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L’avenir des entreprises de presse passe par leur diversification éditoriale

Date: 2009/09/24

Je ne suis pas du genre à embar­quer dans une cer­taine para­noïa qui voit des com­plots par­tout. Tou­te­fois, je n’ai pas pu m’empêcher de trou­ver trou­blant un article écrit par Pierre Dubuc dans L’Autjournal, ce que j’ai signalé sur Twit­ter. Pour ceux qui ne le sau­raient pas, Dubuc est sou­vent invité à la Bourse de l’Actualité de l’émission Samedi et rien d’autre, ani­mée par Joël Le Bigot.

En gros, Dubuc raconte que le groupe qui pos­sède La Presse a inté­rêt à ce que le contrat des comp­teurs d’eau soit annulé, puis offert à nou­veau en sou­mis­sion publique, puisqu’un consor­tium dont fait par­tie Power Cor­po­ra­tion avait sou­mis­sionné la pre­mière fois. Power Cor­po­ra­tion contrôle Gesca qui pos­sède La Presse. Un peu gros comme rac­courci, mais Dubuc écrit ceci qui fait réflé­chir à pro­pos de la ligne édito­riale de La Presse :

Bien entendu, l’annulation du contrat des comp­teurs d’eau pro­fite actuel­le­ment aux citoyens de Mont­réal, mais il est inté­res­sant de voir les leçons qu’un Claude Picher en tire. Plu­tôt que de consta­ter l’incompétence – pour ne pas dire plus – du privé et de plai­der pour que, doré­na­vant, de tels tra­vaux soient confiés aux employés muni­ci­paux – comme le recom­mande le véri­fi­ca­teur de la ville – Claude Picher en tire la conclu­sion que le pro­blème réside dans les « méca­nismes de ges­tion » de la ville qui ne seraient pas aussi per­for­mants que ceux du privé !

Picher a le droit de sou­te­nir, comme édito­ria­liste de La Presse, l’idée que le privé est meilleur que le public. Comme citoyen, je ne suis pas le seul à pen­ser le contraire. Or, le cou­rant d’opinion auquel j’adhère n’est pas pré­sent dans les jour­naux de Gesca. On com­pren­dra qu’il est facile de conclure que c’est parce que cela nui­rait aux inté­rêts finan­ciers de Power Corporation.

Peu importe, là n’est pas le problème.

Le pro­blème, c’est qu’en auto­ri­sant la créa­tion de grands groupes de presse, nous avons pro­grammé la dis­pa­ri­tion de la diver­sité édito­riale. Pour­tant, cette diver­sité est dans l’intérêt même des groupes de presse puisqu’elle leur assure une plus grande por­tée chez les lecteurs.

Mon inter­ven­tion sur Twit­ter a été sui­vie d’un bon échange avec Rémy Cha­rest du jour­nal Le Soleil:

echangeEditorial

La remarque de Pierre Fra­ser qui est inter­venu dans l’échange à la fin, pose bien le pro­blème: déci­sion sociale ou déci­sion écono­mique les choix de ten­dances édito­riales dans les grands quotidiens?

À cette ques­tion, je répond que c’est à la fois une déci­sion sociale (don­ner voix à plus d’une ten­dance) et une déci­sion écono­mique (accep­ter que le monde de l’information n’est plus une suite de silos fer­més aux­quels nous n’avons pas le choix de nous abreuver.

Comme le dit le Mon­sieur, c’est votre inté­rêt qui compte!


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