Un peu de vigueur, madame Saint-Pierre
Soyons polis : le plan de francisation de la ministre Christine Saint-Pierre manque de vigueur. Une formatrice intervenant au cours de l’émission Maisonneuve en direct du 17 mars dernier (La francisation des immigrants) avait mis le doigt sur le bobo en révélant que les cours d’anglais offerts à Montréal aux nouveaux arrivants débordent tandis que les cours de français ont peine à attirer quatre personnes ! Je ne vois pas ce que les mesures incitatives annoncées par madame Saint-Pierre vont changer à cette réalité.
Lors de la même émission, un gestionnaire oeuvrant dans le milieu des nouvelles technologies a pour sa part plaider pour le laisser-faire : ceux qui sont venus d’ailleurs travailler à Montréal font de longues heures et n’ont pas de temps à perdre à apprendre le français, a-t-il dit en substance. Cette attitude en dit long sur d’éventuels résultats d’un «rendez-vous de gens d’affaires pour soutenir la francisation des entreprises». Il y en a, à commencer par la ministre, qui croient encore à la semaine des quatre jeudis.
Le français est en recul partout ailleurs au Canada. Sur l’Île de Montréal, il est tout à fait possible de gagner sa vie sans parler français. Ce ne sont pas des mesures incitatives et un appel à la bonne volonté des patrons qui va changer ce phénomène. La solution passe par l’obligation de toutes les entreprises d’avoir un plan de francisation et aussi, n’en déplaise à certains, par l’obligation de tout immigrant non francophone d’apprendre suffisamment le français pour pouvoir le parler (avec, bien sûr, des exceptions pour les situations humanitaires où les personnes arrivent ici démolies par des régimes politiques abusifs).
Il faut aussi, rapidement, comprendre par quel phénomène le réseau des écoles anglophones connaît une hausse des élèves alors que le réseau francophone est en baisse, et appliquer les mesures qui s’imposent pour renverser la situation.
Nos compatriotes anglophones ont tout à fait le droit de vivre dans leur langue, mais nous avons de notre côté le devoir de nous assurer que les nouveaux arrivants s’intègrent à la société française. Je n’ai rien contre l’anglais, bien au contraire, mais je n’ai pas non plus une tendance suicidaire.
