La biomasse forestière suscite de plus en plus d’intérêt au Québec
En décembre dernier, la Conférence régionale des éluEs du Bas-Saint-Laurent (CRÉBSL) a adopté une stratégie prévoyant la construction de dix chaufferies centrales à la biomasse forestière d’ici 2010 dans les communautés et institutions publiques de la région. L’idée est de récupérer, pour ces chaufferies, les résidus d’opérations forestières (houppiers, branches, souches) non utilisés et non attribués dans les contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF).
En plus de fournir des revenus à un secteur industriel qui en a bien besoin, l’implantation de chaufferies centrales au bois est une bonne façon de lutter contre le réchauffement climatique. Certes la combustion du bois entraine l’émission de CO2, mais celle-ci se fait à coût environnemental nul, car elle est compensée par les quantités stockées lors de la croissance des forêts. En prime, l’utilisation de chaudières à biomasse est compatible avec les systèmes de chauffage utilisés dans nos bâtiments institutionnels.
Présentement, nous apprend une étude réalisée pour le compte de la CRÉBSL, la biomasse sert à combler environ 10% des besoins en énergie du Québec, surtout dans le secteur industriel. Près de 75% de l’énergie servant à sécher le bois vient de la biomasse. Des institutions publiques ont aussi optée pour la biomasse. Par exemple, le Centre hospitalier de Val-d’or chauffe aux écorces depuis 1981.
Au Vermont, 10% des écoles publiques sont chauffées avec la biomasse forestière.
Dans le monde, 11% de l’énergie provient de l’ensemble de la biomasse (pétrole: 35%, charbon: 23%, gaz: 21%) tandis que toutes les autres formes d’énergie renouvelables et l’hydroélectricité combinées représentent à peine 2,5% des sources d’énergie. Au Québec, l’hydroélectricité et la biomasse combinées fournissent tout près de la moitié de nos besoins en énergie (48,8% en 2002). Avec son potentiel hydroélectrique et son abondante biomasse forestière, le Québec possède des avantages indéniables.
En Finlande, la production de bioénergie va représenter plus de 20% du chiffre d’affaires de l’industrie forestière en 2010. Ce pays est un exemple à suivre pour le Québec.
Dans la vallé de la Matapédia, la biomasse forestière va bientôt alimenter Énergie CFM, une filiale de la Coopérative forestière de la Matapédia. Voilà une façon originale de faire face localement à la crise forestière, tout en diminuant la dépendance à des formes d’énergie plus polluantes.
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Un documentaire d’Exploraction.

Tout à fait d’accord. La biomasse récupère des débris organiques qui autrement pourriraient et dégageraient tout de même des gaz à effet de serre (parfois bien pires que le C02, comme le méthane CH4). Faire plus avec autant, faire autant avec moins, voilà des philosophies bonnes pour l’environnement et pour l’économie. Chapeau!
Par contre, il faut faire attention à ne pas tomber dans la folie éthanol. La biomasse est une récupération de déchets. Couper des arbres pour les brûler directement n’est pas très utile (bien que pas aussi polluant qu’on pourrait le penser). Faire pousser du maïs pour le transformer en carburant est très polluant et consomme énormément d’espace et de ressources. Gardons toujours cela en tête!
Je n’ai pas parlé dans ce billet des ravages des biocarburants, qu’il faudrait plutôt appeler agrocarburants. J’en ai par contre parlé sur soblogue.com :
Parfois, les idées qui nous semblent géniales posent davantage de problèmes qu’elles n’en règlent. Les biocarburants sont à ranger dans cette catégorie. Plus nous en consommerons, plus le coût des aliments risque d’augmenter. Pire, une bonne partie des productions agricoles destinées à nous nourrir risque d’être diversifiée vers cet or vert tant convoité sans pour autant régler les problèmes environnementaux (…).
http://tinyurl.com/343krz.