Les éditorialistes québécois ont l’air, cette semaine, d’un rassemblement de médecins du Moyen-Âge autour d’un grand malade. Avec une belle unanimité, tous reprennent le même discours «spinner» par le personnel politique du premier ministre Jean Charest: le malade est dans un tel état qu’il va falloir lui appliquer les remèdes les plus extrêmes. Le problème, c’est que le malade en question — les finances publiques québécoises — a été saigné abondamment alors même qu’il n’aurait pas dû l’être. En fait, depuis de nombreuses années, les apprentis médecins éditorialistes souffrent d’un virus idéologique dont la particularité est de s’attaquer au sens critique. Plutôt que de le reconnaître et faire amende honorable, nos «médecins» continuent de présenter les déficits sous l’angle de la peste dont il faut se débarrasser le plus rapidement possible pour favoriser un «retour à la normale». Suite… (547 words, estimated 2:11 mins reading time)
Le gouvernement Charest a un tel parti pris envers les PPP qu’il en crée même à but non lucratif pour remplir des missions sociales de l’État. Il y a d’abord eu la Société de gestion du Fonds pour la promotion de saines habitudes de vie, née d’une entente avec la Fondation Lucie et André Chagnon. Plus de 75 % des ressources financières mises dans ce partenariat moitié-moitié (20 M$ par an par Québec, autant par la Fondation Lucie et André Chagnon) sont confiées à Québec en Forme. En parallèle, la Fondation Chagnon a mis sur pied Québec Enfants qui soutient des projets de communautés locales visant le développement global des enfants d’âge préscolaire (0 à 5 ans) dans les milieux pauvres. Cet organisme se verra financer par une autre société de gestion qui administrera au cours des dix prochaines années 15 millions $ du gouvernement du Québec et 25 millions $ de la Fondation Chagnon par année. Mais ce n’est pas tout. Suite… (597 words, estimated 2:23 mins reading time)
Les trois chefs de parti politique qui peuvent prétendre devenir premier ministre du Québec le 8 décembre prochain font face au même adversaire : l’indifférence. La plupart des Québécois auraient préféré ne pas avoir à voter et se seraient volontiers contentés d’un gouvernement minoritaire pour un an ou deux encore. Le plus malheureux dans toute cette histoire est que le prétexte invoqué par Jean Charest ne tient absolument pas la route. Les décisions les plus importantes pour contrer la crise se prennent à Ottawa, pas à Québec, et le gouvernement fédéral est… minoritaire. Pire encore : l’économie canadienne résiste mieux que les autres économies de l’OCDE à la crise financière. Le Canada peut compter sur le pétrole et sur les matières premières dont la demande va demeurer très forte à cause des marchés des pays émergents. La Chine vient d’ailleurs d’annoncer des dépenses de plus de 586 milliards de dollars US pour relancer l’économie mondiale. Ici au Québec, la marge de manoeuvre du gouvernement provincial est à peu près nulle. Le coût des élections est sans aucun doute le pire des placements que Charest pouvait faire en notre nom. Il est vraiment temps qu’il quitte la politique.