Le pavé de l’ours
Certains d’entre vous connaissent sans doute cette fable de Lafontaine dans laquelle un ours bien intentionné lance un pavé en direction d’une mouche qui importune un brave jardinier pour lequel il s’était épris d’affection. Or, il se trouve que la tête du jardinier était dans la même trajectoire que la mouche. C’est à peu près ce qui se produit avec Jean Charest. Celui-ci ne cesse de lancer des commissions d’étude qui ne vont produire, au bout du compte, que des grosses briques. Le pavé sans tout cela ?
Celui de la commission sur les pratiques d’accommodement nous tombe dru sur la tête depuis quelques jours. Jusqu’à Denise Bombardier qui s’en mêle : « Grâce à l’appui de citoyens, juges et fonctionnaires de tous genres qui interprètent parfois la Charte comme les fous de Dieu interprètent le Coran, nous sommes tombés dans la trappe des accommodements », écrit-elle dans Le Devoir (Le Québec malade de la religion).
Il me semble qu’il y a une méchante marge entre les chartes des droits — des traductions québécoises et canadiennes de la Déclaration universelle de l’Homme — et le Coran — un livre à la base d’une grande religion qui a effectivement ses interprètes zélés. Mais tout le monde y compris Madame Bombardier, se croient autorisé à crier au loup ces temps-ci.
Heureusement, dans cette mare médiatique se trouve une île où un peu de sang froid permet de retrouver la raison. Cette île s’appelle RDI (Commission Bouchard-Taylor : À notre antenne | National | Radio-Canada.ca). Plus j’y suis les travaux de la commission, plus je réalise à quel point le premier ministre Charest ressemble bel et bien à l’ours de la fable. Il a pris la solution qui lui semblait la plus adéquate, mais au bout du compte nous devons tous subir un mal de tête lancinant et pénible à cause de cette solution.
L’histoire ne dit pas ce qu’il est advenu de l’ours, mais dans le cas du premier ministre, de nouveaux horizons ne lui feraient pas de tort.
