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cause toujours !

Le journalisme, un genre unidirectionnel

Date: 2009/11/25

À l’échelle de l’Histoire, le jour­na­lisme est un genre récent. À peine quelques secondes, si l’on rame­nait à 24 heures le temps écoulé depuis l’invention de l’écriture. La par­ti­cu­la­rité de ce genre lit­té­raire est de racon­ter des his­toires vrai­sem­blables parce que repo­sant sur la véri­fi­ca­tion des faits et sur la dis­tance de celui qui raconte l’histoire sous forme écrite, orale. Mais ce sont des his­toires. Avec un com­men­ce­ment et une fin.

Pen­dant quelques décen­nies, le jour­na­lisme a contri­bué à la santé des démo­cra­ties, parce qu’il était le seul genre acces­sible à une grande majo­rité de citoyens qui les aidait à com­prendre le monde immé­diat et plus loin­tain dans lequel ils vivaient. Cette époque est révo­lue. Désor­mais il est un genre parmi d’autres et il ali­mente de moins en moins notre conscience citoyenne.

Il l’alimente d’autant moins que l’intérêt pour le genre et ses diverses formes diminue.

Sa par­ti­cu­la­rité est d’être, encore en 2009, un genre uni­di­rec­tion­nel. La vérité va de ceux qui pra­tiquent le jour­na­lisme vers ceux qui lisent, regardent ou écoutent les his­toires nées de cette pratique.

Le pro­blème du jour­na­lisme, c’est que nos habi­tudes d’attention ont changé. Nous sommes de moins en moins nom­breux à prê­ter toute l’attention qu’elles néces­sitent à ces his­toires qu’on nous raconte dans les médias.

Pas convain­cus?

Com­bien de temps consacrez-vous par jour à en prendre connais­sance de ces his­toires, et quel pro­por­tion de celles-ci retiennent votre attention?

Pour ma part, je dérive sou­vent vers autre chose quand je m’attaque à un article ou que j’écoute ou regarde un reportage.

Quant aux chro­niques, édito­riaux et autres formes «d’opinions éclai­rées», je ne les lis plus que rare­ment. Manque d’intérêt ou manque de temps? Je penche plu­tôt par un manque d’intérêt puisque tout ce beau monde est tel­le­ment prévisible.

Reve­nons au jour­na­lisme qui a pour but de nous infor­mer. Pour­quoi ce défi­cit d’attention et sur­tout quel lien cela a-t-il avec le fait que ce soit un genre unidirectionnel?

Peut-être jus­te­ment est-ce la ten­dance à nous enfer­mer dans les his­toires racon­tées qui explique que nous ayons moins le goût de nous y attar­der. Le Web déve­loppe une habi­tude contraire. Les blogues notam­ment nous ont habi­tué à la tech­nique des hyperliens.

En d’autre terme, tu me racontes peut-être une belle his­toire, mais je veux en savoir plus. Guide-moi dans ma décou­verte de ce que tu ne fais qu’effleurer.

Mais peut-être suis-je le seul à sou­hai­ter un autre jour­na­lisme où les repor­tages seraient un com­men­ce­ment plu­tôt qu’une fin?


Filed under: Médias
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3 Comments

  1. […] This post was men­tio­ned on Twit­ter by Michel Monette and Louis-M. Pel­le­tier, Laurent Anne. Laurent Anne said: article à lire de @mimonette http://bit.ly/4Jj3V0 Le jour­na­lisme, un genre unidirectionnel […]

  2. Namaste (2 comments) says:

    Bravo pour votre article impres­sion­nant par son intel­li­gence. J’ai perdu confiance dans les médias. Par exemple, je ne com­prends tou­jours pas ce que nous fai­sons en Afgha­nis­tan. Ça serait pour construire des écoles pour les filles, ou pour obéir à une déci­sion de l’ONU ou. plus pro­fon­dé­ment, nos diri­geants sont des imbéciles,inconscients et cyniques. C’est ça l’information?

    • momichel (73 comments) says:

      Merci pour votre appré­cia­tion :-) À pro­pos de l’information sur l’Afghanistan, je vous invite à lire ce billet que j’ai écrit en mars 2008 http://blogueurcitoyen.com/archives/572 Les médias n’abordent pas la pré­sence cana­dienne avec ce type d’éclairage, hélas.

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