Un choix «écolonomique»
Les trois quarts du temps dans la région de Québec, les automobilistes sont seuls dans leur voiture. Les chiffres datent de 2008, mais on peut parier qu’ils n’ont guère changé depuis. D’un point de vue économique, c’est un mauvais choix. D’un point de vue écologique, c’est un très mauvais choix. Au contraire, investir davantage dans les transports en commun serait un choix judicieux, à la fois rentable pour les automobilistes et efficace comme moyen de réduire la pollution et la quantité de gaz à effet de serre. Qu’attendons-nous pour agir?
Saviez-vous qu’un dollar investi dans le transport en commun est plus rentable que l’équivalent investi dans le transport individuel en automobile? Selon la firme SECOR conseil, plus de la moitié des sommes dépensées pour l’automobile quitte le Québec. Cela s’explique, car nous ne produisons ni pétrole, ni voiture. En revanche, à peine 10% des sommes dépensées dans les transports collectifs partent pour l’étranger.
SECOR a aussi établi que le transport collectif permet de créer 1,7 fois plus d’emplois qu’un même montant investi dans l’automobile.
Attendez, ce n’est pas tout. La circulation automobile engendre un entretien très coûteux des infrastructures routières. Certains répliqueront que l’usage de l’automobile permet de se déplacer plus rapidement et plus efficacement? Pas à l’heure de pointe en tout cas. La congestion automobile entraîne des coûts très élevés en perte de temps et en consommation additionnelle de carburant, sans compter les dommages causés par la pollution.
Le nerf de la guerre
Comment renverser cette situation absurde? La façon la plus efficace est d’améliorer le transport collectif. Plus l’offre sera bonifiée, plus les gens utiliseront les moyens de transport collectif; plus les gens utiliseront les moyens de transport collectif, plus ceux-ci seront bonifiés. Ce n’est pourtant pas sorcier!
Tout le monde y gagnerait; autant les plus démunis que les personnes avec des revenus peu élevés, donc n’ayant pas les moyens de s’offrir une voiture, et même celles et ceux qui en ont les moyens, mais qui pourraient économiser des centaines, voire des milliers de dollars par année en faisant le choix du transport collectif.
N’est-il pas absurde que certains secteurs soient mal desservis par le transport en commun tandis que le Centre-ville, mieux desservi, subit l’assaut quotidien des automobiles ?
Même s’il est prouvé, deux fois plutôt qu’une, que le transport en commun est un excellent choix économique, on continue de faire reposer principalement sur les épaules des individus le coût de leur déplacement, ce qui empêche l’ensemble de la société de sauver des sommes considérables.
Un choix solidaire et rentable
Dans son dernier budget, le gouvernement du Québec a offert à la Ville de Québec la possibilité d’accroître ses revenus par le biais de la taxe sur l’essence. Cette offre, 1,5 cent par litre d’essence et qui pourrait aller en augmentant dans les prochaines années, représente à court terme un revenu annuel de 9 à 10 millions de dollars. Une telle somme permettrait d’améliorer de façon substantielle l’offre de transport en commun.
Jusqu’ici la Ville de Québec a refusé, mais tout n’est pas perdu. Même s’il est loin d’être chaud à l’idée, le maire Régis Labeaume a en effet avoué à la journaliste Karine Gagnon qu’il va «prendre le temps de réfléchir» (Journal de Québec, 30 mars 2010).
Car, cela est prouvé, le transport collectif est non seulement écologique, il est économique!
Note: les chiffres mentionnés dans ce texte proviennent d’un document intitulé « Synthèse des avantages économiques des transports collectifs », produit à l’occasion du Forum « Transports viables, transports rentables » qui a eu lieu le 24 septembre 2008 à l’École Nationale d’Administration publique. On peut le consulter sur la page http://www.transportsviables.org/documents.html (en ligne le 25 avril 2010).

Je ne peux qu’être tout à fait d’accord avec ce commentaire.
Le problème, c’est qu’on ne prend pas la peine d’utiliser le transport en commun, pour des raisons tout de même valables. Excluant les heures de pointe, prendre l’autobus demande plus de temps, sans compter l’inconfort que peut amener la présence d’autres personnes près de nous.
C’est clair : si les transports collectifs étaient plus efficaces, on y gagnerait tous. Pourtant, Québec (au municipal tant qu’au provincial) hésite. Un gros manque de volonté politique. Désolant.
Le réseau du RTC n’est pas si inefficace qu’on le dit, compte tenu de tous les investissements qui sont faits depuis quelques années (les articulés, les nouveaux parcours Métrobus et la modernisation de la flotte). Je suis allé souper au restaurant vietnamien, coin 1ère avenue et 18e rue dans Limoilou vers 20h, et je peux vous dire qu’il ne se passe pas deux minutes sans qu’un véhicule soit sur l’une des intersection. Et les gens l’utilisent.
On verra bien ce que le maire sortira de sa besace jeudi prochain alors qu’il doit dévoiler son plan de transport durable, mais si les informations de François Bourque se confirment, on risque de voir un autre bond en terme de qualité dans toute la région. Croisons-nous les doigts.
Complétement d’accord avec ce passage : Le problème, c’est qu’on ne prend pas la peine d’utiliser le transport en commun, pour des raisons tout de même valables. Excluant les heures de pointe, prendre l’autobus demande plus de temps, sans compter l’inconfort que peut amener la présence d’autres personnes près de nous.
Hum, c’est à peu près la même situation en France. Certaines villes font tout de même l’effort politique d’offrir un maillage “bus, tramway, métro…” suffisant (en termes de liaisons et de densité) pour commencer à être intéressant pour l’usager