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cause toujours !

Laliberté n’est pas une marque de Yogourt

Date: 2009/09/30

Guy Lali­berté flotte dans l’espace au moment où j’écris ces lignes. A-t-il tort, a-t-il rai­son de faire ce voyage spa­tial pour une cause huma­ni­taire? Là n’est pas vrai­ment la ques­tion. Lali­berté n’est pas le pre­mier à uti­li­ser sa noto­riété pour nous sen­si­bi­li­ser à la misère humaine. Le pro­blème, c’est que les fon­de­ments même de cette misère sont peu sou­le­vés dans les médias de masse. Ils le sont tel­le­ment peu qu’ici le gou­ver­ne­ment fédé­ral donne des sous aux jour­na­listes pour qu’ils pro­duisent des repor­tages sur ce qui ne va pas à l’étranger. Ici aussi nous avons notre lot de situa­tions inac­cep­tables, mais il n’y a pas d’argent public pour en par­ler et l’attention média­tique est de plus en plus faible. Misère!

Le manque d’eau que veut contri­buer à com­bler One drop ne peut pas l’être par des fon­da­tions pri­vées, aussi géné­reuses soient-elles, pas plus que les carences en éduca­tion et en santé. Or, au même moment où nous sui­vons les péri­pé­ties de Guy Lali­berté, l’État qué­bé­cois s’associe à une fon­da­tion pri­vée, la fon­da­tion Cha­gnon, dans des champs d’intervention publique tels le déve­lop­pe­ment de l’enfance où le sou­tien aux proches aidants des aînés.

Pen­dant des années on nous a mar­telé une idéo­lo­gie de laisser-faire. Des mil­lions d’êtres humains ont souf­fert à cause de cette idéo­lo­gie. On a forcé leurs gou­ver­ne­ments à réduire les dépenses publiques en leur pro­met­tant des len­de­mains meilleurs. On a forcé leurs gou­ver­ne­ments à ouvrir leurs mar­chés inté­rieurs qu’on s’est empressé d’inonder de nos pro­duits, noyant leurs petits pro­duc­teurs au passage.

Il n’y a pas que les petits pro­duc­teurs que l’on a noyés. Notre conscience aussi l’a été, le tor­rent néo­li­bé­ral s’en chargeant.

Pour­tant.

La meilleure façon d’améliorer le sort de l’humanité, c’est de se don­ner des outils col­lec­tifs qui s’appellent pro­grammes et ser­vices publics.

Guy Lali­berté, André et Lucie Cha­gnon, Bill Gates et tous ceux qui ont les moyens de sou­te­nir des entre­prises cha­ri­tables de grande enver­gure doivent aussi dire que leurs ini­tia­tives ne sont rien si les États demeurent faibles ou sont affaiblis.

Sinon leurs actions sont davan­tage une façon de nous faire ava­ler le désen­ga­ge­ment de l’État.

Comme cette marque de Yogourt qui avait ins­piré Falar­deau.


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