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La biomasse forestière suscite de plus en plus d’intérêt au Québec

Date: 2008/02/09

En décembre der­nier, la Confé­rence régio­nale des éluEs du Bas-Saint-Laurent (CRÉBSL) a adopté une stra­té­gie pré­voyant la construc­tion de dix chauf­fe­ries cen­trales à la bio­masse fores­tière d’ici 2010 dans les com­mu­nau­tés et ins­ti­tu­tions publiques de la région. L’idée est de récu­pé­rer, pour ces chauf­fe­ries, les rési­dus d’opérations fores­tières (houp­piers, branches, souches) non uti­li­sés et non attri­bués dans les contrats d’approvisionnement et d’aménagement fores­tier (CAAF).

En plus de four­nir des reve­nus à un sec­teur indus­triel qui en a bien besoin, l’implantation de chauf­fe­ries cen­trales au bois est une bonne façon de lut­ter contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Certes la com­bus­tion du bois entraine l’émission de CO2, mais celle-ci se fait à coût envi­ron­ne­men­tal nul, car elle est com­pen­sée par les quan­ti­tés sto­ckées lors de la crois­sance des forêts. En prime, l’utilisation de chau­dières à bio­masse est com­pa­tible avec les sys­tèmes de chauf­fage uti­li­sés dans nos bâti­ments institutionnels.

Pré­sen­te­ment, nous apprend une étude réa­li­sée pour le compte de la CRÉBSL, la bio­masse sert à com­bler envi­ron 10% des besoins en éner­gie du Qué­bec, sur­tout dans le sec­teur indus­triel. Près de 75% de l’énergie ser­vant à sécher le bois vient de la bio­masse. Des ins­ti­tu­tions publiques ont aussi optée pour la bio­masse. Par exemple, le Centre hos­pi­ta­lier de Val-d’or chauffe aux écorces depuis 1981.

Au Ver­mont, 10% des écoles publiques sont chauf­fées avec la bio­masse forestière.

Dans le monde, 11% de l’énergie pro­vient de l’ensemble de la bio­masse (pétrole: 35%, char­bon: 23%, gaz: 21%) tan­dis que toutes les autres formes d’énergie renou­ve­lables et l’hydroélectricité com­bi­nées repré­sentent à peine 2,5% des sources d’énergie. Au Qué­bec, l’hydroélectricité et la bio­masse com­bi­nées four­nissent tout près de la moi­tié de nos besoins en éner­gie (48,8% en 2002). Avec son poten­tiel hydro­élec­trique et son abon­dante bio­masse fores­tière, le Qué­bec pos­sède des avan­tages indéniables.

En Fin­lande, la pro­duc­tion de bio­éner­gie va repré­sen­ter plus de 20% du chiffre d’affaires de l’industrie fores­tière en 2010. Ce pays est un exemple à suivre pour le Québec.

Dans la vallé de la Mata­pé­dia, la bio­masse fores­tière va bien­tôt ali­men­ter Éner­gie CFM, une filiale de la Coopé­ra­tive fores­tière de la Mata­pé­dia. Voilà une façon ori­gi­nale de faire face loca­le­ment à la crise fores­tière, tout en dimi­nuant la dépen­dance à des formes d’énergie plus polluantes.

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Un docu­men­taire d’Explo­rac­tion.


Filed under: Économie
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2 Comments

  1. Alexis St-Gelais (35 comments) says:

    Tout à fait d’accord. La bio­masse récu­père des débris orga­niques qui autre­ment pour­ri­raient et déga­ge­raient tout de même des gaz à effet de serre (par­fois bien pires que le C02, comme le méthane CH4). Faire plus avec autant, faire autant avec moins, voilà des phi­lo­so­phies bonnes pour l’environnement et pour l’économie. Chapeau!

    Par contre, il faut faire atten­tion à ne pas tom­ber dans la folie étha­nol. La bio­masse est une récu­pé­ra­tion de déchets. Cou­per des arbres pour les brû­ler direc­te­ment n’est pas très utile (bien que pas aussi pol­luant qu’on pour­rait le pen­ser). Faire pous­ser du maïs pour le trans­for­mer en car­bu­rant est très pol­luant et consomme énor­mé­ment d’espace et de res­sources. Gar­dons tou­jours cela en tête!

  2. Michel Monette (127 comments) says:

    Je n’ai pas parlé dans ce billet des ravages des bio­car­bu­rants, qu’il fau­drait plu­tôt appe­ler agro­car­bu­rants. J’en ai par contre parlé sur soblogue.com :

    Par­fois, les idées qui nous semblent géniales posent davan­tage de pro­blèmes qu’elles n’en règlent. Les bio­car­bu­rants sont à ran­ger dans cette caté­go­rie. Plus nous en consom­me­rons, plus le coût des ali­ments risque d’augmenter. Pire, une bonne par­tie des pro­duc­tions agri­coles des­ti­nées à nous nour­rir risque d’être diver­si­fiée vers cet or vert tant convoité sans pour autant régler les pro­blèmes envi­ron­ne­men­taux (…).

    http://tinyurl.com/343krz.

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