre des choses.

La plu­part des débats poli­tiques au Qué­bec tournent court dès lors qu’un des pro­ta­go­nistes évoque la «crise» des finances publiques. Cette crise serait cau­sée par le sur­dé­ve­lop­pe­ment de l’appareil étatique qui, coû­tant de plus en plus cher aux contri­buables, aurait atteint un niveau ren­dant toute nou­velle dépense impossible.

Le plus frus­trant n’est pas de voir les médias repro­duire un tel dis­cours, mais de consta­ter qu’ils ne pré­sentent qu’un seul côté de la médaille. Où est l’équilibre des points de vue que vante tant la Fédé­ra­tion pro­fes­sion­nelle des jour­na­listes du Qué­bec? Cet équi­libre ne devrait-il se retrou­ver aussi dans les équipes éditoriales?

Les médias font le jeu de ceux qui prônent un désen­ga­ge­ment étatique du finan­ce­ment des ser­vices publics et une dimi­nu­tion pro­gres­sive du rôle de l’État.

L’ignorance est un ter­reau fer­tile pour racon­ter n’importe quoi, comme le fait l’IEDM.

Bou!


Filed under: Économie
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