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cause toujours !

13 milliards de mille sabords !

Date: 2009/11/09

Michel Girard du jour­nal La Presse n’aime pas que le Qué­bec s’endette. C’est son droit, mais ça ne lui donne pas le droit d’induire en erreur les lec­teurs de son jour­nal. Or, en écri­vant que nous débour­sons en ce moment une fac­ture annuelle de 12 mil­liards de dol­lars en frais d’intérêt, il ne dit pas la vérité. De deux choses l’une: ou bien il le sait et alors il ment sciem­ment, ou bien il ne le sait pas et alors il aurait besoin d’un cours de comp­ta­bi­lité publique.

Lorsque Girard écrit que les inté­rêts annuels sur la dette sont de 12 mil­liards de dol­lars, cela est tech­ni­que­ment vrai. Sauf qu’il «oublie» d’ajouter que le gou­ver­ne­ment ne sort pas de sa poche 12 mil­liards par année. Une par­tie de ces inté­rêts est une charge fic­tive d’intérêts qui n’entraîne aucun décais­se­ment, comme l’explique bien Louis Gill dans un ouvrage essen­tiel: Rem­bour­ser la dette publique: la pire des hypo­thèses, dis­po­nible gra­tui­te­ment en ver­sion PDF http://bit.ly/w7gr9).

Au-delà de la ques­tion des inté­rêts sur la dette, il est ren­ver­sant de consta­ter que l’on conti­nue d’exagérer l’impact de l’endettement public en terme de chiffre absolu. Pour­tant, comme l’explique Louis Gill dans son ouvrage, ce qui compte c’est le pour­cen­tage de la dette par rap­port au PIB. L’actuel ministre des Finances a lui-même dû l’expliquer à une Oppo­si­tion offi­cielle trop heu­reuse de lui faire de coup du mau­vais père de famille.

L’ironie veut que l’Opposition offi­cielle dise le contraire de ce qu’elle disait quand elle-même était au pou­voir, alors que le gou­ver­ne­ment libé­ral dit le contraire de ce qu’il disait quand il était dans l’Opposition.

Comme quoi la pro­messe de réduire l’endettement public, c’est comme celle de construire un pont: ça peut ser­vir dans plus d’une élection.

Le hic, c’est qu’en tant que citoyens nous sommes plu­tôt dému­nis face à un dis­cours alar­miste qui sim­pli­fie à outrance les finances publiques dans le but de nous influen­cer. Com­ment résis­ter? La lec­ture de l’ouvrage de Gill est jus­te­ment un très bon anti­dote contre ce dis­cours alar­miste. Il demande un effort de com­pré­hen­sion, mais le jeu en vaut la chandelle.

Girard, de son côté, s’alimente visi­ble­ment auprès de l’Institut écono­mique de Mont­réal (IEDM). Un écono­miste sérieux disait récem­ment que les études de l’IEDM ne méri­te­raient même pas la note de pas­sage à l’université.

Girard lui, ne mérite pas la note de pas­sage de l’intégrité journalistique.

Michel Girard. La ques­tion de 12 mil­liards.


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7 Comments

  1. […] This post was men­tio­ned on Twit­ter by Michel Monette and Louis-M. Pel­le­tier, Josée Larouche. Josée Larouche said: RT @mimonette 13 mil­liards de mille sabords ! http://blogueurcitoyen.com/archives/2245 […]

  2. Francois (4 comments) says:

    «Lorsque Girard écrit que les inté­rêts annuels sur la dette sont de 12 mil­liards de dol­lars, cela est tech­ni­que­ment vrai. Sauf qu’il «oublie» d’ajouter que le gou­ver­ne­ment ne sort pas de sa poche 12 mil­liards par année. Une par­tie de ces inté­rêts est une charge fic­tive d’intérêts qui n’entraîne aucun décaissement».…

    Pour­tant, si l’on regarde plus en détail ce qui est consi­déré comme une magie sans impact ( ie: charge fic­tive ), on peut ce deman­der qui est le plus malhonnête.

    Car la thèse de M. Gill est la sui­vante: l’inflation, com­bi­née à la crois­sance du PIB dimi­nuent de facon «magique» la dette. Donc le pays n’a pas à payer pour cela.…

    Rien n’est plus faux !
    L’inflation, c’est la perte de la valeur de l’argent due à une hausse de cette quan­tité d’argent. En d’autre mots, le gou­ver­ne­ment crée plus d’argent, ce qui en dimi­nue sa valeur.
    La gou­ver­ne­ment Cana­dien vise envi­ron 2% de déva­lua­tion de sa mon­naie annuellement.

    Mais cet déva­lua­tion, qui la paye ? C’est nous ! A chaque jour, ce que vaut un dol­lars est moins que la veille. Ceci a pour effet de faire fondre l’avoir de tous et cha­cun conti­nuel­le­ment mais len­te­ment. C’est la taxe la plus mal­hon­nête qui soit: celle qui vole en cachette…

    De plus, tous les cal­culs de M. Gill sont fait en com­bi­nant l’inflation ( envi­ron 2% ) et la crois­sance ( 1 a 2% ). Mais la crois­sance devrait nor­ma­le­ment faire dimi­nuer les prix à la consom­ma­tion ( et non les aug­men­ter ! ). Sans mani­pu­la­tion moné­taire, un pays en crois­sance verra ces prix à la consom­ma­tion bais­ser. Dans notre sys­tème, ce mou­ve­ment sur les prix est contré par encore plus de créa­tion d’argent. Ce per­met de dire que l’inflation réelle est l’inflation + la crois­sance du PIB.

    M. Gill nous dit que la dette du gou­ver­ne­ment a fon­due «par magie» de 3%, sans qu’on n’y fasse rien.…
    En repre­nant vos mots: c’est un men­teur ou un mani­pu­la­teur.…
    Ce 3% de dette dis­pa­rue, il ne s’est pas envolé ( croyez-vous encore au Père Noel ? ), vous l’avez payé par la déva­lua­tion de votre dollar.

    Une omis­sion de la part de M. Gill me direz-vous ?
    Non per­ti­nent me direz-vous ?
    Venant d’un écono­miste, ceci démontre bien quelle sont ses valeurs.… C’est à dire qu’un écono­miste qui passe sous silence la vrai rai­son et les consé­quences de «sa magie» n’est pas très honnête…

    Faire le débat à savoir si payer la dette gou­ver­ne­men­tale en déva­luant la mon­naie est mieux ou non est un bon débat. Mais pas­ser toute la dyna­mique moné­taire sous silence est très mal­hon­nête ( compte tenu de la basse connais­sance écono­mique des Québécois )

    «Un écono­miste sérieux disait récem­ment que les études de l’IEDM ne méri­te­raient même pas la note de pas­sage à l’université.»
    Il serait inté­res­sant d’entendre un de ces soit disant «écono­miste sérieux» nous expli­quer que l’inflation n’est pas due à une créa­tion d’argent et que les consé­quence sont néfastes pour tous.
    Nous expli­quer com­ment la théo­rie du «c’est de la magie» de M. Gill n’est pas du vol caché, par la déva­lua­tion monétaire…

    Et en pas­sant, pas néces­saire d’avoir un diplôme pour com­prendre quoi que ce soit dans cette dyna­mique économique…

    • momichel (73 comments) says:

      «Ceci a pour effet de faire fondre l’avoir de tous et cha­cun conti­nuel­le­ment mais len­te­ment.» Mes avoirs viennent de fondre brus­que­ment, comme cela est régu­liè­re­ment le cas dans notre sys­tème écono­mique. La spé­cu­la­tion finan­cière fait beau­coup plus de ravages que la «mani­pu­la­tion moné­taire» que vous dénoncez.

      L’inflation n’a pas attendu que les banques cen­trales créent de la mon­naie en réponse à la demande des agents pri­vés ou publics pour exis­ter. Elle fait par­tie intrin­sèque du capi­ta­lisme. Dès que PIB aug­mente, il y a for­cé­ment risque d’inflation. Ce que Gill dit, c’est que le fonc­tion­ne­ment du sys­tème écono­mique fait en sorte que la dette est rela­ti­ve­ment moins impor­tante avec la crois­sance écono­mique. Le ministre actuel des Finances ne dit pas le contraire.

      Pour ce qui est du «vol caché», parlez-en aux grands spé­cu­la­teurs de ce monde et à tous ceux qui ont empo­ché des primes fabu­leuses alors même que l’économie était à son plus bas!

  3. momichel (73 comments) says:

    Une page inté­res­sante pour mieux com­prendre les causes de l’inflation: cambiste.info http://www.cambiste.info/sdmpage/monnaie/infl10.p...

  4. momichel (73 comments) says:

    Une page inté­res­sante pour mieux com­prendre les causes de l’inflation: cambiste.info http://www.cambiste.info/sdmpage/monnaie/infl10.p...

  5. Francois (4 comments) says:

    «Mes avoirs viennent de fondre brus­que­ment, comme cela est régu­liè­re­ment le cas dans notre sys­tème écono­mique. La spé­cu­la­tion finan­cière fait beau­coup plus de ravages que la «mani­pu­la­tion moné­taire» que vous dénon­cez.»
    Assu­ré­ment. Mais accu­ser la spé­cu­la­tion finan­cière d’un mal quel­conque n’en rends pas moins l’inflation vertueuse.

    «L’inflation n’a pas attendu que les banques cen­trales créent de la mon­naie en réponse à la demande des agents pri­vés ou publics pour exis­ter. Elle fait par­tie intrin­sèque du capitalisme.»

    Donc l’inflation est par­tie intrin­sèque du capi­ta­lisme hein ? Selon quelle théo­rie peut-on affir­mer ceci.
    Même Wiki­pé­dia est en désa­cord avec cette affir­ma­tion que l’inflation est un mal du capi­ta­lisme : «Howe­ver, the consen­sus view is that a long sus­tai­ned per­iod of infla­tion is cau­sed by money sup­ply gro­wing fas­ter than the rate of eco­no­mic growth.»
    Dit autre­ment, une infla­tion de 2% sur une longue période n’a rien à voir avec des fluc­tua­tions du mar­ché mais bien avec une aug­men­ta­tion de la masse monétaire.

    «Dès que PIB aug­mente, il y a for­cé­ment risque d’inflation.»
    Effec­ti­ve­ment, il y a une risque.
    Mais pas par magie comme le laisse entendre cette affir­ma­tion.
    Il faut dis­tin­guer deux types de crois­sance.
    La crois­sance pro­vo­quée par la hausse de la force de tra­vail ( prin­ci­pa­le­ment l’immigration) et sur­tout par la hausse de l’efficacité de pro­duc­tion géné­rale. Par exemple, fabri­quer un grille-pain coûte plu­sieurs fois moins cher ( en éner­gie et en effort de main-d’œuvre ) qu’il y a 20 ans. Les tech­niques d’extraction et de pro­duc­tion du métal, les usines sont auto­ma­ti­sées, la dis­tri­bu­tion est glo­bale et plus effi­cace, etc.
    Ce genre de crois­sance réduit les prix des pro­duits de consom­ma­tion. ( à masse moné­taire égale ). Dans un monde infla­tion­niste comme le notre, cette infla­tion cache la hausse d’efficacité de pro­duc­tion. Il existe quand même quelques sec­teurs dont la crois­sance de la pro­duc­tion est plus grande que l’inflation tel les appa­reils élec­tro­niques et les ordi­na­teurs par exemple où l’on constate une baisse constante des prix ( et ce, mal­gré une hausse constante de la demande ).

    Cette crois­sance est la vrai crois­sance écono­mique. La crois­sance saine et réelle.

    L’autre crois­sance écono­mique est celle nour­rie par une aug­men­ta­tion de la masse moné­taire. Dans une tel cas, l’injection d’argent nou­vel­le­ment créé «dope» l’économie , trompe la société avec une richesse qui n’existe pas. (comme vous le savez, cet argent est créé par les banques cen­trales et la réserve frac­tion­naire des banques, sous forme de cré­dit ).
    Ce faux argent fait pen­dant un temps tour­ner l’économie à fond, la crois­sance écono­mique aug­mente. Mais ce n’est pas une crois­sance basée sur une meilleure façon de faire, ni sur une nou­velle quan­tité de pro­duc­teurs mais plu­tôt sur de l’argent qui n’est appuyée sur aucune richesse réelle.
    Et cette masse moné­taire, en plus de faire «tour­ner» l’économie pro­voque aussi (évidem­ment) de l’inflation.

    Et c’est pour cette rai­son que l’on peut affir­mer (sans que cela soit trop faux) que crois­sance du PID = risque d’inflation. En fait, la vraie équa­tion devrait plu­tot être: Infla­tion moné­taire = crois­sance écono­mique + infla­tion des prix.

    ( Suite dans le pro­chaine mes­sage car le logi­ciel dit que je suis trop bavard… :) )

  6. Francois (4 comments) says:

    Et puisque vous avez amené le sujet, ter­mi­nons cette his­toire de crois­sance écono­mique pour y démas­quer vos spéculateurs:

    Qui ( à part ceux qui croient encore au Père Noel ) croient qu’il est pos­sible de s’enrichir en créant de l’argent ? Evi­dem­ment que c’est futile. Si cela se fai­sait, nous serions tous énor­mé­ment riche sur terre depuis bien long­temps…
    Tout cet argent crée pour nour­rir la crois­sance écono­mique doit aller quelque part.

    Si cet argent cir­cule libre­ment dans l’économie, ceci cause une hausse de l’inflation au delà de la cible des banques cen­trales. Ces banques dimi­nuent alors le robi­net du cré­dit ( hausse du taux), la crois­sance ralen­tit. ( C’est ce qu’on appelle un «ralen­tis­se­ment écono­mique» de nos jours ).
    Sans ce contrôle du cré­dit, c’est l’hyperinflation qui attend au pro­chain virage, une écono­mie. Et l’hyperinflation est presqu’assurément la mort d’une économie.

    Dans beau­coup de cas, cet argent ( ce cré­dit ) ne cir­cule pas immé­dia­te­ment dans l’économie car il est uti­lisé pour des biens immo­bi­lier ou des pro­duits finan­ciers ( la bourse, etc ).
    Il n’a donc pas d’impact sur l’inflation ( des prix ), ce qui per­met aux banques cen­trales de main­te­nir à fond le flot de cré­dit ( et d’argent fic­tive )…
    C’est alors que se forme ces fameuses bulles écono­miques. Bulle qui tôt ou tard doivent faire face à la réa­lité, et c’est à ce moment que sur­vient la reces­sion. Qui est dans le fond un retour de l’économie à sa valeur réelle, à la vrai richesse du pays.

    Dans tout ceci, les acteurs de la finance sont ceux qui sont direc­te­ment sous le robi­net d’argent arti­fi­ciel. Evi­dem­ment qu’ils s’en mettent plein les poches: ima­gi­nez, de l’argent tout neuf qui n’appartient encore à per­sonne…
    Mais en même temps, ces «grands spé­cu­la­teurs» ne sont en fait que des petits voyous qui ramassent les cennes qui tombent des sacs des vrais grands voleurs.…

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