Problèmes en manque de solutions

Mon père disait souvent “Il n’y  pas de problème, il n’y a que des solutions”. C’était devenu un running gag dans la famille. Papa avait raison, mais avec un bémol. À force de chercher des solutions, on fini par trouver des problèmes. C’est même devenu la marque de commerce de notre époque. Curieusement, les vrais problèmes, eux, sont orphelins de solutions.

Faire payer les pauvres!

Après «Faire payer les riches», voici le slogan fétiche des nouveaux révolutionnaires: «Faire payer les pauvres». Vous trouvez que j’exagère? Prenons, par le plus pur des hasards, l’exemple du «pacte» pour mieux financer les universités québécoises proposé par une quinzaine de personnalités, dont Lucien Bouchard. Seuls les gosses de riches vont payer plus cher puisque nous protégerons les pauvres contre les hausses, disent ces personnalités. C’est justement là où le bât blesse.

Où étiez-vous, mesdames et messieurs les économistes?

L’Association des économistes du Québec (ASDEQ) s’est décidée à intervenir dans le débat sur les finances publiques. Elle a joint sa voix à ceux qui ont choisi de faire peur au monde. Le problème, c’est que les économistes ont perdu beaucoup de crédibilité en cautionnant un modèle de développement économique qui a mené tout droit à la crise financière (Ne confondons pas économie et économistes. Dani Rodrik). Aujourd’hui, ils voudraient qu’on les croit quand ils prétendent que les finances publiques vont aller de mal en pis dans les prochaines décennies.

Les pauvres ne font pas la une

Un enfant sur dix vit dans la pauvreté au Canada. Chez les Premières nations, c’est un sur quatre. Pourtant, en 1989 la Chambre des communes avait voté à l’unanimité l’élimination de la pauvreté pour l’an 2000. Le fédéral et toutes les provinces et les Territoires ratifiaient, la même année, la Convention sur les droits de l’enfant. Certes, il y a bien eu les «JO de la pauvreté» dimanche dernier à Vancouver, mais ceux-ci ne font pas le poids devant le rouleau compresseur médiatique des Jeux olympiques d’hiver. Même ici à Québec, nous serions insensibles à la pauvreté. Il est vrai que les pauvres ne font pas aller les neurones de Clotaire Rapaille.

Les journalistes n’arrivent plus à suivre la parade

Je vais faire un détour par les États-Unis pour illustrer la faiblesse du journalisme en 2010. L’histoire concerne la répartition des revenus entre les médecins spécialistes et les autres intervenants du système de santé. Toute ressemblance avec ce qui se passe au Québec n’est pas fortuite. En gros, les cardiologues ont entrepris une campagne de relations publiques pour contrer Medicare qui veut redistribuer les remboursements des soins, à leur détriment. Il se trouve qu’ils font autour de 400 000 $ par année en moyenne. Pas question pour autant de renoncer à un seul sou pour que leurs collègues généralistes soient mieux rémunérés.

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes

Staypressed theme by Themocracy