Quand un spin sur les finances publiques cache la profondeur de la crise

Les éditorialistes québécois ont l’air, cette semaine, d’un rassemblement de médecins du Moyen-Âge autour d’un grand malade. Avec une belle unanimité, tous reprennent le même discours «spinner» par le personnel politique du premier ministre Jean Charest: le malade est dans un tel état qu’il va falloir lui appliquer les remèdes les plus extrêmes. Le problème, c’est que le malade en question – les finances publiques québécoises – a été saigné abondamment alors même qu’il n’aurait pas dû l’être. En fait, depuis de nombreuses années, les apprentis médecins éditorialistes souffrent d’un virus idéologique dont la particularité est de s’attaquer au sens critique. Plutôt que de le reconnaître et faire amende honorable, nos «médecins» continuent de présenter les déficits sous l’angle de la peste dont il faut se débarrasser le plus rapidement possible pour favoriser un «retour à la normale».

Showtime: Louise et Diane

Michèle Ouimet a rédigé un classique pour La Presse jeudi: deux femmes qui ont lutté côte à côte sur la scène provinciale sont désormais des ennemies jurées sur la scène politique municipale. Tous les ingrédients d’une bonne histoire sont là: d’un côté une politicienne fougueuse, «une bagarreuse, une femme de tête, une stratège», de l’autre une femme en apparence plus douce mais qui vous avalerait un canari tout rond avec le sourire de l’innocence accroché aux lèvres. Même la petite confidence d’un député péquiste épice le récit: «Deux coqs qui se sont souvent crêpé le chignon».

Edward Kennedy: prise trois

En apprenant le décès du sénateur Edward Kennedy aujourd’hui, je n’ai pu m’empêcher de revoir dans ma tête l’assassinat de ses deux frères. Comme sans doute plusieurs de ma génération, je me rappelle les images de l’enterrement de John en 1963, puis celles du deuxième assassinat presqu’en direct, celui de Robert, en 1968. Je me rappelle aussi mon espoir déçu qu’Edward soit un jour président des États-Unis, suite à un certain incident à Chappaquiddick.

Les journalistes aiment l’école privée

Marie-Andrée Chouinard vient de jeter tout un pavé dans la mare journalistique du Québec : «…la classe politique — et journalistique, n’en faisons aucun mystère — a de tout temps poussé sa marmaille vers le privé.» (Écoles privées- Panier de crabes). Ainsi, les journalistes seraient des parents de la classe moyenne comme les autres, ce dont on se doute bien. Mais ne seraient-ils pas aussi des journalistes de la classe moyenne? Pour le savoir, il faudrait faire une analyse de la façon dont ils rendent compte du débat plus global entre le public et le privé.

Une paix des braves entre journaux et médias citoyens aux États-Unis

Signe des temps, cinq journaux américains – The Seattle Times, The Miami Herald, The Charlotte Observer, The Asheville Citizen-Times et TucsonCitizen.com (un journal papier devenu entièrement Web) – viennent de conclure une entente de partenariat avec autant de médias citoyens qui œuvrent dans le créneau des nouvelles dites hyperlocales et The Institute for Interactive Journalism. D’une durée d’un an, cette entente sera financée par la Fondation John S. and James L. Knight. Les frères Knight soutiennent depuis plusieurs années des initiatives visant à l’excellence journalistique (400 millions de dollars depuis 1950). Leur fondation est très engagée dans la réflexion sur les nouvelles formes de journalisme.

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