Une petite faiblesse au Journal Le Soleil

Alain Lou­bier a beau­coup de retenu dans ses pro­pos quant il com­mente l’article que le jour­nal Le Soleil a publié dans son édition du 14 octobre sur le «bal­lon élec­to­ra­liste» des can­di­dates Line-Sylvie Per­ron et Chan­tal Hébert. Après s’être moqué du maire Régis Labeaume — ce bul­do­zer d’antan comme il l’appelle — Lou­bier var­lope lit­té­ra­le­ment mes­dames Per­ron et Hébert: «Trêve de plai­san­te­rie. Le maire devrait rap­pe­ler à mes­dames Per­ron et Gil­bert quelques prin­cipes de base très simples à rete­nir.»

C’est la saison de la pauvreté

La pau­vreté n’a pas de sai­son. C’est plu­tôt l’aide aux pauvres qui en a une: l’automne. Je me fai­sais cette réflexion ce matin, dans le cadre de la cam­pagne annuelle de Cen­traide, en écou­tant le témoi­gnage d’une femme for­mi­dable, Nor­mande Lévesque, de l’organisme La Baratte. Je n’en suis tout sim­ple­ment pas revenu de tout ce que réus­sit à faire cet orga­nisme avec le peu de moyens dont il dis­pose. Allez voir leur site pour vous en convaincre (www.labaratte.ca). Un fait m’a frappé dans ce que madame Lévesque nous a raconté: être pauvre, ce n’est pas que man­quer d’argent.

N’avons-nous pas honte de forcer les riches à nous venir en aide?

André Cha­gnon a réussi à ama­douer nos par­le­men­taires avec ses offres de par­te­na­riats publics-privés sociaux. Est-il nor­mal que j’éprouve un grand malaise face à ces belles mani­fes­ta­tions de géné­ro­si­tés? Après avoir assisté samedi der­nier à un ate­lier du Forum social qué­bé­cois sur ce phé­no­mène, j’ai plu­tôt l’impression que c’est le contraire qui est anor­mal. Avons-nous tel­le­ment perdu de vue le sens de la res­pon­sa­bi­lité col­lec­tive qui s’exprimait à tra­vers les inter­ven­tions de l’État que des riches phi­lan­thropes doivent s’offrir pour régler les pro­blèmes sociaux?

Blogueurs journalistes et rigueur journalistique

Les jour­na­listes reprochent sou­vent aux blo­gueurs de man­quer de rigueur. Ils ont hélas rai­son. Les blo­gueurs qui font preuve d’une grande rigueur sont rares. En fait, je fais mon propre mea culpa, la ten­ta­tion d’être le pre­mier à écrire sur un sujet est tel­le­ment forte qu’il nous arrive de cou­per les coins ronds. Hélas aussi, ce manque de rigueur peut se retrou­ver chez un jour­na­liste qui blogue. On en a eu la preuve aujourd’hui, avec un billet de Fabien Deglise sur le site du jour­nal Le Devoir.

Tuer les journaux pour les faire renaître de leurs cendres

Rassurez-vous, si vous aimez encore lire votre jour­nal le matin. Ceux-ci ne vont pas dis­pa­raître demain ni après demain. En revanche, il serait grand temps que la méta­phore du jour­nal Web soit enter­rée six degrés sous terre. Les entre­prises de presse en ligne trainent cette méta­phore comme un bou­let envers et contre tout. Je suis de plus en plus convaincu que c’est par manque d’imagination de leur part.

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