Point de vue d'un citoyen sur l'information médiatisée.

Sortir des trous noirs

L’accès à l’information n’a jamais été aussi facile. Quelques clics et on apprend tout sur tout. Pourtant, quelques irréductibles Gaulois résistent à ces petits gestes si simples. Ici même à Québec, un animateur-radio vient d’apprendre à ses dépens que le monde ne sera jamais plus le même. Que le quidam étale son ignorance sur son écran d’ordinateur, passe encore. Il n’a aucune autorité et donc peu d’influence. Le problème, c’est quand se forment dans l’univers médiatique des trous noirs qui aspirent vers eux l’information intelligente pour soi-disant l’adapter au bénéfice de la masse. Heureusement, de la masse surgit désormais des contrepoids.

L’année 2009 a été une année charnière. La masse avait certes implosé avant, mais elle peut désormais se montrer très rapidement sous son vrai jour: un ensemble plus ou moins hétérogène, fait de multiples réseaux.

Depuis la nuit des temps, l’information circule en réseau.

Ce qu’il y a de nouveau, c’est que des individus qui sont des bougies d’allumage réussissent désormais à démarrer des ondes de choc qui se propagent à grande vitesse.

Faux sens unique

Pendant l’espace d’à peine quelques décennies, nous avions pu croire que l’information ÉTAIT celle que les médias déversaient quotidiennement. Tout le reste n’était que bruit susceptible de nuire à la transmission de cette information réputée bonne en soi.

Je me rappelle mes cours en relations publiques. Il fallait trouver comment formater les messages pour qu’ils soient repris par les médias et comment empêcher le “bruit” de nuire à leur réception par les divers publics que nous avions savamment segmentés.

Certes tout ceci s’était raffiné avec le temps, mais l’objectif demeurait le même: contrôler le message jusqu’à ce qu’il atteigne les yeux ou les oreilles de ceux à qui ils étaient destinés avec le maximum d’effets favorables.

Le rôle des journalistes était plus noble puisqu’ils devaient trouver et livrer de la façon la plus objective possible l’information.

Personne n’a jamais véritablement contrôlé ce que la masse décodait. Il y avait et il y a toujours beaucoup trop de variables pour pouvoir réussir un score parfait.

Certes les médias étaient [et demeurent] un grand abreuvoir d’informations. Mais les gens comme vous et mois buvions à plus d’un abreuvoir.

La crédibilité des médias demeurait cependant un de leurs grands atouts.

Une question de survie

Le paradoxe que nous vivons en ces temps du Web social, c’est que leur crédibilité est plus que jamais essentielle à leur survie.

Mais cette crédibilité, ce n’est pas que d’éviter des erreurs grossières de jugement (l’animateur en question s’en est excusé depuis, ce qui est tout à son honneur).

Cette crédibilité, c’est aussi et même surtout de ne pas tomber dans le piège de l’information facile, simplifiée à outrance, vite rédigée pour ne pas perdre la place dans le flot des messages qui nous arrivent désormais de partout.

Cette crédibilité, c’est enfin de devenir des lieux de références sur les questions qui font l’objet de nos débats de société.

On voit s’esquisser des expériences en ce sens ailleurs, notamment dans cette alliance entre le New York Times, le Washington post et Google, mais aussi dans d’autres initiatives telle celle dont j’ai parlé ici.

Allo la planète média Québec? On sort des trous noirs?


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One Response to “Sortir des trous noirs”

  1. haller says:

    mais pourquoi les journalistes se posent pas les bons questions devant les gens du gouvernement..

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