La gauche québécoise doit serrer les coudes
Nous sommes à quelques jours d’un événement qui se veut un véritable happening de toutes celles et ceux qui se veulent progressistes: le Forum social québécois. Il va y avoir plus de 315 ateliers et quatre grandes conférences : Québec-Amériques : quelles solidarités? [Dorval Brunelle (Observatoire des Amériques, Québec), Pierre-Yves Serinet (RQIC, Québec), Myriam Nobre (Marche mondiale des Femmes, Brésil), Maude Barlow (Conseil des Canadiens, Canada), Helga Serrano (International No Bases Network/YMCA, Équateur), Elisabeth Peredo (Fundación Solón, Bolivie)]. Contre la privatisation de nos services publics et nos ressources naturelles [Sylvie Paquerot (Université Ottawa, Canada), Marie Pelchat (Clinique communautaire de Pointe-St-Charles, Québec), Georges Leroux (UQAM, Québec), Serge Roy (AQCME, Québec), Jean Dulac (CGT, France)]. Affirmer nos droits, enrichir notre démocratie [Peter Leuprecht (IEIM, Québec), Michèle Asselin (FFQ, Québec), Lorraine Guay (D’abord solidaires, Québec), Chico Whitaker (Conseil international du FSM, Brésil), Ellen Gabriel (Femmes Autochtones du Québec, Québec)]. Un Québec riche de toutes ses régions [Blanche Paradis (Réseau des tables régionales des groupes de femmes du Québec), Jacques Proulx (Solidarité rurale, Québec), Ghislain Picard (Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador), Janet Mark (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)].
Je serai parmi les nombreux participants à ce Forum unique dans l’histoire du Québec. Qui sait si cette grande rencontre ne sera pas, pour la gauche, le coup de pouce qu’il lui faut pour resserrer les liens et faire front commun contre le rapetissement social que proposent les partis politiques plus à droite sur l’échiquier politique ?
Depuis quelques mois, j’écris et je réfléchis sur l’avenir de la gauche québécoise. Je constate une certaine méfiance au sein des diverses tendances. Je crois qu’il faut aller au-delà de cette méfiance et mettre plutôt l’accent sur ce qui nous unit : un sentiment de justice et de solidarité sociales qui ne s’est pas écroulé avec le mur de Berlin en 1989.
Ce n’est pas vrai que la course à l’enrichissement individuel, le casinotalisme, est un gage d’enrichissement collectif. Au contraire. De larges pans de la société américaine s’appauvrissent à mesure qu’un petit groupe de privilégiés s’enrichissent. Voulons-nous cela ici, au Québec ?
Pour ma part, je refuse de me laisser séduire par ces sirènes qui nous mènent tout droit vers des récifs que voient venir les plus lucides parmi les partisans du capitalisme. Qui sait, par exemple, que nos chères banques centrales viennent de donner leur bénédiction au capitalisme spéculatif en prêtant à rabais des milliards de dollars aux banques imprudentes qui ont misé sur des fonds tellement spéculatifs que de jouer à la roulette russe serait moins dangereux ?
Pourtant, on les récompense. Les dirigeants d’entreprises chinoises pris en faute ont au moins le courage de tirer les conséquences de leurs actes.
Pendant ce temps, aveuglés par leur idéologie du prêt-à-porter économique, les droitistes nous reprochent d’être des empêcheurs de tourner en rond ! Le jour où leur beau château de cartes va s’effondrer, emporter comme un fétu de paille par le vent de leur insouciance intellectuelle, nous allons tous, malheureusement, souffrir à cause de leur entêtement à croire que «The sky is the limit».
The sky is not the limit. Icare l’a appris à ses dépend jadis. Mais l’éblouissement de la «Star économie» aveugle nos amis droitistes, au point où leur cerveau refuse de réfléchir aux conséquences du chacun pour soi.
Il suffit qu’un quelconque quidam prenne ses rêves pour des réalités pour qu’ils se prosternent devant lui. C’est contre une telle attitude que nous devons resserrer les rangs. C’est contre un tel entêtement à ne pas voir que le laisser-faire est la voie directe vers une société de plus en plus malade de sa richesse que nous devons lutter.
Refusons le simplisme. Refusons l’idéologisme réducteur. Nous avons un monde de solidarité à reconstruire. À Montréal d’abord du 23 au 26 août, dans le reste du Québec, envahi par la gangrène d’un capitalisme déchaîné, par la suite.


C’est un rendez-vous !
Je serais d’ailleurs bien curieux de savoir qui y sera.
Hello !vBillet très pertinent
cependant j’ai du aml à comprendre : “observatoire des ameriques, quebec” … bonne continuation !:)