Posts tagged: finances publiques

Robin des bois

En lisant le jour­nal Le Devoir tan­tôt, je suis tombé sur un titre qui m’a cho­qué: Salaires records pour des gérants de hedge funds. En lisant l’article, j’apprends que «les 25 diri­geants de fonds spé­cu­la­tifs les mieux payés ont gagné un salaire total de 25,33 mil­liards de dol­lars en 2009, soit plus du double de ce qu’ils avaient obtenu en 2008.» Un peu plus loin dans le même article, j’ai droit à une mince conso­la­tion: «la rému­né­ra­tion des patrons de grandes entre­prises amé­ri­caines a reculé en 2009 pour une deuxième année consé­cu­tive». N’empêche que l’endettement des États et l’enrichissement par la spé­cu­la­tion sont deux faits irré­fu­tables. Et si la solu­tion à l’endettement était du côté de la spé­cu­la­tion?

Problèmes en manque de solutions

Mon père disait sou­vent “Il n’y  pas de pro­blème, il n’y a que des solu­tions”. C’était devenu un run­ning gag dans la famille. Papa avait rai­son, mais avec un bémol. À force de cher­cher des solu­tions, on fini par trou­ver des pro­blèmes. C’est même devenu la marque de com­merce de notre époque. Curieu­se­ment, les vrais pro­blèmes, eux, sont orphe­lins de solu­tions.

Faire payer les pauvres!

Après «Faire payer les riches», voici le slo­gan fétiche des nou­veaux révo­lu­tion­naires: «Faire payer les pauvres». Vous trou­vez que j’exagère? Pre­nons, par le plus pur des hasards, l’exemple du «pacte» pour mieux finan­cer les uni­ver­si­tés qué­bé­coises pro­posé par une quin­zaine de per­son­na­li­tés, dont Lucien Bou­chard. Seuls les gosses de riches vont payer plus cher puisque nous pro­té­ge­rons les pauvres contre les hausses, disent ces per­son­na­li­tés. C’est jus­te­ment là où le bât blesse.

Où étiez-vous, mesdames et messieurs les économistes?

L’Association des écono­mistes du Qué­bec (ASDEQ) s’est déci­dée à inter­ve­nir dans le débat sur les finances publiques. Elle a joint sa voix à ceux qui ont choisi de faire peur au monde. Le pro­blème, c’est que les écono­mistes ont perdu beau­coup de cré­di­bi­lité en cau­tion­nant un modèle de déve­lop­pe­ment écono­mique qui a mené tout droit à la crise finan­cière (Ne confon­dons pas écono­mie et écono­mistes. Dani Rodrik). Aujourd’hui, ils vou­draient qu’on les croit quand ils pré­tendent que les finances publiques vont aller de mal en pis dans les pro­chaines décen­nies.

Les journalistes n’arrivent plus à suivre la parade

Je vais faire un détour par les États-Unis pour illus­trer la fai­blesse du jour­na­lisme en 2010. L’histoire concerne la répar­ti­tion des reve­nus entre les méde­cins spé­cia­listes et les autres inter­ve­nants du sys­tème de santé. Toute res­sem­blance avec ce qui se passe au Qué­bec n’est pas for­tuite. En gros, les car­dio­logues ont entre­pris une cam­pagne de rela­tions publiques pour contrer Medi­care qui veut redis­tri­buer les rem­bour­se­ments des soins, à leur détri­ment. Il se trouve qu’ils font autour de 400 000 $ par année en moyenne. Pas ques­tion pour autant de renon­cer à un seul sou pour que leurs col­lègues géné­ra­listes soient mieux rému­né­rés.

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