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Les groupes communautaires du Québec s’opposent à la page citoyenne et au vote électronique

Date: 2007/03/17

En ren­dant public son rap­port le 12 mars der­nier, après après une consul­ta­tion de deux ans menée auprès des groupes com­mu­nau­taires du Qué­bec, Com­mu­nau­tique lance un pavé dans la mare du gou­ver­ne­ment en ligne et du vote élec­tro­nique. Les groupes com­mu­nau­taires disent non au pro­jet gou­ver­ne­men­tal de don­ner à cha­cun sa page citoyenne et rejettent le vote élec­tro­nique. Trois rai­sons sont évoquées : les craintes rela­tives à la pro­tec­tion des ren­sei­gne­ments per­son­nels, la pré­sence d’une impor­tante frac­ture numé­rique, les dif­fi­cul­tés iden­ti­fiées dans diverses expé­riences de vote électronique.

Pour la cen­taine de groupes com­mu­nau­taires consul­tés, le gou­ver­ne­ment en ligne n’est pas une mau­vaise chose en soi, mais « les ser­vices élec­tro­niques et les consul­ta­tions en ligne [doivent être] des moyens com­plé­men­taires aux ser­vices offerts en direct aux per­sonnes et com­plé­men­taires à d’autres formes de consul­ta­tion de la popu­la­tion ». (Voir le rap­port syn­thèse : Le point de vue des groupes com­mu­nau­taires concer­nant le gou­ver­ne­ment et la démo­cra­tie en ligne.)
Déjà en jan­vier 2006, nous fai­sions part de la grande méfiance des milieux com­mu­nau­taires envers le gou­ver­ne­ment en ligne (Groupes com­mu­nau­taires et cyber­dé­mo­cra­tie). Dans son com­mu­ni­qué de presse, Com­mu­nau­tique craint que le gou­ver­ne­ment en ligne ne soit qu’un pré­texte pour dimi­nuer les ser­vices à la population.

Un autre sérieux bémol émit par les groupes com­mu­nau­taires, celui-ci envers les consul­ta­tions en ligne, est l’intérêt réel du gou­ver­ne­ment pour l’opinion des citoyens. Ceux-ci ne croient pas que les consul­ta­tions menées par le gou­ver­ne­ment don­ne­ront plus de résultats.

Voilà qui est ras­su­rant. Les groupes com­mu­nau­taires ont rapi­de­ment com­pris que la démo­cra­tie en ligne n’est pas une baguette qui chan­ge­rait comme par magie les joutes de pou­voir menant aux déci­sions politiques.

Le com­mu­ni­qué nous apprend aussi qu’il y a eu des échanges avec les par­tis poli­tiques et avec les fonc­tion­naires impli­qués dans le pro­jet de gou­ver­ne­ment et de démo­cra­tie en ligne. On se demande bien pour­quoi les réponses de cha­cun des par­tis poli­tiques ne viennent pas avec cette information.

Com­mu­nau­tique confirme cepen­dant nos appré­hen­sions (Démo­cra­tie et NTI au Qué­bec : rien en vue du côté des par­tis poli­tiques) : « nous retrou­vons très peu d’orientations claires dans les dif­fé­rents pro­grammes élec­to­raux nous per­met­tant de cer­ner la direc­tion que pren­dra ce pro­jet suite aux élec­tions et com­ment y seront inté­grées les pré­oc­cu­pa­tions sou­le­vées par les groupes et les experts dans le cadre de nos consultations. »

Voilà bien le plus inquié­tant. Le gou­ver­ne­ment en ligne est un pro­jet d’une très grande enver­gure qui va impli­quer des dépenses consi­dé­rables. Pour­tant, les par­tis poli­tiques sus­cep­tibles de for­mer le pro­chain gou­ver­ne­ment (libé­raux et péquistes) n’ont rien dit sur le sujet depuis le début de la cam­pagne élec­to­rale. Visi­ble­ment, ils ne diront rien non plus d’ici le 26 mars prochain.

Du côté de la démo­cra­tie en ligne, le meilleur enga­ge­ment que le futur gou­ver­ne­ment pour­rait prendre est de sor­tir ce dos­sier du gou­ver­ne­ment. Pour­quoi pas mettre sur pied un orga­nisme tota­le­ment neutre chargé des consul­ta­tions en ligne et de déve­lop­per diverses formes de démo­cra­tie en ligne, rele­vant direc­te­ment de l’Assemblée nationale ?

Si l’initiative ne vient pas de l’État, elle va bien finir par venir de la société civile, comme cela est déjà le cas chez nos voi­sins du sud et ailleurs dans le monde.

J’aimerais bien qu’on s’y mette au Québec.


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