13 milliards de mille sabords !
Michel Girard du journal La Presse n’aime pas que le Québec s’endette. C’est son droit, mais ça ne lui donne pas le droit d’induire en erreur les lecteurs de son journal. Or, en écrivant que nous déboursons en ce moment une facture annuelle de 12 milliards de dollars en frais d’intérêt, il ne dit pas la vérité. De deux choses l’une: ou bien il le sait et alors il ment sciemment, ou bien il ne le sait pas et alors il aurait besoin d’un cours de comptabilité publique.
Lorsque Girard écrit que les intérêts annuels sur la dette sont de 12 milliards de dollars, cela est techniquement vrai. Sauf qu’il «oublie» d’ajouter que le gouvernement ne sort pas de sa poche 12 milliards par année. Une partie de ces intérêts est une charge fictive d’intérêts qui n’entraîne aucun décaissement, comme l’explique bien Louis Gill dans un ouvrage essentiel: Rembourser la dette publique: la pire des hypothèses, disponible gratuitement en version PDF http://bit.ly/w7gr9).
Au-delà de la question des intérêts sur la dette, il est renversant de constater que l’on continue d’exagérer l’impact de l’endettement public en terme de chiffre absolu. Pourtant, comme l’explique Louis Gill dans son ouvrage, ce qui compte c’est le pourcentage de la dette par rapport au PIB. L’actuel ministre des Finances a lui-même dû l’expliquer à une Opposition officielle trop heureuse de lui faire de coup du mauvais père de famille.
L’ironie veut que l’Opposition officielle dise le contraire de ce qu’elle disait quand elle-même était au pouvoir, alors que le gouvernement libéral dit le contraire de ce qu’il disait quand il était dans l’Opposition.
Comme quoi la promesse de réduire l’endettement public, c’est comme celle de construire un pont: ça peut servir dans plus d’une élection.
Le hic, c’est qu’en tant que citoyens nous sommes plutôt démunis face à un discours alarmiste qui simplifie à outrance les finances publiques dans le but de nous influencer. Comment résister? La lecture de l’ouvrage de Gill est justement un très bon antidote contre ce discours alarmiste. Il demande un effort de compréhension, mais le jeu en vaut la chandelle.
Girard, de son côté, s’alimente visiblement auprès de l’Institut économique de Montréal (IEDM). Un économiste sérieux disait récemment que les études de l’IEDM ne mériteraient même pas la note de passage à l’université.
Girard lui, ne mérite pas la note de passage de l’intégrité journalistique.
Michel Girard. La question de 12 milliards.

[…] This post was mentioned on Twitter by Michel Monette and Louis-M. Pelletier, Josée Larouche. Josée Larouche said: RT @mimonette 13 milliards de mille sabords ! http://blogueurcitoyen.com/archives/2245 […]
«Lorsque Girard écrit que les intérêts annuels sur la dette sont de 12 milliards de dollars, cela est techniquement vrai. Sauf qu’il «oublie» d’ajouter que le gouvernement ne sort pas de sa poche 12 milliards par année. Une partie de ces intérêts est une charge fictive d’intérêts qui n’entraîne aucun décaissement».…
Pourtant, si l’on regarde plus en détail ce qui est considéré comme une magie sans impact ( ie: charge fictive ), on peut ce demander qui est le plus malhonnête.
Car la thèse de M. Gill est la suivante: l’inflation, combinée à la croissance du PIB diminuent de facon «magique» la dette. Donc le pays n’a pas à payer pour cela.…
Rien n’est plus faux !
L’inflation, c’est la perte de la valeur de l’argent due à une hausse de cette quantité d’argent. En d’autre mots, le gouvernement crée plus d’argent, ce qui en diminue sa valeur.
La gouvernement Canadien vise environ 2% de dévaluation de sa monnaie annuellement.
Mais cet dévaluation, qui la paye ? C’est nous ! A chaque jour, ce que vaut un dollars est moins que la veille. Ceci a pour effet de faire fondre l’avoir de tous et chacun continuellement mais lentement. C’est la taxe la plus malhonnête qui soit: celle qui vole en cachette…
De plus, tous les calculs de M. Gill sont fait en combinant l’inflation ( environ 2% ) et la croissance ( 1 a 2% ). Mais la croissance devrait normalement faire diminuer les prix à la consommation ( et non les augmenter ! ). Sans manipulation monétaire, un pays en croissance verra ces prix à la consommation baisser. Dans notre système, ce mouvement sur les prix est contré par encore plus de création d’argent. Ce permet de dire que l’inflation réelle est l’inflation + la croissance du PIB.
M. Gill nous dit que la dette du gouvernement a fondue «par magie» de 3%, sans qu’on n’y fasse rien.…
En reprenant vos mots: c’est un menteur ou un manipulateur.…
Ce 3% de dette disparue, il ne s’est pas envolé ( croyez-vous encore au Père Noel ? ), vous l’avez payé par la dévaluation de votre dollar.
Une omission de la part de M. Gill me direz-vous ?
Non pertinent me direz-vous ?
Venant d’un économiste, ceci démontre bien quelle sont ses valeurs.… C’est à dire qu’un économiste qui passe sous silence la vrai raison et les conséquences de «sa magie» n’est pas très honnête…
Faire le débat à savoir si payer la dette gouvernementale en dévaluant la monnaie est mieux ou non est un bon débat. Mais passer toute la dynamique monétaire sous silence est très malhonnête ( compte tenu de la basse connaissance économique des Québécois )
«Un économiste sérieux disait récemment que les études de l’IEDM ne mériteraient même pas la note de passage à l’université.»
Il serait intéressant d’entendre un de ces soit disant «économiste sérieux» nous expliquer que l’inflation n’est pas due à une création d’argent et que les conséquence sont néfastes pour tous.
Nous expliquer comment la théorie du «c’est de la magie» de M. Gill n’est pas du vol caché, par la dévaluation monétaire…
Et en passant, pas nécessaire d’avoir un diplôme pour comprendre quoi que ce soit dans cette dynamique économique…
«Ceci a pour effet de faire fondre l’avoir de tous et chacun continuellement mais lentement.» Mes avoirs viennent de fondre brusquement, comme cela est régulièrement le cas dans notre système économique. La spéculation financière fait beaucoup plus de ravages que la «manipulation monétaire» que vous dénoncez.
L’inflation n’a pas attendu que les banques centrales créent de la monnaie en réponse à la demande des agents privés ou publics pour exister. Elle fait partie intrinsèque du capitalisme. Dès que PIB augmente, il y a forcément risque d’inflation. Ce que Gill dit, c’est que le fonctionnement du système économique fait en sorte que la dette est relativement moins importante avec la croissance économique. Le ministre actuel des Finances ne dit pas le contraire.
Pour ce qui est du «vol caché», parlez-en aux grands spéculateurs de ce monde et à tous ceux qui ont empoché des primes fabuleuses alors même que l’économie était à son plus bas!
Une page intéressante pour mieux comprendre les causes de l’inflation: cambiste.info http://www.cambiste.info/sdmpage/monnaie/infl10.p...
Une page intéressante pour mieux comprendre les causes de l’inflation: cambiste.info http://www.cambiste.info/sdmpage/monnaie/infl10.p...
«Mes avoirs viennent de fondre brusquement, comme cela est régulièrement le cas dans notre système économique. La spéculation financière fait beaucoup plus de ravages que la «manipulation monétaire» que vous dénoncez.»
Assurément. Mais accuser la spéculation financière d’un mal quelconque n’en rends pas moins l’inflation vertueuse.
«L’inflation n’a pas attendu que les banques centrales créent de la monnaie en réponse à la demande des agents privés ou publics pour exister. Elle fait partie intrinsèque du capitalisme.»
Donc l’inflation est partie intrinsèque du capitalisme hein ? Selon quelle théorie peut-on affirmer ceci.
Même Wikipédia est en désacord avec cette affirmation que l’inflation est un mal du capitalisme : «However, the consensus view is that a long sustained period of inflation is caused by money supply growing faster than the rate of economic growth.»
Dit autrement, une inflation de 2% sur une longue période n’a rien à voir avec des fluctuations du marché mais bien avec une augmentation de la masse monétaire.
«Dès que PIB augmente, il y a forcément risque d’inflation.»
Effectivement, il y a une risque.
Mais pas par magie comme le laisse entendre cette affirmation.
Il faut distinguer deux types de croissance.
La croissance provoquée par la hausse de la force de travail ( principalement l’immigration) et surtout par la hausse de l’efficacité de production générale. Par exemple, fabriquer un grille-pain coûte plusieurs fois moins cher ( en énergie et en effort de main-d’œuvre ) qu’il y a 20 ans. Les techniques d’extraction et de production du métal, les usines sont automatisées, la distribution est globale et plus efficace, etc.
Ce genre de croissance réduit les prix des produits de consommation. ( à masse monétaire égale ). Dans un monde inflationniste comme le notre, cette inflation cache la hausse d’efficacité de production. Il existe quand même quelques secteurs dont la croissance de la production est plus grande que l’inflation tel les appareils électroniques et les ordinateurs par exemple où l’on constate une baisse constante des prix ( et ce, malgré une hausse constante de la demande ).
Cette croissance est la vrai croissance économique. La croissance saine et réelle.
L’autre croissance économique est celle nourrie par une augmentation de la masse monétaire. Dans une tel cas, l’injection d’argent nouvellement créé «dope» l’économie , trompe la société avec une richesse qui n’existe pas. (comme vous le savez, cet argent est créé par les banques centrales et la réserve fractionnaire des banques, sous forme de crédit ).
Ce faux argent fait pendant un temps tourner l’économie à fond, la croissance économique augmente. Mais ce n’est pas une croissance basée sur une meilleure façon de faire, ni sur une nouvelle quantité de producteurs mais plutôt sur de l’argent qui n’est appuyée sur aucune richesse réelle.
Et cette masse monétaire, en plus de faire «tourner» l’économie provoque aussi (évidemment) de l’inflation.
Et c’est pour cette raison que l’on peut affirmer (sans que cela soit trop faux) que croissance du PID = risque d’inflation. En fait, la vraie équation devrait plutot être: Inflation monétaire = croissance économique + inflation des prix.
( Suite dans le prochaine message car le logiciel dit que je suis trop bavard…
)
Et puisque vous avez amené le sujet, terminons cette histoire de croissance économique pour y démasquer vos spéculateurs:
Qui ( à part ceux qui croient encore au Père Noel ) croient qu’il est possible de s’enrichir en créant de l’argent ? Evidemment que c’est futile. Si cela se faisait, nous serions tous énormément riche sur terre depuis bien longtemps…
Tout cet argent crée pour nourrir la croissance économique doit aller quelque part.
Si cet argent circule librement dans l’économie, ceci cause une hausse de l’inflation au delà de la cible des banques centrales. Ces banques diminuent alors le robinet du crédit ( hausse du taux), la croissance ralentit. ( C’est ce qu’on appelle un «ralentissement économique» de nos jours ).
Sans ce contrôle du crédit, c’est l’hyperinflation qui attend au prochain virage, une économie. Et l’hyperinflation est presqu’assurément la mort d’une économie.
Dans beaucoup de cas, cet argent ( ce crédit ) ne circule pas immédiatement dans l’économie car il est utilisé pour des biens immobilier ou des produits financiers ( la bourse, etc ).
Il n’a donc pas d’impact sur l’inflation ( des prix ), ce qui permet aux banques centrales de maintenir à fond le flot de crédit ( et d’argent fictive )…
C’est alors que se forme ces fameuses bulles économiques. Bulle qui tôt ou tard doivent faire face à la réalité, et c’est à ce moment que survient la recession. Qui est dans le fond un retour de l’économie à sa valeur réelle, à la vrai richesse du pays.
Dans tout ceci, les acteurs de la finance sont ceux qui sont directement sous le robinet d’argent artificiel. Evidemment qu’ils s’en mettent plein les poches: imaginez, de l’argent tout neuf qui n’appartient encore à personne…
Mais en même temps, ces «grands spéculateurs» ne sont en fait que des petits voyous qui ramassent les cennes qui tombent des sacs des vrais grands voleurs.…