Dépassée la Fédération professionnelle des journalistes du Québec?
Demandez à n’importe quel quidam à quoi sert la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et il va vous regarder avec des yeux de poisson. Personne, ou à peu près, ne sait ce que fait cette association. Même la blogueuse Michelle Blanc ne semble pas vraiment le savoir, puisqu’elle a comparé la FPJQ à l’ADISQ dans un récent gazouilli. Cette comparaison a fait réagir François Cardinal, un des candidats à la présidence de la FPJQ : «Selon @MichelleBlanc, la FPJQ est l’équivalent de l’ADISQ pour les journalistes… Dur. Vous en pensez quoi? Quel est le problème de la Fédé?»
Ma réponse: «@F_Cardinal @MichelleBlanc : si la FPJQ se bat pour la survie et l’épanouissement du journalisme indépendant au Q., alors vive la FPJQ.» Appelé par Cardinal à préciser ma pensée, j’ai ajouté : «@F_Cardinal la FPJQ devrait réclamer une commission parlementaire sur l’avenir de l’information médiatique. Ça serait un début.»
Le problème de la FPJQ, c’est son manque de leadership. Le bateau coule de partout et personne ne semble vouloir le reconnaître. Les lockout (Journal de Québec, Journal de Montréal) et les menaces (La Presse) sont des symptômes d’un changement en profondeur de la donne journalistique au Québec.
Face à ce changement, la FPJQ continue de défendre la liberté de presse comme si de rien n’était.
Nous vivons dans un régime de liberté de presse, mais cette liberté doit constamment être défendue. Le droit du public à l’information exige que les journalistes puissent faire leur travail sans restrictions, que les salles de nouvelles aient les ressources adéquates, que l’accès à l’information gouvernementale soit réel, que le matériel et les sources confidentielles des journalistes soient protégés.
Ces lignes ont été extraites du site de la FPJQ en… 2009. On se croirait toujours à l’âge d’or du journalisme. Pourtant les ressources ne sont pas adéquates, l’information gouvernementale à Québec et à Ottawa est devenue information politique, le matériel et les sources confidentielles sont à la merci des juges sans que les parlements ne lèvent le moindre petit doigt pour les protéger.
Si au moins la FPJQ était l’ADISQ des journalistes et les défendait vigoureusement sur la place publique. Au lieu de cela, elle joue à l’autruche:
Dans la tradition du journalisme nord-américain qui est la nôtre, le journaliste est embauché pour rendre compte des faits, pas pour les commenter, sauf dans certaines fonctions précises: les éditorialistes et les chroniqueurs principalement, ou encore dans certains types de journalisme comme le journalisme culturel. Si c’est le statut de vedette qui vous intéresse dans le journalisme, vous serez souvent déçus.
Site de la FPJQ. Devenir journaliste.
On dirait les digues sensées protéger La Nouvelle Orléans avant l’Ouragan Katrina.
Le commentaire a infiltré le journalisme comme un vers dans une pomme pourrie qu’on continue à vouloir nous faire avaler.
Je ne dis pas que le journalisme doit être préservé tel qu’il se pratique en ce moment. Il est évident, par exemple, que le journalisme pratiqué en solitaire est dépassé. Les journalistes doivent apprendre à travailler en équipe et à intégrer des citoyens collaborateurs dans la préparation de leurs contenus.
La FPJQ peut jouer un certain rôle dans les transformations de la pratique journalistique. Il y a des expériences au sud de la frontière qui peuvent être inspirantes à ce propos.
Mais au-delà de la pratique journalistique, le véritable enjeu est l’avenir même de l’information médiatique.
Si je suggère une commission parlementaire sur «l’avenir de l’information médiatique», c’est parce qu’il faut se décentrer à la fois des journalistes et de ceux qui les embauchent pour se concentrer sur la question essentielle qui doit nous guider dans les choix de société que nous devons faire: comment faire en sorte que nous disposions d’une information qui nous aide à faire des choix éclairées comme citoyens?
La FPJQ doit se battre au nom de ses membres pour que cette question nous obsède dans les mois à venir au point où nos élus à l’Assemblée nationale du Québec y consacrent une partie de leurs travaux parlementaires.

@mimonette : oui, pour l’instant. Je crois que ça va prendre quelques années encore pour que la FPJQ retrouve son essence.
@etienneff que les futurs journalistes vont aider à trouver?
@mimonette bien évidemment. Mais on se demande tous un peu comment à l’heure actuelle. La problème de la FPJQ, c’est le manque d’unité.
@mimonette tout à fait. L’idée d’une commission parlementaire sur l’avenir de l’info est intéressante : peut-être arrivera-t-on a s’entendre
[…] This post was mentioned on Twitter by Nicolas Roberge and La capitale, Michel Monette. Michel Monette said: @F_Cardinal: «Dépassée la Fédération professionnelle des journalistes du Québec?» http://blogueurcitoyen.com/archives/2230 […]
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Vous n’avez pas une copie écran des propos qu’aurait tenus Martin Bisaillon?