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Quand un spin sur les finances publiques cache la profondeur de la crise

Les édito­ria­listes qué­bé­cois ont l’air, cette semaine, d’un ras­sem­ble­ment de méde­cins du Moyen-Âge autour d’un grand malade. Avec une belle una­ni­mité, tous reprennent le même dis­cours «spin­ner» par le per­son­nel poli­tique du pre­mier ministre Jean Cha­rest: le malade est dans un tel état qu’il va fal­loir lui appli­quer les remèdes les plus extrêmes. Le pro­blème, c’est que le malade en ques­tion — les finances publiques qué­bé­coises — a été sai­gné abon­dam­ment alors même qu’il n’aurait pas dû l’être. En fait, depuis de nom­breuses années, les appren­tis méde­cins édito­ria­listes souffrent d’un virus idéo­lo­gique dont la par­ti­cu­la­rité est de s’attaquer au sens cri­tique. Plu­tôt que de le recon­naître et faire amende hono­rable, nos «méde­cins» conti­nuent de pré­sen­ter les défi­cits sous l’angle de la peste dont il faut se débar­ras­ser le plus rapi­de­ment pos­sible pour favo­ri­ser un «retour à la nor­male».

PPP à but non lucratif : pourquoi il faut s’y opposer">Les PPP à but non lucratif : pourquoi il faut s’y opposer

Le gou­ver­ne­ment Cha­rest a un tel parti pris envers les PPP qu’il en crée même à but non lucra­tif pour rem­plir des mis­sions sociales de l’État. Il y a d’abord eu la Société de ges­tion du Fonds pour la pro­mo­tion de saines habi­tudes de vie, née d’une entente avec la Fon­da­tion Lucie et André Cha­gnon. Plus de 75 % des res­sources finan­cières mises dans ce par­te­na­riat moitié-moitié (20 M$ par an par Qué­bec, autant par la Fon­da­tion Lucie et André Cha­gnon) sont confiées à Qué­bec en Forme. En paral­lèle, la Fon­da­tion Cha­gnon a mis sur pied Qué­bec Enfants qui sou­tient des pro­jets de com­mu­nau­tés locales visant le déve­lop­pe­ment glo­bal des enfants d’âge pré­sco­laire (0 à 5 ans) dans les milieux pauvres. Cet orga­nisme se verra finan­cer par une autre société de ges­tion qui admi­nis­trera au cours des dix pro­chaines années 15 mil­lions $ du gou­ver­ne­ment du Qué­bec et 25 mil­lions $ de la Fon­da­tion Cha­gnon par année. Mais ce n’est pas tout.

Charest, Dumont, Marois, même combat

Les trois chefs de parti poli­tique qui peuvent pré­tendre deve­nir pre­mier ministre du Qué­bec le 8 décembre pro­chain font face au même adver­saire : l’indifférence. La plu­part des Qué­bé­cois auraient pré­féré ne pas avoir à voter et se seraient volon­tiers conten­tés d’un gou­ver­ne­ment mino­ri­taire pour un an ou deux encore. Le plus mal­heu­reux dans toute cette his­toire est que le pré­texte invo­qué par Jean Cha­rest ne tient abso­lu­ment pas la route. Les déci­sions les plus impor­tantes pour contrer la crise se prennent à Ottawa, pas à Qué­bec, et le gou­ver­ne­ment fédé­ral est… mino­ri­taire. Pire encore : l’économie cana­dienne résiste mieux que les autres écono­mies de l’OCDE à la crise finan­cière. Le Canada peut comp­ter sur le pétrole et sur les matières pre­mières dont la demande va demeu­rer très forte à cause des mar­chés des pays émer­gents. La Chine vient d’ailleurs d’annoncer des dépenses de plus de 586 mil­liards de dol­lars US pour relan­cer l’économie mon­diale. Ici au Qué­bec, la marge de manoeuvre du gou­ver­ne­ment pro­vin­cial est à peu près nulle. Le coût des élec­tions est sans aucun doute le pire des pla­ce­ments que Cha­rest pou­vait faire en notre nom. Il est vrai­ment temps qu’il quitte la politique.

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