michelmonette.net

cause toujours !

Techno Web et citoyenneté à l’École d’été du Nouveau Monde

Date: 2007/08/27

Chose pro­mise, chose due. Voici le texte de la pré­sen­ta­tion que j’ai don­née dans le cadre de l’École d’été du Nou­veau Monde, comme pané­liste invité au côté de Patrick Lagacé et Jean Oui­met. Les ques­tions de l’auditoire étaient dans l’ensemble per­ti­nentes, ce qui est un com­pli­ment de la part de quelqu’un qui a eu le pri­vi­lège d’enseigner quelques années à des jeunes uni­ver­si­taires, et l’organisation tout à fait à la hau­teur de l’INM. Je vous ai épar­gnés les pré­sen­ta­tions d’usage.

« C’est à titre de blo­gueur, comme des mil­lions d’autres, que je suis ici, aujourd’hui. C’est à ce titre que j’ai accepté l’invitation. Un mot d’abord sur mon par­cours de blo­gueur. Il a com­mencé à l’automne 2004, alors que j’ai créé «BS Blogue social», devenu depuis lors soblogue.com, avec quelque 200 000 pages lues comme pro­jec­tion pour l’année 2007. Pour­quoi ais-je créé ce blogue ? La réponse va vous sem­bler banale, mais en même temps elle est tel­le­ment vraie de plu­sieurs ini­tia­tives comme la mienne : pour com­prendre. Je vou­lais explo­rer une grave ques­tion et je savais que j’en aurais pour des années à le faire : com­ment il se fait qu’il y ait tant de misère dans un monde par ailleurs si riche ? Je ne m’en cache pas, ma pers­pec­tive est plus à gauche, quoique que je ne sois pas un doc­tri­naire. En 2005 est sur­venu un autre événe­ment, qui lui explique bien davan­tage ma pré­sence ici : l’introduction à grande échelle du vote élec­tro­nique lors des élec­tions muni­ci­pales. J’ai alors pondu quelques textes sur Agoravox.fr (qui m’avait invité à faire parti des rédac­teurs quelques mois plus tôt), un peu avant les élec­tions, pen­dant les élec­tions (his­toire de racon­ter com­ment s’était déroulé le vote) et après les élections.

ll se trouve que nous avons été quelques Qué­bé­cois à échan­ger sur le sujet avec un Fran­çais qui s’intéressait à la ques­tion : Pierre Mul­ler (ordinateur-de-vote.org). J’avais alors démarré techmocratie.org et j’ai rapi­de­ment réa­lisé qu’on ne pou­vait pas iso­ler la ques­tion du vote élec­tro­nique de la ques­tion beau­coup plus vaste de la démo­cra­tie électronique.

Comme je le fai­sais dans le cas du déve­lop­pe­ment humain, je me suis mis à fouiller cet autre vaste champ avec une ques­tion en tête : est-ce que la démo­cra­tie et les nou­velles tech­no­lo­gies sont com­pa­tibles. Puis j’ai fini par com­prendre autre chose et j’ai changé le titre du blogue qui est devenu, depuis peu «Le blo­gueur citoyen». J’ai com­pris que la démo­cra­tie est un tout et qu’on ne peut pas sépa­rer une réflexion sur les outils d’une réflexion sur son essence même. D’ailleurs c’est tel­le­ment vrai qu’un des para­doxes actuels de la démo­cra­tie est qu’on assiste à un désen­ga­ge­ment élec­to­ral au moment même où il n’y aura jamais eu autant de citoyens à s’exprimer grâce aux pos­si­bi­li­tés qu’offre Inter­net, et en par­ti­cu­lier le Web.

La réponse à la ques­tion de savoir si démo­cra­tie et TIC sont com­pa­tibles est «oui mais». Tout est, vous vous en dou­tez bien, dans ce petit mais.

Oui, pour en venir plus direc­te­ment au sujet de ce panel, Inter­net est un for­mi­dable outil au main des citoyens. La carac­té­ris­tique essen­tielle du Net, qu’il ne faut jamais perdre de vue, est de per­mettre le regrou­pe­ment spon­tané de com­mu­nau­tés d’intérêt. Je navigue depuis 1997 et cette grande capa­cité de regrou­pe­ment autour d’intérêts com­muns que per­met le réseau Inter­net m’a tou­jours frappé. Le réseau demeure, mal­gré le Net com­mer­cial, un for­mi­dable levier d’échange pour à la fois créer et dif­fu­ser de l’information qui mobilise.

Ça explique peut-être une cer­taine déroute des gou­ver­ne­ments, qui explique peut-être le désen­ga­ge­ment électoral.

Trois mises en garde cependant :

  1. Le nombre d’êtres humains qui vivent une situa­tion de liberté (46 sur 100 selon le der­nier rap­port de Free­dom House dis­po­nible sur freedomhouse.org) et d’absence de liberté.
  2. Le nombre d’êtres humains ayant accès à Inter­net (12 per­sonnes sur 100 dans le monde ont un ordi­na­teur ; 3 sur 100 ont un accès inter­net, selon les chiffres de la Fon­da­tion Donella, du nom de Donella Mea­dows qui a publié en 1990 “State of the Vil­lage Report” (la popu­la­tion entière de la Terre réduit sta­tis­ti­que­ment à un vil­lage de 100 per­sonnes), mis à jour cette années sur le site miniature-earth.com/. Selon d’autres chiffres (internetworldstats.com) : 1,173,109,925 ou 17.8 % de la popu­la­tion mon­diale auraient un accès Inter­net : 70% de la popu­la­tion Nord amé­ri­caine, 40% de la popu­la­tion de l’Europe, mais un peu moins de 12% de la popu­la­tion asia­tique (qui n’en forme pas moins 37% des usa­gers dans le monde) et un maigre 3% de la popu­la­tion afri­caine. Près de 18 per­sonnes sur 100 ayant un accès Inter­net, ce n’est guère plus élevé que les chiffres de la Fon­da­tion Donella.
  3. Le nombre d’être humains qui­peuvent pro­fi­ter des appli­ca­tions du Web 2.0 plus gour­mande en bande pas­sante : le quart des inter­nautes dans le monde auraient une connexion haute-vitesse (source : http://networkblog.itproportal.com/?p=400). C’est plus de 90% de l’usage domes­tique en Corée du sud, 63% au Canada, mais 50% aux États-Unis (source : http://www.websiteoptimization.com/bw/0704/). N’oublions pas que les États-Unis sont un para­doxe en soi, la richesse la plus extra­va­gante y côtoie une pau­vreté inima­gi­nable dans un pays aussi riche.

Un constat aussi, qui compte quand on parle de nou­velles tech­no­li­gies et démo­cra­tie : 7 per­sonnes sur 100 dans le monde on une éduca­tion de niveau secon­daire ou plus. Sept sur cent seulement.

La frac­ture numé­rique touche près de 30% de la popu­la­tion du Qué­bec. Le phé­no­mène a été décrit, dans la Pla­te­forme qué­bé­coise de l’Internet citoyen, comme «rele­vant d’un accès inégal en rai­son des nom­breuses bar­rières d’ordre écono­mique, géo­gra­phique, social, éduca­tion­nel, lin­guis­tique, phy­sique, cultu­rel, géné­ra­tion­nel, de genre, qui empêchent les citoyens et les citoyennes soit d’accéder, soit de contri­buer au contenu véhi­culé ou soit à son usage appro­prié.» D’accéder ou de contri­buer et d’en faire usage.

Cette frac­ture ne tien­drait pas qu’à des ques­tions de sous ou d’éducation. Une toute récente étude de Pew Inter­net conclut que les adultes Amé­ri­cains qui ont une connexion basse-vitesse (15%) ou par de connexion Inter­net du tout (autour de 30%), n’ont pas non plus une atti­tude très posi­tive envers les nou­velles tech­no­lo­gies. Plu­sieurs craignent le déluge infor­ma­tion­nel et très peu lient les TIC à la pos­si­bi­lité d’un plus grand contrôle sur leur propre des­ti­née. Un grand nombre voient le cybe­res­pace comme un lieu dangereux.

En France, près de 40% de la popu­la­tion ne serait jamais confron­tée à l’informatique. Il s’agit prin­ci­pa­le­ment des plus de 60 ans, des per­sonnes peu diplô­mées et des per­sonnes vivant dans un foyer per­ce­vant moins de 1 500 Euros men­suels. Au-delà de 60 ans, 80 à 95% de la popu­la­tion ne se connecte jamais. C’est aussi le cas de 87% des non-diplômés et de 65% des per­sonnes vivant dans des foyers modestes”. Source : CREDOC (Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Condi­tions de Vie) dans son étude de novembre 2006 sur «La dif­fu­sion des tech­no­lo­gies de l’information dans la société fran­çaise».

Il faut gar­der en tête cette réa­lité quand on parle d’usage citoyen des nou­velles tech­no­lo­gies, notam­ment, en ce qui nous concerne aujourd’hui, celles du Net.

Géné­ra­le­ment, face à un phé­no­mène nou­veau de l’ampleur de celui dont nous débat­tons aujourd’hui, il y a deux clans : le clan des scep­tiques et le clan des opti­mistes. Moi je suis dans un troi­sième camp, celui des sep­ti­mistes, tan­tôt scep­tique, tan­tôt opti­miste. Tout dépend de ce que j’apprends, à mesure que j’explore ce vaste champ de l’impact des tech­no­lo­gies de l’information et de la com­mu­ni­ca­tion sur la démocratie.

Mon opti­misme tient à ce que la démo­cra­tie, désor­mais, n’appartient ni aux poli­ti­ciens, ni aux jour­na­listes, chro­ni­queurs et édito­ria­listes, ni aux son­deurs, ni aux fai­seurs d’opinion, ni même aux uni­ver­si­taires, et encore moins au direc­teur géné­ral des élec­tions du Qué­bec. Mais cela, je suis à peu près cer­tain qu’il s’en était rendu compte avant même que ne débute le der­nier scru­tin élec­to­ral au Qué­bec. Le pauvre ne savait juste pas ce qui l’attendait. Le recul sur le port du voile qui cache le visage lors du vote est un bon exemple de la force nou­velle et tota­le­ment impré­vi­sible que peut prendre l’expression popu­laire grâce à Inter­net. En quelques heures se tra­mait le plus beau scru­tin déguisé de mémoire de Qué­bé­cois. On regrette presque que le DGE soit revenu sur sa décision.

Bien sûr, nous n’en sommes pas à l’idéal de l’agora grecque antique. Pour cela, il fau­drait aller plus loin que d’ébranler les colonnes du temple.

J’aime bien, per­son­nel­le­ment, l’avenu que pro­pose la cita­tion sui­vante, extraite d’un ouvrage à lire même s’il véhi­cule l’idée d’une sorte de com­plot mon­dial et que per­son­nel­le­ment je suis plu­tôt aller­gique à ce genre d’idée :

« La révo­lu­tion libé­rale des années 1980 n’appelle pas une contre-révolution étatiste qui remet­trait les com­mandes de l’économie aux mains du pou­voir cen­tral. Elle appelle une révo­lu­tion démo­cra­tique qui refon­de­rait une culture du bien com­mun et remet­trait les com­mandes du pou­voir aux mains de tous les citoyens » (Jacques Géné­reux. La dis­so­ciété. page 77).

Remettre les com­mandes du pou­voir (non pas le pou­voir, mais les com­mandes du pou­voir, nuance impor­tante) aux mains de tous les citoyens.

Une autre cita­tion indique, elle, le che­min à par­cou­rir : «Les débats ne se font pas au Par­le­ment et le légis­la­tif a ten­dance à gou­ver­ner de plus en plus en vase clos.» Elle est de la dépu­tée sor­tante de Rimouski, tout juste avant les der­nières élec­tions qué­bé­coises. Une députée…

À la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive qu’on sent bien en état de crise — (cer­tains n’hésitent pas même à par­ler d’échec de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive parce que «les experts, les sages et les lob­byists auraient le haut du pavé» ; un constat fait par Pierre Barré dans une étude sur le déve­lop­pe­ment de la blo­go­sphère citoyenne locale faite à l’automne 2006 pour ARTESI Ile de France) —, à cette démo­cra­tie repré­sen­ta­tive donc, on vou­drait oppo­ser la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive avec ses ver­tus curatives.

En somme, si les dépu­tés ne sont plus capables de débattre des enjeux qui pré­oc­cupent les citoyens, ceux-ci vont s’en char­ger direc­te­ment et les nou­veaux moyens d’expression élec­tro­nique vont deve­nir des sortes de caisses de réso­nance de la volonté citoyenne. Cer­tains même vou­draient que la démo­cra­tie se résume à une sorte de prise de déci­sion par des groupes témoins, son­dés élec­tro­ni­que­ment pour savoir en tout temps ce que pense le peuple.

Lors des ren­contres d’Autrans 2007 qu’on peut regar­der encore aujourd’hui (25 août 2007) sur le Web (La démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive aux regards des géné­ra­tions Inter­net http://www.webcastors.net/autrans/index02.html on a réuni une table ronde de blo­gueurs de tous âges à qui l’animatrice a demandé de défi­nir la « démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive » (http://www.michelmonette.net/?p=338)

Cer­tains ne savaient pas vrai­ment quoi répondre, mais il en est tout de même res­sorti trois carac­té­ris­tiques, grâce il est vrai à la pré­sence de deux repré­sen­tants des prin­ci­paux can­di­dats aux présidentielles :

  1. L’implication des citoyens.
  2. Le par­tage du pou­voir de déci­sion (prendre part à la prise de déci­sion, avant, pen­dant et après celle-ci)
  3. La com­plé­men­ta­rité avec la démo­cra­tie représentative.

L’implication des citoyens certes, encore faut-il dis­tin­guer entre les citoyens à tra­vers le milieu com­mu­nau­taire et les «simples citoyens». Au Qué­bec, à l’origine, les groupes com­mu­nau­taires se sont appa­ren­tés à des comi­tés de citoyens. La par­ti­ci­pa­tion poli­tique dite citoyenne a donc d’abord été une par­ti­ci­pa­tion com­mu­nau­taire. Ce n’est pas pour rien que Fran­çoise David a créé Option citoyenne avant de par­ti­ci­per à la créa­tion de Qué­bec soli­daire. C’était en quelque sorte la voie royale de l’implication citoyenne.

Or, les choses sont en train de chan­ger, en bonne par­tie grâce (cer­tains diraient à cause) du Web.

Il y a des citoyens de droite qui émergent (les droi­tistes) et reven­diquent jus­te­ment ce titre qu’ils ne veulent pas lais­ser au milieu com­mu­nau­taire (le répu­bli­ca­nisme civique né aux États-Unis pour­raient bien faire de plus en plus d’émules au Québec).

Il y a aussi des citoyens de gauche (par exemple, la blo­go­liste Gau­chistes) qui, comme moi, sont pour la plu­part issus d’une autre filière que la filière communautaire.

Il y a enfin des citoyens qui ne savent pas trop s’ils sont de droite ou de gauche, mais qui savent ce qu’ils veulent.

Bref, le pay­sage se diver­si­fie, mais tout cela se fait encore à échelle réduite. Mais atten­tion à l’outillage de la société civile, comme le sou­li­gnait Yves Dupré, quelqu’un qui a pas­sa­ble­ment roulé sa bosse dans le domaine des com­mu­ni­ca­tions, lors de la Jour­née des com­mu­ni­ca­tions gou­ver­ne­men­tales 2006 (archi­vée sur le Web http://www.forumdc.gouv.qc.ca/journee06/journee06.asp) : il y a 25 ans, on ne s’imaginait pas que de simples citoyens, des gens qui ne sont pas des per­son­nages « offi­ciels », pou­vaient avoir un impact dans les médias. Aujourd’hui c’est le cas et même si cet outillage est encore à un stade embryon­naire, la société civile, voire même le simple citoyen, peut de mieux en mieux influen­cer l’opinion publique.

Ce qui ne se pro­duit pas encore ici, mais qui se pro­duit ailleurs (aux États-Unis, en France, par exemple), c’est du mili­tan­tisme en dehors des réseaux mili­tants tra­di­tion­nels, né spon­ta­né­ment et nourri dans le Web. Pour les poli­ti­ciens, c’est embê­tant parce que c’est tota­le­ment impré­vi­sible. Les mili­tants tra­di­tion­nels, les poli­ti­ciens les connaissent, peuvent même trou­ver une riposte effi­cace, mais ces nou­veaux mili­tants qui décident d’embrasser une cause sans renon­cer à leur liberté au nom de la cause, ça peut faire un joli mélange explosif.

Des exemples ?

On connaît tous l’histoire de Bev Har­ris, cette grand-mère qui a décidé d’alerter l’opinion publique amé­ri­caine sur les dan­gers du vote élec­tro­nique. Elle a fait de nom­breux émules, au point où le débat sur la ques­tion du vote élec­tro­nique a même donné lieu à de grandes ren­contres citoyennes à l’échelle des États-Unis. Au Qué­bec heu­reu­se­ment, les seules élec­tions mas­si­ve­ment élec­tro­niques ont été tel­le­ment mal fou­tues que ça va prendre des années avant d’en revoir. Le pire est qu’on a même pas eu besoin d’évoquer un quel­conque com­plot. Les four­nis­seurs se sont pen­dus avec les bits qu’on leur avaient donnés.

Bien sûr, il y a aussi l’exemple connue de ce citoyen, Étienne Chouard, qui a sym­bo­lisé l’opposition citoyenne à la consti­tu­tion européenne.

Ici au Qué­bec. on voit des citoyens four­bir leurs armes dans des blogues, dans face­book… Ça commence.

Je pour­rais conti­nuer (vous par­ler, par exemple de Congress­pe­dia, cette ency­clo­pé­die citoyenne sur le Congrès amé­ri­cains ali­menté par des inter­nautes qui fouillent dans les docu­ments du Congrès et suivent les acti­vi­tés par­le­men­taires et autres des élus), mais je vais me conten­ter de mettre le doigt sur le « saut quan­tique » qui aura per­mis aux « simples citoyens » d’influencer l’opinion publique, et donc les élus : les blogues. Com­bi­nés à Google, pas seule­ment Google bien sûr, mais la capa­cité de trou­ver l’information que sym­bo­lise Google, de plus en plus de citoyens sont de mieux en mieux infor­més, et ils s’organisent de plus en plus pour le faire savoir sur la place publique grâce aux blogues.

Cer­tains diront qu’un blogue, c’est comme une bou­teille à la mer, tel­le­ment il y en a. Curieu­se­ment, plu­sieurs de ces bou­teilles se rendent à bon port.

Dans une étude de la George Washing­ton University’s Ins­ti­tute for Poli­tics, Demo­cracy, and the Inter­net, Joseph Graf et Carol Darr ont constaté en 2004 (il y a déjà trois ans, une éter­nité dans le cybe­res­pace) que plus 69 % des lec­teurs de blogues sont aussi des lea­ders d’opinion auprès de leur famille, de leurs amis immé­diats et de leurs col­lègues de tra­vail — en plus de l’audiance qu’ils ont sur leur propre blogue. [Graf, Joseph, and Carol Darr. Poli­ti­cal influen­tials online in the 2004 Pre­si­den­tial Cam­paign. Ins­ti­tute for Poli­tics, Demo­cracy and the Inter­net, George Washing­ton Uni­ver­sity (Washing­ton, DC, February 2004)].

Les blo­gueurs, ont le constate, ont de plus en plus ten­dance à se regrou­per soit pour écrire à plu­sieurs un blogue, soit dans une blo­go­liste à ten­dance poli­tique évidente qu’ils dif­fusent sur plu­sieurs blogues. De là naissent d’autres ini­tia­tives, comme par exemple lenoyau.org qui vise à four­nir une aide aux indi­vi­dus qui veulent se regrou­per pour défendre une cause (dans de cas-ci l’indépendance du Québec).

Je dirais, en ter­mi­nant, qu’à côté de cette effer­ves­cence mon­tante, l’absence de volonté poli­tique de favo­ri­ser la par­ti­ci­pa­tion citoyenne dans nos ins­tances démo­cra­tiques et la ten­dance à s’en remettre à des solu­tions implan­tées à la hâte quand vient le temps de bou­ger sont plu­tôt déso­lants. Cela tient sans doute au fait que la démarche de nos élus en est une qui part, encore en 2007, du haut vers le bas. Le contraire est plu­tôt rare.

Jus­te­ment, à pro­pos de par­ti­ci­pa­tion citoyenne par le Web aux tra­vaux d’une com­mis­sion, la Com­mis­sion de consul­ta­tion sur les pra­tiques d’accommodement reliées aux dif­fé­rences cultu­relles, est une autre occa­sion ratée d’utiliser les nou­velles technologies.

Pour conclure, je par­tage la crainte de Com­mu­nau­tique qu’une par­tie de la popu­la­tion soit oubliée à cause de la frac­ture numé­rique que j’ai évoquée tan­tôt, mais j’ai aussi la cer­ti­tude que l’utilisation des nou­velles tech­no­lo­gie va don­ner plus de pou­voirs aux citoyens que nous sommes tous.

Je vous remer­cie de votre attention. »


Filed under: Démocratie
Tags: , , , ,

Comments are closed.

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes