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cause toujours !

C’est la saison de la pauvreté

Date: 2009/10/14

La pau­vreté n’a pas de sai­son. C’est plu­tôt l’aide aux pauvres qui en a une: l’automne. Je me fai­sais cette réflexion ce matin, dans le cadre de la cam­pagne annuelle de Cen­traide, en écou­tant le témoi­gnage d’une femme for­mi­dable, Nor­mande Lévesque, de l’organisme La Baratte. Je n’en suis tout sim­ple­ment pas revenu de tout ce que réus­sit à faire cet orga­nisme avec le peu de moyens dont il dis­pose. Allez voir leur site pour vous en convaincre (www.labaratte.ca). Un fait m’a frappé dans ce que madame Lévesque nous a raconté: être pauvre, ce n’est pas que man­quer d’argent.

On peut être pauvre parce qu’incapable de s’intégrer dans un réseau social. On peut être pauvre parce que la mala­die men­tale nous empêche d’être «fonc­tion­nel». On peut être pauvre parce que l’homme avec qui on vivait est décédé subi­te­ment. On peut être pauvre parce que…

Nor­mande Lévesque a lancé cette petite phrase qui fait réflé­chir: dans chaque famille il y a au moins une per­sonne souf­frant de mala­die men­tale. Tel­le­ment vrai.

Cette autre phrase, gla­née dans un docu­ment trouvé au hasard d’une recherche, est elle aussi tel­le­ment vraie:

Notre société est comme un palier duquel par­ti­raient un esca­lier rou­lant qui monte vers le haut et un esca­lier rou­lant qui des­cend vers le bas.Vivre la pau­vreté au Qué­bec, c’est être en bas de l’escalier rou­lant qui des­cend et se faire dire monte par des gens en train de mon­ter dans l’escalier rou­lant qui monte.

Col­lec­tif pour un Qué­bec sans pau­vreté, docu­ment en construc­tion, ver­sion du 7 octobre 2005.

J’oubliais. On peut aussi être pauvre parce que les prêts et bourse ne nous per­mettent pas de vivre conve­na­ble­ment. La Baratte pré­pare des repas qu’elle vend à 60% du prix coû­tant. Or, elle en vend de plus en plus à des étudiants de l’Université Laval. Il parait que les frais de sco­la­rité à l’Université devraient être augmentés…

Moins de pauvres au Québec?

Dans un article publié le 29 août der­nier (La Presse), Hélène Baril rap­por­tait qu’il y aurait moins de pauvres au Qué­bec. Pour­tant, ce matin, Nor­mande Lévesque nous disait qu’il y a une aug­men­ta­tion de la demande de repas à meilleur coût.

Sur quoi se base Hélène Baril pour conclure qu’il y a moins de pauvres? Sur la créa­tion d’emplois: «en 2008, il y avait 20 % plus d’emplois au Qué­bec que dix ans aupa­ra­vant», écrit-elle.

Le Conseil du patro­nat abon­dait dans le même sens un mois plus tôt:

Tout en insis­tant sur la sen­si­bi­lité et l’engagement des entre­prises et de leurs diri­geants envers les moins nan­tis, le pré­sident du CPQ a sou­li­gné que c’est avant tout par le biais de leur fonc­tion d’employeur et de créa­teur de richesse que les entre­prises contri­buent acti­ve­ment à lut­ter contre cette problématique.

Com­mu­ni­qué du 15 juin 2009.

Soit. Sauf que la créa­tion d’emplois ne peut à elle seule régler le pro­blème de la pau­vreté. Il faut à la fois que ces emplois soient suf­fi­sam­ment rému­né­rés et que les per­sonnes vivant des expé­riences de pau­vreté dues à une inca­pa­cité quel­conque réus­sissent à sur­mon­ter cette incapacité.

La Baratte s’est don­née comme mis­sion non seule­ment de four­nir des repas bon mar­ché, mais aussi d’aider des per­sonnes à vaincre leur inca­pa­cité, obte­nant, dans cette aide, un taux de suc­cès qui feraient rou­gir de honte les ban­quiers empo­chant leurs primes mal­gré que l’économie aille si mal.

C’est drôle, je me suis senti encore plus géné­reux, ce matin.


Filed under: Société
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1 Comment

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