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cause toujours !

Dépassée la Fédération professionnelle des journalistes du Québec?

Date: 2009/10/31

Deman­dez à n’importe quel qui­dam à quoi sert la Fédé­ra­tion pro­fes­sion­nelle des jour­na­listes du Qué­bec et il va vous regar­der avec des yeux de pois­son. Per­sonne, ou à peu près, ne sait ce que fait cette asso­cia­tion. Même la blo­gueuse Michelle Blanc ne semble pas vrai­ment le savoir, puisqu’elle a com­paré la FPJQ à l’ADISQ dans un récent gazouilli. Cette com­pa­rai­son a fait réagir Fran­çois Car­di­nal, un des can­di­dats à la pré­si­dence de la FPJQ : «Selon @MichelleBlanc, la FPJQ est l’équivalent de l’ADISQ pour les jour­na­listes… Dur. Vous en pen­sez quoi? Quel est le pro­blème de la Fédé?»

Ma réponse: «@F_Cardinal @MichelleBlanc : si la FPJQ se bat pour la sur­vie et l’épanouissement du jour­na­lisme indé­pen­dant au Q., alors vive la FPJQ.» Appelé par Car­di­nal à pré­ci­ser ma pen­sée, j’ai ajouté : «@F_Cardinal la FPJQ devrait récla­mer une com­mis­sion par­le­men­taire sur l’avenir de l’information média­tique. Ça serait un début.»

Le pro­blème de la FPJQ, c’est son manque de lea­der­ship. Le bateau coule de par­tout et per­sonne ne semble vou­loir le recon­naître. Les lockout (Jour­nal de Qué­bec, Jour­nal de Mont­réal) et les menaces (La Presse) sont des symp­tômes d’un chan­ge­ment en pro­fon­deur de la donne jour­na­lis­tique au Québec.

Face à ce chan­ge­ment, la FPJQ conti­nue de défendre la liberté de presse comme si de rien n’était.

Nous vivons dans un régime de liberté de presse, mais cette liberté doit constam­ment être défen­due. Le droit du public à l’information exige que les jour­na­listes puissent faire leur tra­vail sans res­tric­tions, que les salles de nou­velles aient les res­sources adé­quates, que l’accès à l’information gou­ver­ne­men­tale soit réel, que le maté­riel et les sources confi­den­tielles des jour­na­listes soient protégés.

Pro­fil de la FPJQ

Ces lignes ont été extraites du site de la FPJQ en… 2009. On se croi­rait tou­jours à l’âge d’or du jour­na­lisme. Pour­tant les res­sources ne sont pas adé­quates, l’information gou­ver­ne­men­tale à Qué­bec et à Ottawa est deve­nue infor­ma­tion poli­tique, le maté­riel et les sources confi­den­tielles sont à la merci des juges sans que les par­le­ments ne lèvent le moindre petit doigt pour les protéger.

Si au moins la FPJQ était l’ADISQ des jour­na­listes et les défen­dait vigou­reu­se­ment sur la place publique. Au lieu de cela, elle joue à l’autruche:

Dans la tra­di­tion du jour­na­lisme nord-américain qui est la nôtre, le jour­na­liste est embau­ché pour rendre compte des faits, pas pour les com­men­ter, sauf dans cer­taines fonc­tions pré­cises: les édito­ria­listes et les chro­ni­queurs prin­ci­pa­le­ment, ou encore dans cer­tains types de jour­na­lisme comme le jour­na­lisme cultu­rel. Si c’est le sta­tut de vedette qui vous inté­resse dans le jour­na­lisme, vous serez sou­vent déçus.

Site de la FPJQ. Deve­nir jour­na­liste.

On dirait les digues sen­sées pro­té­ger La Nou­velle Orléans avant l’Ouragan Katrina.

Le com­men­taire a infil­tré le jour­na­lisme comme un vers dans une pomme pour­rie qu’on conti­nue à vou­loir nous faire avaler.

Je ne dis pas que le jour­na­lisme doit être pré­servé tel qu’il se pra­tique en ce moment. Il est évident, par exemple, que le jour­na­lisme pra­ti­qué en soli­taire est dépassé. Les jour­na­listes doivent apprendre à tra­vailler en équipe et à inté­grer des citoyens col­la­bo­ra­teurs dans la pré­pa­ra­tion de leurs contenus.

La FPJQ peut jouer un cer­tain rôle dans les trans­for­ma­tions de la pra­tique jour­na­lis­tique. Il y a des expé­riences au sud de la fron­tière qui peuvent être ins­pi­rantes à ce propos.

Mais au-delà de la pra­tique jour­na­lis­tique, le véri­table enjeu est l’avenir même de l’information médiatique.

Si je sug­gère une com­mis­sion par­le­men­taire sur «l’avenir de l’information média­tique», c’est parce qu’il faut se décen­trer à la fois des jour­na­listes et de ceux qui les embauchent pour se concen­trer sur la ques­tion essen­tielle qui doit nous gui­der dans les choix de société que nous devons faire: com­ment faire en sorte que nous dis­po­sions d’une infor­ma­tion qui nous aide à faire des choix éclai­rées comme citoyens?

La FPJQ doit se battre au nom de ses membres pour que cette ques­tion nous obsède dans les mois à venir au point où nos élus à l’Assemblée natio­nale du Qué­bec y consacrent une par­tie de leurs tra­vaux parlementaires.


Filed under: Médias
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9 Comments

  1. etienneff (3 comments) says:

    @mimonette : oui, pour l’instant. Je crois que ça va prendre quelques années encore pour que la FPJQ retrouve son essence.

    • mimonette (2 comments) says:

      @etienneff que les futurs jour­na­listes vont aider à trou­ver? ;-)

      • etienneff (3 comments) says:

        @mimonette bien évidem­ment. Mais on se demande tous un peu com­ment à l’heure actuelle. La pro­blème de la FPJQ, c’est le manque d’unité.

        • etienneff (3 comments) says:

          @mimonette tout à fait. L’idée d’une com­mis­sion par­le­men­taire sur l’avenir de l’info est inté­res­sante : peut-être arrivera-t-on a s’entendre

  2. […] This post was men­tio­ned on Twit­ter by Nico­las Roberge and La capi­tale, Michel Monette. Michel Monette said: @F_Cardinal: «Dépas­sée la Fédé­ra­tion pro­fes­sion­nelle des jour­na­listes du Qué­bec?» http://blogueurcitoyen.com/archives/2230 […]

  3. Serge-André Guay (3 comments) says:

    Élec­tion 2009 à la pré­si­dence de la Fédé­ra­tion pro­fes­sion­nelle des jour­na­listes du Qué­bec : la neu­tra­lité du pré­sident sor­tant poin­tée du doigt par les deux candidats

    http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/act...

  4. Serge-André Guay (3 comments) says:

    Élec­tion 2009 à la pré­si­dence de la Fédé­ra­tion pro­fes­sion­nelle des jour­na­listes du Qué­bec : Un can­di­dat s’en prend à la «mul­ti­pli­ca­tion des blo­gueurs et autres «jour­na­listes citoyens»

    http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/act...

  5. Serge-André Guay (3 comments) says:

    Élec­tion 2009 à la pré­si­dence de la Fédé­ra­tion pro­fes­sion­nelle des jour­na­listes du Qué­bec : Le radi­ca­lisme du jour­na­liste Mar­tin Bis­aillon, can­di­dat à la pré­si­dence de la Fédé­ra­tion pro­fes­sion­nelle des jour­na­listes du Qué­bec, faire craindre le pire pour la cré­di­bi­lité de l’organisme de défense de la liberté de presse et du droit public à l’information

    http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/act...

  6. momichel (73 comments) says:

    Vous n’avez pas une copie écran des pro­pos qu’aurait tenus Mar­tin Bisaillon?

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