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Les pauvres ne font pas la une

Un enfant sur dix vit dans la pauvreté au Canada. Chez les Premières nations, c’est un sur quatre. Pourtant, en 1989 la Chambre des communes avait voté à l’unanimité l’élimination de la pauvreté pour l’an 2000. Le fédéral et toutes les provinces et les Territoires ratifiaient, la même année, la Convention sur les droits de l’enfant. Certes, il y a bien eu les «JO de la pauvreté» dimanche dernier à Vancouver, mais ceux-ci ne font pas le poids devant le rouleau compresseur médiatique des Jeux olympiques d’hiver. Même ici à Québec, nous serions insensibles à la pauvreté. Il est vrai que les pauvres ne font pas aller les neurones de Clotaire Rapaille.

Itinérance: l’ignorance coûte cher

Fermez les yeux. Imaginez que vous croisez une personne itinérante. Quel visage vous vient à l’esprit? Un homme titubant, aux cheveux et la barbe hirsute? L’image classique de l’itinérance, en somme. Une image que les médias nous renvoient sans cesse. Il ne leur viendrait pas à l’idée de montrer des femmes et des enfants, avec en légende: «personnes itinérantes». Il ne leur viendrait pas non plus à l’idée de rapporter le fait qu’une personne qu’on laisse sombrer sans aide dans sa condition d’itinérance, ça coûte pas mal cher. Qui a dit ça? Encore Amir Khadir?

C’est la saison de la pauvreté

La pauvreté n’a pas de saison. C’est plutôt l’aide aux pauvres qui en a une: l’automne. Je me faisais cette réflexion ce matin, dans le cadre de la campagne annuelle de Centraide, en écoutant le témoignage d’une femme formidable, Normande Lévesque, de l’organisme La Baratte. Je n’en suis tout simplement pas revenu de tout ce que réussit à faire cet organisme avec le peu de moyens dont il dispose. Allez voir leur site pour vous en convaincre (www.labaratte.ca). Un fait m’a frappé dans ce que madame Lévesque nous a raconté: être pauvre, ce n’est pas que manquer d’argent.

N’avons-nous pas honte de forcer les riches à nous venir en aide?

André Chagnon a réussi à amadouer nos parlementaires avec ses offres de partenariats publics-privés sociaux. Est-il normal que j’éprouve un grand malaise face à ces belles manifestations de générosités? Après avoir assisté samedi dernier à un atelier du Forum social québécois sur ce phénomène, j’ai plutôt l’impression que c’est le contraire qui est anormal. Avons-nous tellement perdu de vue le sens de la responsabilité collective qui s’exprimait à travers les interventions de l’État que des riches philanthropes doivent s’offrir pour régler les problèmes sociaux?

Au-delà du premier Twestival de Québec

Il y avait plusieurs personnes généreuses hier soir au Pub Molson, où avait lieu le premier Twestival de Québec. Alors que les livres ne sont pas encore fermés puisqu’il est encore temps de donner sur le site du Twestival, j’ai tout de même voulu faire un bilan de cette belle aventure entreprise avec Nicolas Roberge. Plusieurs personnes ont pu être sensibilisées, grâce aux médias sociaux, à un problème de société qui nous concerne tous. Hier, c’était le problème de ces jeunes qui deviennent dépendants à la drogue, à l’alcool ou au jeu pathologique, pour toutes sortes de raisons que nous a bien expliquées Andrée-Anne Pelletier de la Fondation Le Grand Chemin. Un des jeunes qui s’en est sorti grâce au Grand Chemin, Tommy, en aura ému plus d’un. Ça aurait pu aussi être un autre problème qui motive des gens généreux de leur temps à s’engager pour une  cause. Autant comme individu que comme société, il ne faut jamais oublier ceux qui ont besoin de nous.

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