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cause toujours !

Un peu de vigueur, madame Saint-Pierre

Date: 2008/03/21

Soyons polis : le plan de fran­ci­sa­tion de la ministre Chris­tine Saint-Pierre manque de vigueur. Une for­ma­trice inter­ve­nant au cours de l’émission Mai­son­neuve en direct du 17 mars der­nier (La fran­ci­sa­tion des immi­grants) avait mis le doigt sur le bobo en révé­lant que les cours d’anglais offerts à Mont­réal aux nou­veaux arri­vants débordent tan­dis que les cours de fran­çais ont peine à atti­rer quatre per­sonnes ! Je ne vois pas ce que les mesures inci­ta­tives annon­cées par madame Saint-Pierre vont chan­ger à cette réalité.

Lors de la même émis­sion, un ges­tion­naire oeu­vrant dans le milieu des nou­velles tech­no­lo­gies a pour sa part plai­der pour le laisser-faire : ceux qui sont venus d’ailleurs tra­vailler à Mont­réal font de longues heures et n’ont pas de temps à perdre à apprendre le fran­çais, a-t-il dit en sub­stance. Cette atti­tude en dit long sur d’éventuels résul­tats d’un «rendez-vous de gens d’affaires pour sou­te­nir la fran­ci­sa­tion des entre­prises». Il y en a, à com­men­cer par la ministre, qui croient encore à la semaine des quatre jeudis.

Le fran­çais est en recul par­tout ailleurs au Canada. Sur l’Île de Mont­réal, il est tout à fait pos­sible de gagner sa vie sans par­ler fran­çais. Ce ne sont pas des mesures inci­ta­tives et un appel à la bonne volonté des patrons qui va chan­ger ce phé­no­mène. La solu­tion passe par l’obligation de toutes les entre­prises d’avoir un plan de fran­ci­sa­tion et aussi, n’en déplaise à cer­tains, par l’obligation de tout immi­grant non fran­co­phone d’apprendre suf­fi­sam­ment le fran­çais pour pou­voir le par­ler (avec, bien sûr, des excep­tions pour les situa­tions huma­ni­taires où les per­sonnes arrivent ici démo­lies par des régimes poli­tiques abusifs).

Il faut aussi, rapi­de­ment, com­prendre par quel phé­no­mène le réseau des écoles anglo­phones connaît une hausse des élèves alors que le réseau fran­co­phone est en baisse, et appli­quer les mesures qui s’imposent pour ren­ver­ser la situation.

Nos com­pa­triotes anglo­phones ont tout à fait le droit de vivre dans leur langue, mais nous avons de notre côté le devoir de nous assu­rer que les nou­veaux arri­vants s’intègrent à la société fran­çaise. Je n’ai rien contre l’anglais, bien au contraire, mais je n’ai pas non plus une ten­dance suicidaire.


Filed under: Société
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