On a les médias qu’on mérite
En 2002, lors du colloque Médias et démocratie tenu à l’Université du Québec à Hull, le journaliste maintenant retraité Pierre Vennat s’exclamait, à la fin d’un long réquisitoire contre l’information-spectacle et la domination du marketing sur le contenu rédactionnel : vous voulez de la qualité : exigez-la. (Le vrai danger : l’information spectacle. Si on a les gouvernements qu’on mérite, se pourrait-il qu’on ait les médias qu’on mérite?)
Lisez le texte de la conférence. Il est prémonitoire à deux titres : d’abord parce qu’en le lisant, on se rend compte que le lock-out actuel au Journal de Québec était aussi prévisible que la réaction de Martineau qui s’en lave les mains ; ensuite, parce qu’il laisse entrevoir les résultats des dernières élections au Québec. Ça, c’était aussi prévisible que la performance lamentable d’André Boisclair.
Lisez Vennat, vous verrez !

Merci de nous signaler ce texte. C’est effectivement très intéressant à lire.
Il y a juste une affaire, dans ce genre de débat je me suis demandé si c’était pas un peu l’éternel problème de l’oeuf ou de la poule. En effet, est-ce que les médias consomment de la merde parce qu’ils aiment ça ou n’est-ce pas plutôt parce que c’est tout ce qu’on leur offre? Est-ce la demande qui détermine l’offre ou le contraire???
Je crois que les journalistes, qui sont des fouilles merdes par excellence, sont en mesure d’en faire de la grande information. Le problème est qu’ils travaillent dans des conditions telles qu’ils ne peuvent pas le faire. Ce qui serait bien, c’est que la puissance que représentent les citoyens blogueurs puisse être harnachée au point que le système média commercial soit menacé. Bon d’accord, on a toujours le droit de rêver.
J’ai bien hâte de voir ce que va donner l’Aut’journal. Pierre Dubuc que j’ai rencontré récemment à Sorel, m’a dit que c’était vraisemblablement pour la mi-juin.
[…] La réalité est beaucoup plus subtile que cela. Certes il y a carrément des cas de conflit d’intérêt. Au-delà de ceux-ci, devenus inévitables, les médias sont tombés dans le piège de ne plus rechercher en toute chose à défendre l’intérêt public, mais plutôt de chercher à plaire à un lectorat dont on tentait de cerner les goûts à l’aide de groupes-témoins et autres techniques de marketing (On a les médias qu’on mérite). […]