michelmonette.net

cause toujours !

L’apprentissage de l’anglais n’est pas une menace au Québec

Date: 2008/02/18

Il est grand temps de reve­nir sur terre. L’anglais est ensei­gné au Qué­bec depuis plus d’une géné­ra­tion sans que cela ne menace notre iden­tité cultu­relle. La vraie menace, c’est la qua­lité du fran­çais, non le fait que l’anglais fasse parti des appren­tis­sages. Est-ce la faute des ensei­gnants ? Ou n’est-ce pas plu­tôt celui d’une société qui a coupé dans les dépenses publiques dédiées à l’éducation et qui se demande sou­dain com­ment il se fait qu’il y a une crise des appren­tis­sages. Comme le disait si bien le pro­fes­seur mas­qué en jan­vier der­nier : «Com­ment être effi­cace avec quatre groupes de 32 élèves en cin­quième secon­daire?» Il y a aussi les nos­tal­giques qui nous les cassent. Oubliez l’école que vous avez connue si vous êtes dans le groupe des baby­boo­mers. Nous ne pour­rons jamais retour­ner en arrière. Le monde a changé. D’ailleurs, je trouve que les jeunes sont beau­coup plus délu­rés qu’avant.

Mais je m’écarte. Reve­nons au débat sur l’apprentissage de l’anglais. D’autres aussi rêvent en cou­leur: ceux qui vou­draient faire de tous les petits Qué­bé­cois des êtres par­fai­te­ment bilingues. Si l’école réus­sis­sait cet exploit, alors nous serions tous excel­lents en sciences. Ce n’est pas le cas, je peux en témoi­gner. J’étais faible en anglais, en grec, en algèbre, en géo­mé­trie et en math. Aujourd’hui, je suis en mesure de me débrouiller en anglais, mais je ne suis pas bilingue. Pour cela, il fau­drait que je vive dans un milieu anglo­phone. Tant que le Qué­bec va demeu­rer un milieu fran­co­phone, nous n’avons rien à craindre du côté de l’enseignement de l’anglais. Quant aux sciences, je doute que de vivre dans une com­mu­nauté de scien­ti­fiques y chan­ge­rait quoi que ce soit. Mais je ne suis pas musi­cien non plus, ce qui ne m’empêche pas d’aimer la musique, les sciences… et l’anglais.


Filed under: Politique
Tags: ,

8 Comments

  1. Mía (2 comments) says:

    ENFIN!
    Mon dieu, je croyais bien ne jamais trou­ver qui que ce soit qui par­tage mon point de vue! Mon bilin­guisme ne m’a jamais empê­ché d’utiliser la langue fran­çaise au meilleur de mes capa­ci­tés, ni d’être patriote, c’est absurde!
    Je vous invite à faire entendre votre voix plus sou­vent elle est si… com­ment dire… éclairée:P!
    Mía

  2. Renart L'éveillé (25 comments) says:

    Je suis pris depuis quelques jours dans un débat pour ou contre le bilin­guisme, ça tombe beau­coup dans la vic­ti­mi­sa­tion des uni­lingues et la supé­rio­rité des poly­glottes, et je trouve génial la façon dont tu abordes la ques­tion. Je vais copier ce billet, il est assez court pour ça, dans les com­men­taires (avec le lien bien sûr). Et je sais que tu seras d’accord! Merci!

  3. Renart L'éveillé (25 comments) says:

    Alors oui, la ques­tion reste à savoir si le Qué­bec va demeu­rer long­temps un milieu fran­co­phone. Nous pou­vons jouer ou non aux devins, mais à Mont­réal, ça ne semble pas gagné d’avance… Et je ne veux pas non plus être mont­réa­lo­cen­triste, mais il reste que c’est là où est le nerf de la guerre!

    En pas­sant, le billet en ques­tion c’est celui–.

  4. Abdul-Rahim (2 comments) says:

    Tu as rai­son, ce n’est pas l’apprentissage qui menace le fran­çais mais la qua­lité de l’éducation que les étudiants reçoivent, et le manque des fonds donné par le gouvernement.

  5. Michel Monette (127 comments) says:

    @ Renart : j’ai créé le groupe Au Qué­bec, parlez-moi en fran­çais dans Face­book parce que je crois que l’avenir du fran­çais passe par notre propre exi­gence. Nous devons dire clai­re­ment que nous vou­lons que le fran­çais demeure notre langue d’usage tant avec les com­merces qu’avec les admi­nis­tra­tions. Pour le reste, si quelqu’un se désole du fait que ce n’est pas tout le monde qui parle plus d’une langue, la meilleure réac­tion est de lui deman­der de jouer de la cla­ri­nette. Du reste, si les talents étaient répar­tis égale­ment, la vie serait triste. Je ne suis pas jaloux quand j’entends un joueur de cla­ri­nette, pour­quoi le serais-je d’une per­sonne qui a la chance de par­ler plus d’une langue. Inver­se­ment, pour­quoi blâ­mer quelqu’un qui ne réus­sit pas à apprendre une deuxième langue. Les seuls cons, à mon avis, sont ceux qui se croient quand ils pré­tendent que le fait d’apprendre une seconde langue — ou plus d’une langue — est une menace à la sur­vie du fran­çais. Apprendre n’a jamais nuit à qui que ce soit. C’est refu­ser d’apprendre qui est nuisible.

  6. Renart L'éveillé (25 comments) says:

    Ben, c’est sur­tout la pré­ten­tion de vou­loir faire des tous les Qué­bé­cois des bilingues par­faits (anglais-français, il faut le pré­ci­ser) que j’entends et qui me “gosse”, mal­gré son impos­si­bi­lité, du jour au len­de­main, même au surlendemain…).

    Mais on voit quand même que c’est un mes­sage qui porte et qui porte! Et je n’accepterai pas de me faire rabais­ser par qui­conque parce que je connais moins une langue que lui, ou elle.

  7. Alexis St-Gelais (35 comments) says:

    Le bilin­guisme est un atout pour une per­sonne, tout comme des connais­sances en élec­tro­nique le sont pour une autre. Cela fait par­tie des choses qu’une per­sonne peut vou­loir déve­lop­per pour amé­lio­rer son CV, sa culture et sa qua­lité de vie, et n’est ni obli­ga­toire ni néfaste. En ce sens, je suis tout à fait d’accord avec vous et je salue cette opi­nion modé­rée et qui fait appel au gros bon sens.

    Avez-vous d’ailleurs remar­qué que les gens les plus crain­tifs face à l’anglais sont ceux qui maî­trisent le moins notre langue? Le plus grand pro­blème n’est pas là mais se situe plu­tôt au niveau de notre manque de rigueur dans notre maî­trise du fran­çais. Encore une fois, vous visez tout à fait juste.

    Le seul endroit où je me per­met­trai une petite remarque plus per­son­nelle se situe ici: “je trouve que les jeunes sont beau­coup plus délu­rés qu’avant”. J’ai pour ma part 17 ans et je crois pou­voir dire sans me trom­per que je suis tout sauf déluré. Remar­quez, je me dis sou­vent aussi que je suis trop vieux pour ma géné­ra­tion… À vous d’en juger.

  8. Michel Monette (127 comments) says:

    En fait, quand je par­lais d’une géné­ra­tion en géné­ral plus déluré, je com­pa­rais avec un passé pas si loin­tain où peu osaient défiés l’autorité. Bien sûr, il y a eu la géné­ra­tion des années 1960 et 1970, mais je ne suis pas de ceux qui croient que la géné­ra­tion actuelle est moins éveillée, moins vive que celle de ces années d’effervescence poli­tique. Au contraire. D’ailleurs, les débats portent sur des sujets tout aussi majeurs, voire même davan­tage : l’environnement, la mon­dia­li­sa­tion. Seule­ment les par­tis poli­tiques sont encore tour­nés vers des sujets qui pas­sionnent davan­tage les géné­ra­tions précédentes.