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Un choix «écolonomique»

Date: 2010/06/04

Les trois quarts du temps dans la région de Qué­bec, les auto­mo­bi­listes sont seuls dans leur voi­ture. Les chiffres datent de 2008, mais on peut parier qu’ils n’ont guère changé depuis. D’un point de vue écono­mique, c’est un mau­vais choix. D’un point de vue écolo­gique, c’est un très mau­vais choix. Au contraire, inves­tir davan­tage dans les trans­ports en com­mun serait un choix judi­cieux, à la fois ren­table pour les auto­mo­bi­listes et effi­cace comme moyen de réduire la pol­lu­tion et la quan­tité de gaz à effet de serre. Qu’attendons-nous pour agir?

Saviez-vous qu’un dol­lar investi dans le trans­port en com­mun est plus ren­table que l’équivalent investi dans le trans­port indi­vi­duel en auto­mo­bile? Selon la firme SECOR conseil, plus de la moi­tié des sommes dépen­sées pour l’automobile quitte le Qué­bec. Cela s’explique, car nous ne pro­dui­sons ni pétrole, ni voi­ture. En revanche, à peine 10% des sommes dépen­sées dans les trans­ports col­lec­tifs partent pour l’étranger.

SECOR a aussi établi que le trans­port col­lec­tif per­met de créer 1,7 fois plus d’emplois qu’un même mon­tant investi dans l’automobile.

Atten­dez, ce n’est pas tout. La cir­cu­la­tion auto­mo­bile engendre un entre­tien très coû­teux des infra­struc­tures rou­tières. Cer­tains répli­que­ront que l’usage de  l’automobile per­met de se dépla­cer plus rapi­de­ment et plus effi­ca­ce­ment? Pas à l’heure de pointe en tout cas. La conges­tion auto­mo­bile entraîne des coûts très élevés en perte de temps et en consom­ma­tion addi­tion­nelle de car­bu­rant, sans comp­ter les dom­mages cau­sés par la pollution.

Le nerf de la guerre

Com­ment ren­ver­ser cette situa­tion absurde? La façon la plus effi­cace est d’améliorer le trans­port col­lec­tif. Plus l’offre sera boni­fiée, plus les gens uti­li­se­ront les moyens de trans­port col­lec­tif; plus les gens uti­li­se­ront les moyens de trans­port col­lec­tif, plus ceux-ci seront boni­fiés. Ce n’est pour­tant pas sorcier!

Tout le monde y gagne­rait; autant les plus dému­nis que les per­sonnes avec des reve­nus peu élevés, donc n’ayant pas les moyens de s’offrir une voi­ture, et même celles et ceux qui en ont les moyens, mais qui pour­raient écono­mi­ser des cen­taines, voire des mil­liers de dol­lars par année en fai­sant le choix du trans­port collectif.

N’est-il pas absurde que cer­tains sec­teurs soient mal des­ser­vis par le trans­port en com­mun tan­dis que le Centre-ville, mieux des­servi, subit l’assaut quo­ti­dien des automobiles ?

Même s’il est prouvé, deux fois plu­tôt qu’une, que le trans­port en com­mun est un excellent choix écono­mique, on conti­nue de faire repo­ser prin­ci­pa­le­ment sur les épaules des indi­vi­dus le coût de leur dépla­ce­ment, ce qui empêche l’ensemble de la société de sau­ver des sommes considérables.

Un choix soli­daire et rentable

Dans son der­nier bud­get, le gou­ver­ne­ment du Qué­bec a offert à la Ville de Qué­bec la pos­si­bi­lité d’accroître ses reve­nus par le biais de la taxe sur l’essence. Cette offre, 1,5 cent par litre d’essence et qui pour­rait aller en aug­men­tant dans les pro­chaines années, repré­sente à court terme un revenu annuel de 9 à 10 mil­lions de  dol­lars. Une telle somme per­met­trait d’améliorer de façon sub­stan­tielle l’offre de trans­port en commun.

Jusqu’ici la Ville de Qué­bec a refusé, mais tout n’est pas perdu. Même s’il est loin d’être chaud à l’idée, le maire Régis Labeaume a en effet avoué à la jour­na­liste Karine Gagnon qu’il va «prendre le temps de réflé­chir» (Jour­nal de Qué­bec, 30 mars 2010).

Car, cela est prouvé, le trans­port col­lec­tif est non seule­ment écolo­gique, il est économique!

Note: les chiffres men­tion­nés dans ce texte pro­viennent d’un docu­ment inti­tulé « Syn­thèse des avan­tages écono­miques des trans­ports col­lec­tifs », pro­duit à l’occasion du Forum « Trans­ports viables, trans­ports ren­tables » qui a eu lieu le 24 sep­tembre 2008 à l’École Natio­nale d’Administration publique. On peut le consul­ter sur la page http://www.transportsviables.org/documents.html (en ligne le 25 avril 2010).


Filed under: Environnement, Société, Économie
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4 Comments

  1. Étienne Ferron-Forget (2 comments) says:

    Je ne peux qu’être tout à fait d’accord avec ce commentaire.

    Le pro­blème, c’est qu’on ne prend pas la peine d’utiliser le trans­port en com­mun, pour des rai­sons tout de même valables. Excluant les heures de pointe, prendre l’autobus demande plus de temps, sans comp­ter l’inconfort que peut ame­ner la pré­sence d’autres per­sonnes près de nous.

    C’est clair : si les trans­ports col­lec­tifs étaient plus effi­caces, on y gagne­rait tous. Pour­tant, Qué­bec (au muni­ci­pal tant qu’au pro­vin­cial) hésite. Un gros manque de volonté poli­tique. Désolant.

  2. Claude Boucher (1 comments) says:

    Le réseau du RTC n’est pas si inef­fi­cace qu’on le dit, compte tenu de tous les inves­tis­se­ments qui sont faits depuis quelques années (les arti­cu­lés, les nou­veaux par­cours Métro­bus et la moder­ni­sa­tion de la flotte). Je suis allé sou­per au res­tau­rant viet­na­mien, coin 1ère ave­nue et 18e rue dans Limoi­lou vers 20h, et je peux vous dire qu’il ne se passe pas deux minutes sans qu’un véhi­cule soit sur l’une des inter­sec­tion. Et les gens l’utilisent.

    On verra bien ce que le maire sor­tira de sa besace jeudi pro­chain alors qu’il doit dévoi­ler son plan de trans­port durable, mais si les infor­ma­tions de Fran­çois Bourque se confirment, on risque de voir un autre bond en terme de qua­lité dans toute la région. Croisons-nous les doigts.

  3. en travaux (1 comments) says:

    Com­plé­te­ment d’accord avec ce pas­sage : Le pro­blème, c’est qu’on ne prend pas la peine d’utiliser le trans­port en com­mun, pour des rai­sons tout de même valables. Excluant les heures de pointe, prendre l’autobus demande plus de temps, sans comp­ter l’inconfort que peut ame­ner la pré­sence d’autres per­sonnes près de nous.

  4. Lucie - Objet Publicitaire (1 comments) says:

    Hum, c’est à peu près la même situa­tion en France. Cer­taines villes font tout de même l’effort poli­tique d’offrir un maillage “bus, tram­way, métro…” suf­fi­sant (en termes de liai­sons et de den­sité) pour com­men­cer à être inté­res­sant pour l’usager