L’apprentissage de l’anglais n’est pas une menace au Québec
Il est grand temps de revenir sur terre. L’anglais est enseigné au Québec depuis plus d’une génération sans que cela ne menace notre identité culturelle. La vraie menace, c’est la qualité du français, non le fait que l’anglais fasse parti des apprentissages. Est-ce la faute des enseignants ? Ou n’est-ce pas plutôt celui d’une société qui a coupé dans les dépenses publiques dédiées à l’éducation et qui se demande soudain comment il se fait qu’il y a une crise des apprentissages. Comme le disait si bien le professeur masqué en janvier dernier : «Comment être efficace avec quatre groupes de 32 élèves en cinquième secondaire?» Il y a aussi les nostalgiques qui nous les cassent. Oubliez l’école que vous avez connue si vous êtes dans le groupe des babyboomers. Nous ne pourrons jamais retourner en arrière. Le monde a changé. D’ailleurs, je trouve que les jeunes sont beaucoup plus délurés qu’avant.
Mais je m’écarte. Revenons au débat sur l’apprentissage de l’anglais. D’autres aussi rêvent en couleur: ceux qui voudraient faire de tous les petits Québécois des êtres parfaitement bilingues. Si l’école réussissait cet exploit, alors nous serions tous excellents en sciences. Ce n’est pas le cas, je peux en témoigner. J’étais faible en anglais, en grec, en algèbre, en géométrie et en math. Aujourd’hui, je suis en mesure de me débrouiller en anglais, mais je ne suis pas bilingue. Pour cela, il faudrait que je vive dans un milieu anglophone. Tant que le Québec va demeurer un milieu francophone, nous n’avons rien à craindre du côté de l’enseignement de l’anglais. Quant aux sciences, je doute que de vivre dans une communauté de scientifiques y changerait quoi que ce soit. Mais je ne suis pas musicien non plus, ce qui ne m’empêche pas d’aimer la musique, les sciences… et l’anglais.

ENFIN!
Mon dieu, je croyais bien ne jamais trouver qui que ce soit qui partage mon point de vue! Mon bilinguisme ne m’a jamais empêché d’utiliser la langue française au meilleur de mes capacités, ni d’être patriote, c’est absurde!
Je vous invite à faire entendre votre voix plus souvent elle est si… comment dire… éclairée:P!
Mía
Je suis pris depuis quelques jours dans un débat pour ou contre le bilinguisme, ça tombe beaucoup dans la victimisation des unilingues et la supériorité des polyglottes, et je trouve génial la façon dont tu abordes la question. Je vais copier ce billet, il est assez court pour ça, dans les commentaires (avec le lien bien sûr). Et je sais que tu seras d’accord! Merci!
Alors oui, la question reste à savoir si le Québec va demeurer longtemps un milieu francophone. Nous pouvons jouer ou non aux devins, mais à Montréal, ça ne semble pas gagné d’avance… Et je ne veux pas non plus être montréalocentriste, mais il reste que c’est là où est le nerf de la guerre!
En passant, le billet en question c’est celui–là.
Tu as raison, ce n’est pas l’apprentissage qui menace le français mais la qualité de l’éducation que les étudiants reçoivent, et le manque des fonds donné par le gouvernement.
@ Renart : j’ai créé le groupe Au Québec, parlez-moi en français dans Facebook parce que je crois que l’avenir du français passe par notre propre exigence. Nous devons dire clairement que nous voulons que le français demeure notre langue d’usage tant avec les commerces qu’avec les administrations. Pour le reste, si quelqu’un se désole du fait que ce n’est pas tout le monde qui parle plus d’une langue, la meilleure réaction est de lui demander de jouer de la clarinette. Du reste, si les talents étaient répartis également, la vie serait triste. Je ne suis pas jaloux quand j’entends un joueur de clarinette, pourquoi le serais-je d’une personne qui a la chance de parler plus d’une langue. Inversement, pourquoi blâmer quelqu’un qui ne réussit pas à apprendre une deuxième langue. Les seuls cons, à mon avis, sont ceux qui se croient quand ils prétendent que le fait d’apprendre une seconde langue — ou plus d’une langue — est une menace à la survie du français. Apprendre n’a jamais nuit à qui que ce soit. C’est refuser d’apprendre qui est nuisible.
Ben, c’est surtout la prétention de vouloir faire des tous les Québécois des bilingues parfaits (anglais-français, il faut le préciser) que j’entends et qui me “gosse”, malgré son impossibilité, du jour au lendemain, même au surlendemain…).
Mais on voit quand même que c’est un message qui porte et qui porte! Et je n’accepterai pas de me faire rabaisser par quiconque parce que je connais moins une langue que lui, ou elle.
Le bilinguisme est un atout pour une personne, tout comme des connaissances en électronique le sont pour une autre. Cela fait partie des choses qu’une personne peut vouloir développer pour améliorer son CV, sa culture et sa qualité de vie, et n’est ni obligatoire ni néfaste. En ce sens, je suis tout à fait d’accord avec vous et je salue cette opinion modérée et qui fait appel au gros bon sens.
Avez-vous d’ailleurs remarqué que les gens les plus craintifs face à l’anglais sont ceux qui maîtrisent le moins notre langue? Le plus grand problème n’est pas là mais se situe plutôt au niveau de notre manque de rigueur dans notre maîtrise du français. Encore une fois, vous visez tout à fait juste.
Le seul endroit où je me permettrai une petite remarque plus personnelle se situe ici: “je trouve que les jeunes sont beaucoup plus délurés qu’avant”. J’ai pour ma part 17 ans et je crois pouvoir dire sans me tromper que je suis tout sauf déluré. Remarquez, je me dis souvent aussi que je suis trop vieux pour ma génération… À vous d’en juger.
En fait, quand je parlais d’une génération en général plus déluré, je comparais avec un passé pas si lointain où peu osaient défiés l’autorité. Bien sûr, il y a eu la génération des années 1960 et 1970, mais je ne suis pas de ceux qui croient que la génération actuelle est moins éveillée, moins vive que celle de ces années d’effervescence politique. Au contraire. D’ailleurs, les débats portent sur des sujets tout aussi majeurs, voire même davantage : l’environnement, la mondialisation. Seulement les partis politiques sont encore tournés vers des sujets qui passionnent davantage les générations précédentes.