Les médias ont voté Labeaume
Nul besoin de faire une analyse ultra sophistiquée pour réaliser à quel point la couverture médiatique de la campagne électorale municipale de Québec a été débalancée. Une simple recherche avec les mots “Équipe Labeaume” et “Défi vert” en septembre et octobre donne 73 occurrences dans un cas, 35 dans l’autre. Voyons avec RMQ (47) ou “Renouveau municipal de Québec” (39). Passons aux trois principaux candidats (dans l’ordre des résultats électoraux: Régis Labeaume (247), “Jeff Fillion” (16) et “Yonnel Bonaventure” (25). Bien sûr, ce n’est pas la seule explication de l’écrasante victoire de l’Équipe Labeaume, mais c’est certainement une raison suffisante pour s’inquiéter du rôle que les médias ont joué dans celle-ci.
J’ai volontairement enlevé le nom du politicien à qui s’appliquent les propos qui suivent afin que vous y ajoutiez le nom du maire Régis Labeaume:
En rebondissant sans cesse sur l’actualité […] teste des idées qu’il calibre empiriquement en fonction de l’écho médiatique qu’elles reçoivent. Son objectif est de construire ainsi une légitimité cathodique et de demeurer au zénith des instituts de sondage avec une autorité conférée par les «unes» plutôt que par les urnes.
Qui est le politicien à qui s’appliquent ces propos rapportés par Jean-Paul L’Allier dans un texte qu’il destinait aux journalistes participant au colloque «Informer est-il encore d’intérêt public?»? Le président de la France, Nicolas Sarkozy. Le texte portait sur la complicité des médias français envers Sarkozy.
Tout le brouhaha médiatique autour du futur Colisée qui pourrait peut-être faire renaître le hockey professionnel, n’est pas fortuit. On ne peut pas reprocher à Régis Labeaume d’avoir utilisé ce stratagème pour obtenir l’appui massif qu’il souhaitait. On peut toutefois certainement blâmer sévèrement les médias de la région de Québec d’être tombés aussi bêtement dans le panneau. À moins que certaines complicités expliquent… non, je n’ose pas y penser!
Si Régis Labeaume avait eu le même traitement médiatique que ses adversaires actuels lorsqu’il s’était présenté pour succéder à la défunte mairesse Boucher, il ne serait pas maire aujourd’hui.
J’aimerais avoir le temps de faire une analyse de contenu des articles publiés par les journaux et des propos tenus à la radio et à la télévision depuis le début du mois de septembre. J’ai l’impression que ceux-ci ont été globalement favorables à Régis Labeaume.
Même si elle découle d’une certaine désillusion sur l’importance du travail journalistique et de l’opinion des chroniqueurs et éditorialistes dans la campagne électorale de Montréal, j’ai envie de faire mienne la petite phrase assassine qui clôture l’article de Stéphane Baillargeon (Le Devoir) à propos du rôle des médias dans les décisions prises par les électeurs (article accessible sur abonnement seulement).
Cette phrase s’applique tellement bien à l’attitude des médias de la Capitale nationale envers Régis Labeaume.
«Allez, couchez! Bon toutou…»

“À moins que certaines complicités expliquent… non, je n’ose pas y penser!”
Pourtant Labeaume a bien été à New York avec PKP (Quebecor, journal de Québec).
Alors un plus un?
Quand?
Le RMQ n’a même pas présenté de candidat contre Régis Labeaume alors tough luck pour eux. Qu’ils arrêtent de brailler, la couillonnerie, la peur et la lâcheté sont rarement récompensées en politique (tout comme dans la vie en général d’ailleurs).
C’est plus compliqué dans le cas du RMQ. Ils n’ont ps présenté de candidats parce que le parti s’était désagrégé. Les rescapés ont tenté de sauver les meubles mais il était trop tard.
Ils ont tenté de sauver leur job bien avant les meubles de leur parti qui ont sacré le camp.
J’ai émis un commentaire à ce sujet lors de mon dernier cours, disant que la couverture avait été à l’avantage de Labeaume. On m’a répondu, à raison il faut l’avouer, que c’était le maire sortant, que c’était le seul candidat à la mairie et qu’il n’avait pas d’opposition. Alors que faire? Les autres ont beau proposer des choses, ça faisait aucun doute que Labeaume rentrait.
Le prof a rappelé qu’à la Presse Canadienne, lors des élections provinciales en 2007, il y avait un journaliste pour chacun des trois partis principaux. Et puis QS et le Parti Vert, ils essayaient de les attraper quand ça adonnait.
Labeaume a aussi bien joué le jeu en faisant des annonces pendant la campagne… Les personnages sont toujours plus attirants que les gens ordinaires…
C’est faux que Labeaume était le seul candidat à la mairie. Défi Vert (qui n’était pas mon parti en passant) avait 1 candidat à la mairie et 19 candidats dans les districts (le RMQ en avait moins). Les médias ont fait le jeu de Régis Labeaume en décrétant comme lui que ses adversaires n’étaient pas sérieux. C’est n’importe quoi! Moi je pense qu’ils ont abusé de leur pouvoir d’informer tout en faisant un sérieux anicroche à leur devoir d’informer. Lamentable!
Il semblerait qu’on m’ait induit en erreur alors. Désolé pour cela. Les journalistes ont le devoir d’informer, soit, ce devrait être leur priorité. Par contre, il est difficile pour eux de ne pas profiter de vagues d’intérêt de la part des citoyens. Lamentable peut-être, mais c’est la réalité.
Je ne nie pas l’importance des vagues d’intérêt, mais en même temps le but premier des journalistes est d’informer en vue justement de susciter notre intérêt sur des faits qui autrement nous échapperaient. Il est facile de prétendre, par exemple, que Régis Labeaume était le seul candidat à la mairie alors qu’en fait on ne couvre pas adéquatement la campagne électorale municipale parce qu’on ne veut pas assigner les ressources journalistiques suffisantes pour pouvoir bien la couvrir.